Bon anniversaire martien #MSL #Curiosity !

Le 23 juin 2014, le rover Curiosity est sur Mars depuis 1 année martienne, soit 687 jours depuis son arrivée sur la planète rouge.

Cette date est importante car elle correspond à la fin de la durée de garantie initiale de fonctionnement et d’activité du rover. Mais, la NASA et tous les partenaires ont décidé de poursuivre le projet sur au moins 2 ans (terrestres).

Le 27 juin, cette première année martienne a été fêtée à la Cité de l’espace avec une conférence de Sylvestre Maurice, le responsable de l’instrument ChemCam de Curiosity, l’instrument le plus utilisé à ce jour sur le rover.

Conférence de Sylvestre Maurice sur 1 an martien de Curiosity

Conférence de Sylvestre Maurice sur 1 an martien de Curiosity

 Extraits de la conférence avec rajouts personnels :

Ce 30 juin 2014, en fait correspond au 16 septembre 1071 sur Mars.

Pourquoi ce décalage ? A cause de la rotation de Mars autour du soleil plus lentement que la Terre, en l’équivalent de 686 jours terrestres ou 667 SOLS (jours martiens)

« Curiosity a été envoyé sur Mars pour produire de la Science »

Plus de 100 papiers ont été publiés dans des revues scientifiques (par exemple « Science »), dont plus de 25 sur les découvertes de Chemcam.

Curiosity en couverture de "Science" en septembre 2013

Curiosity en couverture de « Science » en septembre 2013

Qu’est-ce-qu’a découvert Curiosity en 1 an ?

  • Sur l’Atmosphère de Mars :

Curiosity a pu mesurer précisément la météo sur Mars et notamment la différence de température entre le jour et la nuit (environ -90°C la nuit et à peine 0°C le jour), ou la différence de pression atmosphérique « comme si on montait et on descendait du Mont Blanc tous les jours ».

Du coup, Curiosity souffre et de la poussière rentre dans ses instruments, comme on peut le voir sur ce selfie (à comparer au selfie du SOL 84)

Curiosity a utilisé l'appareil photo Mahli au boit de son bras en Avril et Mai 2014 pour prendre des dizaines d'images qui ont été combinées dans cet autoportrait. Il est dans la région appelé "Windjana" et on peut y voir le forage et le pré-forage effectués dans la roche (2 ronds gris un peu à gauche du centre de l'image) (Crédit: NASA / JPL-Caltech / MSSS)

Curiosity a utilisé l’appareil photo Mahli au boit de son bras en Avril et Mai 2014 pour prendre des dizaines d’images qui ont été combinées dans cet autoportrait. Il est dans la région appelé « Windjana » et on peut y voir le forage et le pré-forage effectués dans la roche (2 ronds gris un peu à gauche du centre de l’image) (Crédit: NASA / JPL-Caltech / MSSS)

L’instrument SAM a mesuré un pourcentage d’Argon dans l’atmosphère martienne qui n’était pas attendu par les scientifiques : 1,93% (95.97% de CO2, 1.89% d’N2, 0.146% d’O2, et 0.06% de CO)

Cette mesure d’Argon a permit de confirmer l’échappement de l’atmosphère de Mars. A noter que cette mesure sera complétée à partir de la fin de l’année grâce à la nouvelle mission de la NASA : MAVEN.

Curiosity a confirmé également les doutes sur les mesures de sondes martiennes sur la présence ou non de méthane, qui provient à 95% d’un processus de fermentation sur Terre : il n’y a pas de méthane sur Mars (inférieur à 2,7 parties par billion), donc pas de présence de vie.

  • Traces d’eau et volcanisme :

Curiosity a rapidement trouvé des roches en conglomérat confirmant les traces d’écoulements d’eau observé en orbite près de sa zone d’atterrissage (croix dans la photo ci-dessous) (voir explications dans cet article du CNRS)

Carte en fausses couleurs montrant la zone à l'intérieur du cratère Gale où Curiosity a atterri le 5 août 2012. Elle fusionne les données topographiques avec les données d'inertie thermique qui enregistrent la capacité de la surface de s'accrocher à la chaleur. La couleur rouge indique un matériau de surface qui conserve sa chaleur plus tard dans la soirée, ce qui suggère des différences par rapport à son environnement.  On voit nettement les sédiments transportés et formant un éventail (alluvial fan) (Crédit: NASA / JPL-Caltech / ASU)

Carte en fausses couleurs montrant la zone à l’intérieur du cratère Gale où Curiosity a atterri le 5 août 2012. Elle fusionne les données topographiques avec les données d’inertie thermique qui enregistrent la capacité de la surface de s’accrocher à la chaleur. La couleur rouge indique un matériau de surface qui conserve sa chaleur plus tard dans la soirée, ce qui suggère des différences par rapport à son environnement. On voit nettement les sédiments transportés et formant un éventail (alluvial fan) (Crédit: NASA / JPL-Caltech / ASU)

Au SOL 13, Chemcam avait aussi trouvé des roches volcaniques.

