Espace : les événements à ne pas rater en 2021

Comme tous les ans en début d’année, essayons de voir ce qui sera très intéressant à suivre dans l’actualité spatiale en 2021.

En fait, un certain nombre de points abordés début 2020 n’ont pas eu lieu comme prévu, notamment à cause du Covid-19. Du coup, on va les voir en 2021 ! Mais pour certains, il faudra encore attendre 2022, comme par exemple le vol inaugural d’Ariane 6 prévu désormais en 2022.

L’année 2021 devrait être bien remplie !

2021 année martienne !

En 2020, 3 des 4 missions prévues pour décoller pour Mars sont parties [voir #Retro2020 – Destination Mars : 3 sur 4]. Rapidement en 2021, nous devrions avoir de beaux moments spatiaux :

La mission martienne des Emirats Arabes Unis, Al Amal (ou Hope) devrait arriver sur orbite martienne le 9 février.

Le 10 février, ce sera au tour de Tianwen-1 de tenter de rentrer en orbite martienne. Ce ne sera qu’à la mi-mai que la Chine tentera pour la première fois d’atterrir sur la planète et d’y faire rouler un petit rover.

La mission sans doute la plus attendue est celle de la NASA : Mars 2020. L’atterrissage sur Mars du rover Perseverance est prévu le 18 février à 20h43 UTC.

2021 sera aussi lunaire !

En 2021, la Lune va rester l’objet de notre attention spatiale car pas moins de 5 missions sont prévues :

La Russie devrait être de retour sur la Lune avec Luna-25. Une nouvelle mission depuis Luna-24 en 1976, avec l’objectif d’alunir près du pôle sud lunaire !

Le décollage est prévu pour le 1er octobre.

Après l’échec de l’atterrissage de Chandrayaan-2, mais le succès de la mise en orbite lunaire, l’ISRO va retenter d’alunir avec Chandrayaan-3 en 2021. Cette fois-ci il n’y aura qu’un atterrisseur et un rover, pas d’orbiteur.

L’atterrisseur Nova-C de l’entreprise américaine Intuitive Machines, développé dans le cadre du Google Lunar XPrize, et sélectionné par la NASA pour embarquer des charges utiles dans le cadre du Commercial Lunar Payload Services (CLPS), devrait décoller en octobre à bord d’une Falcon 9.

Peregrine-1 d’Astrobotic, également développé dans le cadre du Google Lunar XPrize, et sélectionné par la NASA pour embarquer des charges utiles dans le cadre du CLPS, devrait décoller en fin d’année à bord de la première Vulcan d’ULA. Il emporte notamment le rover japonais Yaoki.

Artemis 1, un premier vol en orbite lunaire pour le vaisseau Orion ? En fait, tout dépendra du lanceur : la SLS, Space Launch System. La SLS a pris du retard et on attend l’essai de ses moteurs courant janvier. On en reparle ensuite ?
De son côté le vaisseau Orion est à Cap Canaveral pour ses dernières vérifications.

De nouvelles missions passionnantes

Le rover Curiosity devrait continuer à rouler sur Mars, et la mission Insight qui s’est vue prolongée de 2 ans jusqu’à décembre 2022 devrait continuer à traquer les séismes martiens. On espère que la sonde HP3 pourra enfin réaliser des mesures dans le sol de la planète rouge.

La sonde Juno de la NASA vient d’être prolongée jusqu’à septembre 2025. La sonde Akatsuki de JAXA continuera sa mission solitaire autour de Vénus.

Alors que Solar Orbiter devrait faire son second survol de Vénus le 10 août 2021, BepiColombo devrait en faire de même le 11 août 2021. Cette dernière réalisera son premier passage au plus près de Mercure en octobre.

Les changements d’orbite de Solar Orbiter, notamment induits par les survols de Vénus (crédit ESA)
BepiColombo utilisera la gravité de la Terre, de Vénus et de Mercure en combinaison avec la poussée fournie par sa propulsion électrique, pour atteindre Mercure (crédit ESA)

Et pour notre plus grand bonheur de spacegeeks, de nouvelles missions scientifiques devraient prendre leur envol en 2021.

La date du 31 octobre est attendue par beaucoup, par les scientifiques pour commencer, car c’est la date annoncée pour la lancement du télescope spatial James Webb ou JWST, après des années de retard. Ce télescope offrira une résolution et une sensibilité infrarouges améliorées par rapport à Hubble, pour des études dans les domaines de l’astronomie et de la cosmologie, dont l’observation de certains des événements et objets les plus éloignés de l’Univers, tels que la formation des premières galaxies.

