Mascot a atterri sur Ryugu !

L’atterrisseur franco-allemand Mascot, Mobile Asteroid Surface Scout, de la mission Hayabusa-2 a atterri ce mercredi 3 octobre sur l’astéroïde Ryugu.

Il devient ainsi le 3e objet sur Ryugu après les 2 rovers Minerva [lire Hayabusa-2 : les rovers Minerva ont atterri sur l’astéroïde Ryugu]. Ryugu est devenu le 8e corps extra-terrestre où un objet humain s’est posé.

Les 9 surfaces explorées par l’Homme d’une manière ou d’une autre. Copyright Alex Delderfield
Credits: Lune [Apollo 17, 1972]: NASA ; Venus [Venera-13, 1982]: Soviet Venera Program ; Mars [‘Twilight at Yellowknife Bay’, Curiosity Rover, 2013]: NASA/JPL-Caltech/MSSS/Damia Bouic ; asteroide Eros [NEAR-Shoemaker, 2001]: NEAR Project, JHU APL, NASA ; Titan [Huygens Probe, 2005]: ESA, mission Cassini–Huygens ; astéroïde Itokawa [Hayabusa, 2005]: JAXA  ; Comète 67P/C-G [Philae Lander, 2014]: ESA, mission Rosetta ; astéroïde Ryugu [Rover-1B, 2018]: JAXA ; erre [Glenelg Beach, South Australia, 2018]: Alex Delderfield

Une séquence d’atterrissage planifiée

Les opérations prévues pour Mascot pour sa séparation, son atterrissage et post atterrissage (credit CNES lors d’une conférence le 02/10 à la Cité de l’espace de Toulouse)

Le voyage de Mascot vers la surface a débuté dans la journée du 2 octobre avec la descente de Hayabusa-2 depuis son orbite parking à 20 km d’altitude.

Image de la surface de Ryugu depuis Hayabusa-2 à 1h46 UTC le 3/10/2018 avant la séparation de Mascot. L’ombre de la sonde est visible car le Soleil est derrière elle (credit JAXA)

Localisation de Mascot sur Hayabusa-2 (cercle rouge) sur une maquette la Cité de l’espace de Toulouse

Le largage avec MASCOT a été effectué à 51 m d’altitude de la surface de l’astéroïde, soit 19 m de moins que l’altitude prévue. La vitesse de MASCOT à l’arrivée sur la surface de Ryugu était prévue de 12 cm/s.

J’ai suivi la séparation et l’atterrissage depuis le Centre de Toulouse du CNES

Tout était soigneusement planifié car les batteries non rechargeables de Mascot ont une autonomie limitée d’environ 16 heures depuis son largage. Il faut donc réaliser un maximum de sciences pendant ce laps de temps, soit pendant un peu plus de 2 jours « ryugien » qui font 7,5 heures.

Planning des opérations nominales fournies au CNES de Toulouse

A Cologne au Centre des Opérations du DLR, l’agence spatiale allemande, ou au CNES à Toulouse, les informations arrivent via Hayabusa-2 sur la bonne séparation de Mascot

Au moment de la séparation de Mascot à 1h59 UTC on voit le changement d’état de certaines télémétries (à droite des courbes)-(copie écran au CNES)

Pendant la descente sur l’astéroïde, la caméra MASCAM était activée et a pris 20 photos, qui ont été stockées à bord de la sonde spatiale japonaise avant d’être envoyées sur Terre.

Première photo divulguée le 3 octobre prise par Mascot à une altitude de 40 m. Voyez-vous l’ombre en haut à droite ? (credit DLR/CNES/JAXA)

Atterrissage effectué, mais…

Environ 20 minutes après la séparation, Mascot atteint la surface de l’astéroïde.

Indication des télémétries du magnétomètre à bord de Mascot (courbes bleue et rouge en haut) de l’atteinte de la surface de Ryugu (copie écran au CNES)

Rapidement les données reçues au sol montrent que Mascot n’est pas dans la bonne orientation qui permettrait à ses caméras et à son instrument Micromega de faire de la « bonne science ». Il a la « tête en bas ».

A Cologne, les responsables de projet, Tra-Mi Ho pour le DLR et Aurélie Moussi pour le CNES, discutent de la marche à suivre. Il est décidé d’effectuer un mouvement du lander grâce à son « bras » interne pour le faire basculer.

La bascule est réalisée avec succès au début du jour 2 sur Ryugu.

La télémétrie reçue de Mascot indique un basculement de l’antenne qui communique avec Hayabusa-2 (copie écran au CNES)

En attendant les résultats scientifiques

Les instruments de MASCOT sur une vue écorchée (credit DLR)

Quatre instruments composent Mascot  : MASCAM, une caméra avec un éclairage intégré par leds, MARA un radiomètre infrarouge, MASMAG un magnétomètre pour vérifier s’il reste un champ magnétique sur et MICROMEGA un microscope infrarouge multispectral

MASCAM, MARA et MASMAG étaient allumés avant la séparation de la sonde.

MICROMEGA, de fabrication française de l’Institut d’Astrophysique Spatiale d’Orsay va observer le sol de Ryugu et donc il était important que le lander soit en contact avec le sol du bon côté, celui de Micromega.

Alice au pays des merveilles

Durant la première conférence de presse tenue à 10h, heure de Paris, au Congrès International d’Astronautique (IAC) qui se tient cette semaine à Brême en Allemagne, le DLR a annoncé le nom retenu pour le site d’atterrissage :

On espère en tout cas voir de merveilleuses photos de la surface de Ryugu par Mascot !

Pour compléter,

 

 

3 réflexions sur “Mascot a atterri sur Ryugu !

  1. Vu qu’ils ont fait la bascule en jour 2, vont ils le changer de site comme ils avaient prévu? Et pourquoi autant de temps pour faire la bascule? même si je suppose que ce n’était pas du temps perdu pour rien.

    • Je suppose qu’ils voulaient être sûrs à 100% que toutes les conditions étaient favorables pour une bascule alors qu’il y avait déjà des données scientifiques en cours d’acquisition et donc éviter de les perdre et de perdre prématurément la mission

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