L’actualité spatiale de la semaine du 23 avril : Gaia, Sentinel 3B, Long March 11, New Shepard

Une semaine dans l’actualité spatiale très intense pour l’Europe.

Gaia, une révolution pour l’astrophysique avec la 2e édition du catalogue

Ce 25 avril marque la seconde édition du catalogue d’étoiles de la Voie Lactée réalisé par le satellite Gaia. Il comprend la position et la luminosité dans le ciel de près de 1,7 milliard d’étoiles, ainsi que les mesures de la parallaxe et du mouvement propre de près de 1,33 milliard d’étoiles.

A lire en détails sur Gaia : l’astrophysique fait un bond en avant avec le second catalogue

Un 7e satellite pour Copernicus : Sentinel 3B

Le mercredi 25 avril, le lanceur Rockot a décollé à 19h57 UTC depuis le Cosmodrome de Plesetsk en Russie.

Sentinel-3B liftoff

Décollage Rockot / Sentinel 3B le 25/04/2018 (Credits: ESA – S. Corvaja)

Rockot est composé de 2 étages d’un ancien missile balistique reconverti et d’un étage supérieur Briz-M comme les fusées Proton. Les lancements de cette fusée légère sont opérés soit par le ministère de la défense russe, ou bien par Eurockot Launch Services GmbH, une joint-venture d’ArianeGroup (51%) et de Khrunichev Space Center (49%), pour des lancements de satellites en orbites basses (LEO). Ces dernières années, Rockot n’a été presque utilisée que pour les lancements des satellites Sentinel.

Après 80 minutes de vol, le satellite Sentinel 3B  a été injecté sur une orbite à environ 818 km d’altitude et 98,63° d’inclinaison. C’est le 7e Sentinel mis sur orbite en 4 ans.

Sentinel 3B va rejoindre son jumeau Sentinel 3A en orbite depuis février 2016. Ces satellites de près de 1200 kg construits par Thales Alenia Space sont des satellites d’imagerie optique de moyenne résolution et d’altimétrie radar, dédiés à la surveillance des océans et à la surveillance de la végétation. Les instruments à bord enregistreront des paramètres comme la topographie des mers et des océans, ainsi que la température de surface et la couleur des océans, mers et masses continentales, avec un degré élevé de précision et de fiabilité.

Le satellite Sentinel 3B en intégration chez Thales Alenia Space (credit TAS)

Au-dessus des océans, ils mesurent la température, la couleur et la hauteur de la surface de la mer ainsi que l’épaisseur de la glace de mer. Ces mesures sont utilisées, par exemple, pour surveiller les changements du climat terrestre et pour des applications plus pratiques telles que la pollution marine. Sur terre, cette mission innovante surveille les feux de forêt, cartographie la façon dont les terres sont utilisées, vérifie la santé de la végétation et mesure la hauteur des rivières et des lacs.

Copernicus, programme européen complètement opérationnel

Sentinel 3B va rejoindre la constellation Copernicus [lire aussi « Programme Copernicus : Sentinel 2A prêt au lancement« ]. 

Copernicus est un programme global de l’Union Européenne en 3 parties : une composante spatiale déléguée à l’ESA, des données recueillies in situ et des services qui seront proposés par différents organismes européens ou industriels par délégation.

Copernicus a pour objectif d’avoir un accès continu, indépendant et fiable aux données et informations résultant de l’observation de la Terre par les satellites pour l’Europe. En effet, celles-ci fournissent des informations essentielles pour ces six principaux domaines :  la surveillance des terres, la surveillance de l’environnement marin, la gestion des crises et de catastrophes, la surveillance de l’atmosphère de la Terre, la surveillance des changements climatiques et la sécurité.

Copernicus commence déjà à fournir des services pour une gamme d’applications telles que la prévision de la qualité de l’air, des avertissements d’inondation, la détection précoce de la sécheresse et de la désertification, la détection des pollutions d’hydrocarbures, de la qualité de l’eau de mer, la surveillance des forêts, l’agriculture, la sécurité alimentaire, …

Les données du programme Copernicus sont utilisées dans le monde entier et sont gratuites. 

Pour compléter :

Un nouveau lancement surprise chinois

Jeudi 26 avril, la Chine a procédé à son 12e lancement de l’année. Une Long March 11 a décollé à 4h42 UTC du centre de lancement des satellites de Jiuquan.

