Lancement réussi pour le télescope James Webb et après ?

En ce 25 décembre, le très attendu télescope James Webb a décollé à bord d’une Ariane 5. Le long début de plusieurs semaines d’activités critiques pour l’observatoire spatial.

Capture du direct du lancement, à revoir ici commenté en français

Un vol VA 256 nominal

Infographie sur le déroulé de la mission Ariane 5 VA256 (crédit ESA)
(pour la phase de préparation au lancement, allez voir ma vidéo)

Le JWST est le fruit d’une collaboration internationale entre la NASA, l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence spatiale canadienne (ASC) [article spécifique sur la mission à venir].

Une des contributions de l’ESA est le service de lancement et l’ESA a choisi Ariane 5, le seul lanceur, ayant une coiffe longue compatible avec le volume du télescope : une coiffe de 5,4 mètres de diamètre et 17 mètres de haut.

Représentation de la place occupée par le JWST dans la coiffe Ariane 5 (crédit ArianeGroup)

Après une chronologie finale sans soucis, le décollage de VA 256 (256e vol Ariane tous modèles confondus) a eu lieu à 12h20 UTC depuis le Centre Spatial Guyanais.

James Webb Space Telescope Launch (NHQ202112250006)
Décollage Ariane 5 VA256 (crédit NASA/Chris Gunn)

Le lanceur Ariane 5 de ce vol avait quelques modifications distinctives.

Un système de trous d’évents spécifiques a été installé à l’intérieur de la coiffe afin d’égaliser la pression entre l’extérieur et l’intérieur de la coiffe et ainsi prévenir le risque qu’une dépressurisation puisse endommager le pare-soleil de JWST lors de l’éjection de la coiffe.

La séparation de la coiffe protégeant le Webb durant la montée à travers les couches denses de l’atmosphère a eu lieu environ 3 minutes après le décollage.

Le système de contrôle du lanceur a été adapté pour que le Webb soit toujours orienté d’un seul côté vers le Soleil et ne pas exposer ses instruments sensibles à la chaleur.

Le lanceur a ainsi effectué des mouvements d’oscillation d’une trentaine de degrés, appelé « mode barbecue », pour éviter la surchauffe du télescope.

27 minutes après le décollage, le lanceur ayant atteint la vitesse de 9,9 km par seconde, le télescope spatial a été libéré sur une trajectoire directe vers une orbite autour du deuxième point de Lagrange Soleil-T à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

L’étage supérieur d’Ariane 5 a été mis sur une orbite de libération pour éviter toute collision avec le télescope.

Premières activités automatiques du Webb

Rapidement après la séparation, l’ordinateur de bord du télescope a effectué l’ouverture des vannes du système de propulsion pour alimenter les micropropulseurs pour l’orientation du satellite.

Le déploiement du panneau solaire a eu lieu moins de 3 minutes après la séparation lanceur, afin de recharger les batteries du télescope. Celui-ci était passé sur batteries internes une dizaine de minutes avant le décollage.

1 jour après le décollage, l’antenne de communication à longue distance (GAA – Gimbaled Antenna Assembly) sera déployée automatiquement à son tour, afin de permettre les communications avec la Terre avec des gains élevés en bande Ka.

L’antenne du Deep Space Network reçoit le signal du JWST avec l’antenne à gain moyen avant le déploiement de l’antenne à gain élevée HGA (source)

Et maintenant ? Des déploiements critiques

Tous les déploiements suivants seront effectués par des commandes envoyées depuis le centre des opérations du Space Telescope Science Institute (STScI) à Baltimore.

12,5 heures après le décollage, un allumage du système de propulsion sera effectué afin d’affiner la trajectoire de Webb. La durée de cet allumage dépendra des performances du lanceur Ariane 5, bien qu’il y ait eu une légère sous-utilisation d’Ariane 5. Il ne fallait pas trop pousser le Webb !


Il est prévu jusqu’à trois manœuvres de correction d’orbite à mi-parcours (MCC) : MCC-1a, MCC-1b et MCC-2. 

  • MCC-1a à T +12,5 h
  • MCC-1b à T +2 jours
  • MCC-2 à T + 29 jours pour l’insertion sur orbite L2.

178 mécanismes seront mis en jeu. Une seule défaillance peut mettre fin à la mission. Heureusement, tous ces mécanismes, activités et déploiements ont été rigoureusement testés sur Terre, et au cas où il y a différents scenarii de récupération.

Trois jours après le lancement, le bouclier thermique commencera son dépliage.

Au onzième jour, le miroir secondaire commencera son déploiement.

Entre le 13ème et le 14ème jour, le miroir primaire de 6,5 mètres de diamètre et composé de 18 hexagones devrait prendre forme.

Quand tout ça se sera correctement déroulé, on pourra parler de la phase de recette en vol et du début de la mission scientifique, qui n’aura pas lieu avant 6 mois !

A lire dans un prochain article 😉

Pour suivre le JWST le long de sa phase de croisière : https://jwst.nasa.gov/content/webbLaunch/whereIsWebb.html ou https://esawebb.org/

Image de couverture : photo décollage ESA/CNES/Arianespace/Optique Vidéo du CSG – JM Guillon, logo ArianeGroup et capture du live Arianespace

3 réflexions sur “Lancement réussi pour le télescope James Webb et après ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.