La mission DART, Double Asteroid Redirection Test, de la NASA devrait décoller le 22 juillet à bord d’une Falcon 9 à destination de l’astéroïde binaire géocroiseur (65803) Didymos afin de tester une technologie d’impacteur pour faire dévier l’astéroïde.

Lucy, une mission également de la NASA, devrait décoller en octobre à bord d’une Atlas V, pour l’étude de 6 astéroïdes troyens de Jupiter, afin de confirmer ou non le modèle de Nice, sur la formation du Système Solaire.

Fenêtre de lancement : 16 octobre – 5 novembre.

En 2020, à cause du Convid-19, l’agence spatiale indienne, l’ISRO, n’a réalisé que 2 lancements. En 2021, il faut espérer qu’elle puisse lancer son satellite Aditya-L1 pour l’étude du Soleil. La sonde sera positionnée au point de Lagrange L1 Terre-Soleil afin d’étudier la photosphère et la chromosphère de notre étoile et pour mesurer le champ magnétique solaire.

Gros trafic pour l’ISS

  • Pour la Station Spatiale Internationale, au-delà des habituels cargos de ravitaillement (plusieurs Progress et cargos Dragon et Cygnus sont prévus), voici les grandes lignes du programme de 2021 :

2021 devrait voir enfin le lancement du module scientifique russe Nauka, et du module de jonction Pritchal.

Starliner, le début des vols avec équipage ?Après le succès des Crew Dragon de SpaceX en 2020, Boeing doit réussir à tout prix son second vol d’essai sans équipage vers l’ISS, prévu à ce jour le 30 mars. Ensuite si tout va bien, le premier vol avec équipage pourrait avoir lieu à l’été [relire cet article].

2 Européens devraient s’envoler pour l’ISS : Thomas Pesquet avec la mission Alpha au printemps avec l’équipage Crew-2, et Matthias Maurer avec la mission Cosmic Kiss en fin d’année avec l’équipage Crew-3.

Un équipage 100% russe à bord du vaisseau Soyouz MS-18 est également prévu en 2021, et la première mission d’Axiom Space serait aussi au calendrier en fin d’année. On en reparlera sur le blog !

A suivre aussi sur Rêves d’espace+.

Une nouvelle station chinoise et le retour des Taïkonautes

La Chine devrait mettre sur orbite les premiers modules de sa grande station spatiale dès le printemps 2021.

Une Long March 5B devrait décoller avec le module central Tianhe au premier trimestre. Puis il devrait y avoir le lancement et l’amarrage du cargo Tianzhou-2.

Enfin des Taïkonautes devraient être de nouveau dans l’espace avec les missions des vaisseaux Shenzhou-12 et 13.

Représentation de la future station chinoise (crédit CMSE)

Les débuts du tourisme spatial : pas sûr

Annoncés également depuis des années, les premiers vols avec passagers de l’avion spatial SpaceShipTwo de Virgin Galactic et de la capsule NewShepard de Blue Origin n’ont toujours pas eu lieu en 2020. La faute au Covid ? Pas seulement.

La New Shepard n’aura réalisé qu’un seul vol suborbital en 2020. Dorénavant, beaucoup pensent que le premier vol habité n’aurait pas lieu avant 2022.

La firme de Jeff Bezos est sans doute très occupée avec la fabrication des moteurs BE-3 et BE-4 dont ces derniers doivent équiper le nouveau lanceur Vulcan d’ULA. Blue Origin est également impliquée dans le développement d’un prototype d’atterrisseur lunaire dans le cadre du contrat NASA Human Landing System en tant que membre de la National team comprenant BO, Lockheed Martin , Northrop Grumman et Draper Laboratory.

Pour Virgin Galactic, 2020 a été compliqué. Ils n’ont réalisé qu’un seul vol d’essai. Il ne s’est pas passé comme prévu, le moteur ne s’est pas allumé. On peut encore douter d’un premier vol avec des touristes à bord en 2021.

Une multitude de nouveaux lanceurs

2021 est l’annonce de l’entrée de nombreux nouveaux lanceurs orbitaux. Seront-ils tous au rendez-vous ?

Il y a le très attendu SLS [voir plus haut] qui embarquera le vaisseau Orion sans équipage mais aussi des cubesats en passagers secondaires.

Illustration du lanceur SLS (Space Launch System) avec le logo de la mission Artemis-1 (crédit NASA)

Côté américain, ULA devrait effectuer le lancement inaugural de son lanceur Vulcan. Blue Origin fera peut-être décoller sa New Glenn, son premier lanceur orbital, mais beaucoup de spécialistes doutent que ce soit en 2021. Virgin Orbit doit effectuer à la mi-janvier le second vol d’essai de LauncherOne et essayer de réussir cette fois-ci la mise sur orbite après l’échec de 2020.