Lancement Long March 11 / Zhuhai-1 le 26/04/2018 (credit Xinhua/Wang Jiangbo)

Cinq satellites ont été mis sur orbite héliosynchrone à environ 500 kilomètres d’altitude : 4  satellites de télédétection hyperspectrale «OHS» et 1 satellite vidéo, OVS-2. Ils rejoindront la constellation Zhuhai-1 de satellites de télédétection commerciale de la société Zhuhai Orbita Aerospace Science et Technology Co, basée dans le sud de la Chine, qui vise à établir une constellation commerciale de satellites de télédétection en orbite terrestre basse pour fournir des données sur des domaines tels que l’agriculture, les ressources terrestres et aquatiques, la protection de l’environnement et le transport. Deux satellites vidéo OVS-1 ont déjà été lancés en juin 2017 , en charge utile secondaire du lancement du télescope HXMT à modulation de rayons X.

New Shepard : et de 8 !

Huitième lancement pour la fusée suborbitale New Shepard de Blue Origin.

A lire ici : New Shepard : encore un peu plus près du premier vol habité

En bref

Angosat perdu définitivement

Le premier satellite de télécommunications pour le gouvernement angolais , Angosat, a été mis sur en orbite par une fusée Zenit le 26 décembre 2017.  Mais le contact avec le satellite avait été perdu rapidement.  Puis le gouvernement angolais et le fabricant du satellite, RKK Energia, avaient annoncé avoir repris contact avec le satellite. Finalement, le 23 avril, le gouvernement angolais a officiellement déclaré la perte totale du satellite. Le ministre des Télécommunications et des Technologies de l’information de l’Angola a annoncé que son gouvernement avait accepté une proposition de Roscosmos visant à construire un satellite de remplacement à Angosat-1. La construction d’Angosat-2 ne prendrait pas plus de 18 mois et aurait de meilleures capacités techniques que son prédécesseur selon Roscosmos. Selon le responsable angolais, une partie du coût de la construction d’Angosat-2 serait couverte par l’assurance de 121 millions de dollars pour la perte d’Angosat-1 et le reste serait payé par le gouvernement russe, sur un budget total de 320 millions US$ (source TASS).

VA 243 reporté officiellement

Le 24 avril, Arianespace a annoncé officiellement le report du lancement Ariane 5 VA243 [déjà annoncé lors du résumé de la semaine dernière] : « En raison de vérifications techniques sur le satellite GSAT-11 de l’ISRO (agence spatiale indienne) à faire depuis le centre de l’ISAC à Bangalore, le vol Ariane 5 VA243 initialement prévu le 25 mai 2018, est reporté. De ce fait, le prochain lancement d’Arianespace sera donc VA244, en juillet 2018. … Le lancement du satellite Azerspace-2/Intelsat-38 pour Azercosmos et Instelsat est reprogrammé à l’été 2018, après VA244. La date visée ainsi que le co-passager seront précisés prochainement. Le reste du manifeste d’Arianespace pour 2018 demeure inchangé. »

Fin du Progress MS-07

Le cargo Progress MS-07 qui s’était désamarré de l’ISS le 28 mars a été désorbité le 26 avril au sud de l’océan Pacifique. Après le désamarrage, Progress-MS-07 avait poursuivi son vol orbital de manière autonome, au cours duquel des expériences scientifiques ont été réalisées, mais dont on ne connait pas la nature.

Le 26 avril à 4h08 UTC, le système de propulsion du cargo a été activé pour effectuer son freinage. Le moteur a fonctionné 205 secondes. À 04h42 UTC, le Progress est entré dans les couches denses de l’atmosphère, et à 04h51 UTC des fragments ont coulé dans la zone non navigable de l’océan Pacifique.

Le résumé de la semaine en vidéo :

Une réflexion sur “L’actualité spatiale de la semaine du 23 avril : Gaia, Sentinel 3B, Long March 11, New Shepard

  1. A noter que, le 1er mai, Anton Shkaplerov a passé le cap symbolique des 500 jours dans l’espace, ceci en trois vols spatiaux (Soyouz TMA-22 / ISS 29-30, Soyouz TMA-15M / ISS 42-43 et Soyouz MS-07 / ISS 54-55).

    Il occupe actuellement la 21e place parmi les hommes de l’espace classés en fonction de leur durée de vol spatial et il est le 18e « Russe ou assimilé », les trois « intrus » étant Peggy Whitson, Jeff Williams et Scott Kelly, respectivement 8e, 15e et 19e.

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