New Shepard : encore un peu plus près du premier vol habité

Ce dimanche 29 avril, la fusée suborbitale New Shepard de Blue Origin a réalisé un 8e vol de test, ou Mission M8. Pas encore d’humains à bord de la capsule en haut du lanceur, mais Blue Origin espère faire son premier vol habité d’ici la fin de l’année.

Logo de la 8e mission de New Shepard (credit Blue Origin)

La New Shepard a décollé du West Texas suborbital launch site à 17h06 UTC après plusieurs arrêts du compte à rebours.

Décollage de la Mission 8 de New Shepard le 29/04/2018 (credit Blue Origin)

Deux minutes et 16 secondes après le décollage, le moteur de la fusée à un seul étage s’est éteint et elle a continué son vol balistique. Elle a atteint la vitesse maximale de 3 540 km/h pendant le vol. La séparation de la capsule habitable a eu lieu 20 secondes plus tard.

Puis l’étage du lanceur a opéré son atterrissage retour. Le moteur s’est rallumé à quelques mètres du sol pour le freiner et 4 jambes d’atterrissage se sont déployées. L’atterrissage s’est déroulé sans encombre à environ 3 kilomètres du pas de tir de la fusée.

Atterrissage de la Mission 8 de New Shepard le 29/04/2018 (credit Blue Origin)

La capsule est redescendue quant à elle freinée par des parachutes. Elle a atterri, semble-t-il aussi sans dommages, un peu plus loin, 10 minutes après le décollage.

Descente sous parachutes de la capsule habitable « crew capsule 2.0 » de Blue Origin (copie écran du live de Blue Origin)
Descente sous parachutes de la capsule habitable « crew capsule 2.0 » de Blue Origin (copie écran du live de Blue Origin)

Il s’agissait du second vol à la fois pour la New Shepard et la capsule après un premier lancement en décembre dernier.

Atterrissage de la capsule habitable « crew capsule 2.0 » de Blue Origin (copie écran du live de Blue Origin)

Un mannequin et des expériences à bord de la capsule

Lors de Mission 8 (M8), la capsule habitable a atteint une altitude de 350 000 pieds, soit 107 kilomètres. Pour la seconde fois, un mannequin d’essai, appelé Skywalker, était présent à bord avec des senseurs pour l’étude des conditions de vol qu’auront à subir les futurs passagers.

Le vol comportait également des charges utiles de recherche pour la NASA, le Centre aérospatial allemand (DLR) et des clients commerciaux :

  • Suborbital Flight Experiment Monitor-2 (SFEM-2) pour le NASA Johnson Space Center (Houston, Texas). Le « moniteur d’expérience de vol suborbital 2 » de la NASA, ou SFEM-2, a été conçu pour caractériser les environnements de test de charges utiles. Un ensemble de capteurs recueille les données environnementales de la cabine (CO2, pression, accélération, acoustique) et teste également des composants pour les futurs vols sur la capsule Orion de la NASA.
  • Schmitt Space Communicator (SC-1x) pour Solstar (Santa Fe, Nouveau Mexique), développé avec un financement privé. Le Schmitt Space Communicator, baptisé du nom du conseiller de Solstar et de l’astronaute d’Apollo 17 Harrison « Jack » Schmitt, est un démonstrateur technologique pour tester la fourniture d’un accès Wi-Fi commercial aux utilisateurs dans l’espace.
  • Daphnia  de l’université de Bayreuth avec ZARM (Centre de technologie spatiale appliquée et microgravité à l’Université de Brême) et financé par l’agence spatiale allemande, le DLR. L’expérience Daphnia étudie les effets de la microgravité sur l’expression génique et le cytosquelette des daphnies, ou puces d’eau. Cette petite espèce d’invertébrés est populaire dans la conception de futurs systèmes de soutien à la vie biorégénérative pour l’exploration spatiale humaine. Elle pourrait être notamment utile pour le filtrage de l’eau.
  • EQUIPAGE de l’Université Otto von Guericke (Magdebourg, Allemagne) avec ZARM (Centre de Technologie Spatiale Appliquée et Microgravité à l’Université de Brême) et financé par le DLR. EQUIPAGE étudie le mouvement des grains macroscopiques en forme de baguette pour valider les modèles physiques de ces systèmes en conditions de microgravité. De tels « gaz granulaires » permettent aux chercheurs d’étudier un état unique loin de l’équilibre et impossible dans des environnements terrestres normaux.
  • EUPHORIE de l’Université de Duisburg-Essen avec ZARM (Centre de technologie spatiale appliquée et de microgravité à l’Université de Brême) et financé par le DLR. EUPHORIE utilise un laser pour examiner le phénomène de photophorèse, l’interaction de la lumière sur les particules solides en suspension dans un gaz. Alors que le laser chauffe un côté de ces particules, il réchauffe les molécules de gaz à proximité et accélère la particule vers son côté le plus froid. Cette recherche a des applications pour l’étude de l’évolution précoce du Système Solaire et de la formation des météorites.

Premiers vols commerciaux en 2019 ?

A terme, l’entreprise du milliardaire Jeff Bezos (créateur d’Amazon) veut commercialiser des vols au-dessus de la frontière de l’espace placée à 100 km d’altitude pour que tout le monde (du moins ceux qui pourront se payer le billet) puisse voir la Terre depuis l’espace. Le rêve bientôt accessible à tous dès 2019 ? A suivre…

La vidéo complète du lancement et des atterrissages :

Le résumé en vidéo de Blue Origin

Les articles précédents sur la New Shepard

1 commentaire sur “New Shepard : encore un peu plus près du premier vol habité”

  1. Après la New Shepard (vols suborbitaux), il y aura la New Glenn (vols orbitaux) puis la New Armstrong (vols lunaires).

    Connaissez-vous les noms des futurs astronautes de Blue Origin ?

    Les deux premiers devraient être, à mon avis, Jeffrey S. « Bones » Ashby et Nicholas J. M. Patrick.
    Wait and see…

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