Côté lanceurs légers, il y aura peut-être le premier succès de la Rocket 3 de Alpha après ses 2 échecs en 2020. Les américains Firefly Aerospace avec Firefly Alpha et Relativity Space avec Terran-1 ont annoncé leur intention de faire leur premier vol.

Panorama (non exhaustif) des lanceurs américains en activités ou à venir par la Vandenberg Air Force base

Attendu initialement pour 2019 puis 2020, Vega C, une version améliorée du lanceur léger Vega, plus puissante et plus flexible, devrait faire son tir inaugural en 2021.

La Chine continue de remplacer ses lanceurs aux ergols toxiques par des lanceurs de nouvelle génération. En 2021, c’est la Long March 6A (une variante de la Cz-6 avec 4 boosters) qui devrait effectuer son vol inaugural au 2e semestre.

Les entreprises privées chinoises devraient être au rendez-vous avec la Zhuque-2 de LandSpace, l’Hyperbola-1 de Ispace ou l’OS-M1 de OneSpace (1 vol=1 échec) et sans doute une nouvelle tentative pour la Kuaizhou-11 après l’échec de juillet 2020.

La Corée du Sud a annoncé le vol inaugural de son nouveau lanceur Nuri (ou KSLV-2) pour octobre. Le Japon devrait lancer sa H-III en remplacement de la H-2B et l’Inde peut-être sa SSLV (Small Satellite Launch Vehicle).

Les autres lancements attendus

SpaceX a devancé tous les opérateurs en 2020. L’entreprise devrait continuer de lancer des dizaines de satellites de sa constellation en orbite basse Starlink et devrait effectuer 2 missions avec Crew Dragon [voir plus haut]. Du coup, la Falcon 9 devrait facilement effectuer au moins une vingtaine de lancements en 2021.

Avec un vol en haute altitude de son Starship SN8, un second vol similaire du SN9 est attendu début janvier. Et on attend bien d’autres exploits des prototypes déjà en cours de construction, dont pourquoi pas le premier vol orbital ?

Rocket Lab, l’entreprise américaine qui lance à ce jour depuis la Nouvelle-Zélande, devrait faire décoller son Electron en 2021 depuis son nouveau pas de tir situé à Wallops en Virginie aux Etats-Unis, une base gérée par la NASA. C’était prévu en 2020 mais le Covid-19 est passé par là aussi. L’entreprise vise également la récupération par hélicoptère du premier étage de son lanceur, après un premier essai partiel semble-t-il réussi le 20 novembre dernier.

La Chine qui est repassée 2e nation en nombre de lancements en 2020 vise 40 missions avec ses lanceurs institutionnels Long March, dont au moins 4 lancements pour la construction de sa nouvelle station spatiale.

Arianespace a annoncé en début d’année vouloir effectuer au moins 1 lancement par mois avec ses 3 lanceurs Ariane 5, Soyouz et Vega. Cela comprend le très attendu envoi du JWST [voir plus haut] pour lequel une modification de la coiffe d’Ariane 5 a été réalisée, mais aussi des lancements pour la constellation OneWeb et le retour en vol de Vega dès le premier trimestre 2021 après l’échec du 17 novembre.

Côté russe, le planning n’est pas du tout clair, sauf l’envoi de Luna-25 et les différents décollages pour l’ISS. Le lanceur Angara fera-t-il son premier vol avec une vraie charge utile ? A voir.


Je n’ai pas trop détaillé les missions évoquées plus haut. J’espère pouvoir y revenir plus tard sur le blog de façon plus précise.

Evidemment, il manque des événements, des missions, et tous les phénomènes astronomiques pour lesquels des sites spécialisés sont beaucoup plus pertinents, même si j’essayerai de les intégrer en 2021 dans mon calendrier des évènements spatiaux. Découvrez le sur Rêves d’espace+

Une bonne année à tous et à bientôt !

Crédits photos : NASA, Roscosmos, Virgin Galactic, ESA, Intuitive Machines

Sources diverses : agences spatiales, opérateurs, Twitter (comptes reconnus)

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1 Comment

  1. Lucy in the Sky with Diamonds…

    NB : pour Soyouz MS-18, il y a toujours des incertitudes quant au 3e membre d’équipage : Sergei Korsakov ou Mark Vande Hei ?

    ***

    On devrait peut-être aussi enfin connaître en 2021 les noms des 12 « gaganautes » indiens sélectionnés fin 2019, des 18 nouveaux taïkonautes chinois (dont une femme, la 3e), des nouveaux (4 ?) astronautes émiratis, ainsi que des nouveaux astronautes américains (groupe 23 annoncé pour le mois de juin), russes et européens (et peut-être japonais). Ceci sans parler des futurs astronautes privés (qu’ils soient professionnels ou « touristes »).

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