Image combinée du Micro-Imager (RMI) et de la caméra de ChemCam, d'une roche martienne appelée «Harrison» au SOL 514 (15 janvier 2014). Harrison est constituée de cristaux allongés de couleur pâle dans une matrice sombre. Certains des cristaux sont d'environ 1 cm. D'après les analyses de ChemCam, les cristaux allongés sont probablement des feldspaths et la matrice est à base de pyroxène. Cette association de minéraux est typique des roches basaltiques. La texture fournit des preuves irréfutables pour les roches ignées ( magmatiques, éruptives) provenant du  cratère Gale (Crédit image: NASA / JPL-Caltech / LANL / CNES / PARI / LPGNantes / CNRS / IAS / MSSS)
Image combinée du Micro-Imager (RMI) et de la caméra de ChemCam, d’une roche martienne appelée «Harrison» au SOL 514 (15 janvier 2014). Harrison est constituée de cristaux allongés de couleur pâle dans une matrice sombre. Certains des cristaux sont d’environ 1 cm. D’après les analyses de ChemCam, les cristaux allongés sont probablement des feldspaths et la matrice est à base de pyroxène. Cette association de minéraux est typique des roches basaltiques. La texture fournit des preuves irréfutables pour les roches ignées ( magmatiques, éruptives) provenant du cratère Gale (Crédit image: NASA / JPL-Caltech / LANL / CNES / PARI / LPGNantes / CNRS / IAS / MSSS)
  • Habitabilité :

Les mesures au SOL 182 sur la roche John Klein ont permis de confirmer la présence d’argile sur le sol martien. De plus la faible concentration en sel a démontré que ces argiles se sont formées en présence de d’eau douce. Le PH est neutre également, donc Curiosity se trouve sur un site autrefois habitable (voir aussi cet article)

Et maintenant ?

« Tous les systèmes du rover sont OK » a rappelé Sylvestre Maurice. Même s’il a accumulé beaucoup de poussière qui pourrait gêner ses mécanismes, Curiosity va bien. Sa mobilité est à surveiller car ses roues se sont endommagées plus rapidement que prévues (voir cet article). Mais les ingénieurs du JPL testent sur Terre la réplique de Curiosity pour planifier au mieux ses déplacements, surtout dans les dunes à venir.

Les ingénieurs testent la réplique du rover sur un parcours d'obstacles de dunes. Ce test a été effectué dans le Dumont Dunes dans désert de Mojave en Californie, près de Death Valley. (Crédit : NASA / JPL-Caltech)

Les ingénieurs testent la réplique du rover sur un parcours d’obstacles de dunes. Ce test a été effectué dans le Dumont Dunes dans désert de Mojave en Californie, près de Death Valley. (Crédit : NASA / JPL-Caltech)

ChemCam a déjà réalisé 15000 tirs laser mais il a été construit pour en faire 1 million. Seul l’instrument DAN qui sert à mesurer la quantité d’hydrogène dans le sol de Mars est un peu faible.

Curiosity continue sa route vers le Mont Sharp. Il va chercher les traces de composés organiques dans les roches sédimentaires. Il a déjà effectué 8 km depuis son atterrissage, il lui reste à faire 4 km.

Un aperçu des principaux points de repère le long de la route de Curiosity à ce jour. Les deux futurs chemins (vert, jaune) proposés sont basés sur les cartes de mission Curiosity produites par Fred Calef. La "route de transit rapide" jaune était le plan de mission original, mais après que les roues aient commencé à être fortement endommagées, le plan de mission est sur un terrain sablonneux "voie sûre de transit" (en vert) Murray Buttes marque le point où Curiosity sera en mesure de naviguer à travers le champ de dunes de sable basaltique et commencer à aborder les couches de roches, riches en argile pour lesquelles le site d'atterrissage de Curiosity a été sélectionné. (source planetary.org)

Un aperçu des principaux points de repère le long de la route de Curiosity à ce jour.
Les deux futurs chemins (vert, jaune) proposés sont basés sur les cartes de mission Curiosity produites par Fred Calef. La « route de transit rapide » jaune était le plan de mission d’origine, mais après que les roues aient commencé à être fortement endommagées, la route a été rediridée vers un terrain sablonneux « voie sûre de transit » (en vert)
Murray Buttes marque le point où Curiosity sera en mesure de naviguer à travers des dunes de sable basaltique et commencer à aborder les couches de roches, riches en argile pour lesquelles le site d’atterrissage de Curiosity a été sélectionné. (source planetary.org)

Pour finir, Sylvestre Maurice a rappelé que pour opérer Curiosity, c’est 100 à 135 personnes par jour avec des horaires de travail décalés, à la fois aux USA et à Toulouse (le FIMOC dans cet article). Est-ce qu’ils tiendront, eux, le coup ?

Bagde de la Cité de l'espace à Toiulouse pour 1 an martien de Curiosity

Bagde de la Cité de l’espace à Toiulouse pour 1 an martien de Curiosity

Pour compléter :

  • Le JPL à l’occasion de l’anniversaire martien de Curiosity a également célébré les femmes qui constituent 76 des postes opérationnels sur 102 sur le rover (en anglais) sur mars.jpl.nasa.gov
  • Pour les anglophones, une vidéo de la NASA sur cette année martienne :

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