Hayabusa-2 : #SAYONARA_Ryugu

Au-revoir l’astéroïde Ryugu ! La sonde Hayabusa-2 s’éloigne désormais de l’astéroïde auprès duquel elle a passé plusieurs mois d’études et de collectes d’échantillons.

C’est la 2e mission de l’histoire spatiale dédiée au retour d’échantillons d’un astéroïde. La première était la mission Hayabusa originale, qui avait renvoyé un échantillon de l’astéroïde 25143 Itokawa en 2010 sur Terre, malgré de multiples défaillances techniques avec ses systèmes de propulsion et de collecte d’échantillons.

 

Retour sur Terre en 2020

Le 13 novembre la sonde a quitté définitivement l’astéroïde Ryugu, situé à environ 252 millions de kilomètres de la Terre. Elle avait quitté la Terre le 3 décembre 2014 et reviendra à proximité de notre planète en décembre 2020.

L’astéroïde Ryugu capturé avec la caméra de navigation optique (ONC-T) immédiatement après le départ à 10h15 JST (heure bord) (crédit AXA, Chiba Institute of Technology, University of Tokyo, Kochi University, Rikkyo University, Nagoya University, Meiji University, University of Aizu, AIST)

 

Le départ s’est effectué à l’altitude habituelle d’observation de la sonde, à 20 km d’altitude. L’impulsion des propulseurs ioniques a donné une accélération initiale de 9,2 cm/s.

Au 19 novembre, Hayabusa-2 se situant alors à une distance d’environ 50 km, un changement d’orientation a été effectué.

Les 4 moteurs ioniques vont être testés pendant plusieurs jours et le vol de croisière de retour vers la Terre devrait début le 3 décembre, 5 ans jour pour jour après le décollage. Seulement 3 des 4 moteurs devraient être nécessaires pour cette phase.

Schéma présentant les différentes phases depuis le départ de Ryugu jusqu’au début de la phase de croisière (crédit JAXA)

Un nouveau logo

Le logo de la mission a été modifié : il est vert, symbolisant la vie végétale sur Terre.  « Si l’échantillon renvoyé de Ryugu contient des matières organiques, nous pouvons comprendre comment la Terre a rassemblé les matières premières pour la vie. Ce logo reflète cette attente ! »« , a déclaré la JAXA dans le tweet dévoilant le logo.

Logo de la mission Hayabusa-2 pour le vol croisière retour vers la Terrer (crédit JAXA)

Fin 2020, une capsule de stockage des échantillons collectés à la surface de l’astéroïde se séparera du vaisseau-mère Hayabusa-2 avant de plonger dans l’atmosphère de la Terre. L’atterrissage est prévu sous parachutes dans le désert australien en décembre, à une date exacte inconnu à ce jour.

 

Une multitude d’activités effectuées

Arrivée à proximité (moins de 20 km de la surface de l’astéroïde) en juin 2018, la sonde japonaise aura réalisé un nombre impressionnant d’activités sur ce « caillou » de  moins d’un kilomètre de diamètre.

A partir de juillet 2018, les observations de l’astéroïde sous « toutes ses coutures » (pôle sud, pôle nord, face lever du Soleil et face coucher du Soleil) commencent et la compréhension de la structure globale de Ryugu s’améliore. Des mesures de la gravité sont réalisés ainsi que des études pour la sélection des zones d’atterrissage.

D’octobre 2018 à octobre 2019, 6 descentes à 5 km d’altitude de la surface sont effectuées.

Le 21 septembre 2018, les 2 Minerva II-1 atterrissent à la surface de Ryugu.

Le petit « rover » franco-allemand Mascot atterrit le 3 octobre 2018.

A gauche, image de la descente de l’atterrisseur MASCOT sur Ryugu par la sonde Hayabusa-2 (Crédit : JAXA, Université de Tokyo, Université de Kochi, Université de Rikkyo, Université de Nagoya, Institut de technologie de Chiba, Université de Meiji ., Aizu Univ., AIST). A droite, image prise par MASCOT juste avant son premier contact avec l’astéroïde Ryugu (Credit DLR/JAXA)

Une première collecte d’échantillon est réalisée le 22 février 2019 [Hayabusa-2 : collecte d’échantillons réussie sur Ryugu].

Le 4 avril 2019, un cratère artificiel est généré à la surface de l’astéroïde.

Deux images prises par la caméra ONC-T de la sonde Hayabusa-2 : à gauche, le 22 mars 2019 et à droite le 25 avril 2019. En comparant les deux images, les responsables de la mission confirment qu’un cratère artificiel a été créé dans la zone entourée de lignes pointillées. La taille et la profondeur du cratère sont en cours d’analyse. (Crédit image: JAXA, Université de Tokyo, Université de Kochi, Université de Rikkyo, Université de Nagoya, Institut de technologie de Chiba, Université de Meiji, Université de Aizu, AIST) – A lire dans Hayabusa-2 : le cratère artificiel dévoilé

 

Le 11 juillet, une deuxième collecte de matériaux est réalisée à la surface de Ryugu, à 20m du cratère généré en avril [Hayabusa-2 : deuxième récolte de matériaux sur l’astéroïde Ryugu].

Le moment du toucher capturé avec la CAM-H lors de la collecte d’échantillons du 11/07/2019 (crédit : JAXA)

Pour finir, le Minerva II-2 a atterrit à la surface de Ryugu le 3 octobre dernier. Le rover a tourné autour de l’astéroïde Ryugu 1,25 fois avant d’atterrir. Mais le robot a subi une panne informatique et n’a pas renvoyé de données scientifiques.

MINERVA-II-2 capturé par la caméra de navigation optique grand angle ONC-W2 immédiatement après la séparation de Hayabusa-2 (crédit AXA, Chiba Institute of Technology & collaborateurs)

 

Déjà un legs impressionnant

Des études ont déjà été publiées et d’autres sont à venir. Des informations précieuses sur les astéroïdes comme Ryugu ont déjà été fournies. 

Les chercheurs ont appris que la surface de Ryugu est dominée par deux types de roches. Ils ont été surpris de ne trouver aucune preuve de poussière fine. Ils ont noté que les inclusions de taille millimétrique dans les roches sont similaires à celles présentes dans les météorites carbonées trouvées sur Terre. Ce groupe comprend certaines des météorites les plus primitives connues, dont certaines datent de 4,5 milliards d’années. En d’autres termes, ces météorites font partie des matériaux les plus anciens de notre voisinage spatial, formés lorsque notre Système Solaire condensait un matériau solide à partir de sa nébuleuse primordiale originelle de gaz et de poussière.

Les scientifiques savaient que ce type de météorite était fragile. Hayabusa2 a confirmé à quel point ce type de matériau était fragile.

Si un astéroïde tel que Ryugu se dirigeait vers la Terre, et si nous décidions d’envoyer un engin spatial pour tenter de détourner l’astéroïde, nous devions faire preuve de la plus grande prudence. Au cas où il serait touché avec une force considérable, l’astéroïde entier, pesant environ un demi-milliard de tonnes, se fragmenterait en de nombreux fragments. Ensuite, de nombreuses pièces individuelles pesant plusieurs tonnes auraient un impact sur la Terre.

A (re)lire dans Mascot sur Ryugu : les découvertes et nouvelles images

Photo de groupe des personnes impliquées lors des opérations du départ de l’astéroïde (crédit ISAS / JAXA)

En ce qui concerne l’exploration des astéroïdes, on va pouvoir désormais regarder attentivement les suites de la mission Osiris-Rex orbitant actuellement autour de l’astéroïde Bennu. Je vous en donnerai des nouvelles bientôt !

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