L’actualité spatiale du 10 au 16 septembre : Falcon 9, Delta 2 et ICESat-2, et PSLV

Trois lancements cette semaine, alors qu’il y en avait 4 planifiés. Mais suite à une anomalie sur le second étage, le lancement du cargo de ravitaillement japonais HTV-7 par une HII-B a été reporté, à une date inconnue à ce jour.

Nouveau succès pour Falcon 9

Un nouveau succès pour SpaceX et sa Falcon 9 qui a décollé le lundi 10 septembre à 4h45 UTC depuis Cap Canaveral en Floride.

Telstar 18 Vantage Mission

Décollage Falcon 9 / Telstar 18 VANTAGE le 10/09/2018 (credit SpaceX)

Le premier étage du lanceur a réussi son atterrissage retour sur la barge à 650 km au large des côtes de Floride.

Retour du premier étage à Port Canaveral :

Telstar 18 VANTAGE, un satellite de télécommunications, connu aussi sous le nom de APSTAR 5C, a été placé avec succès par le second étage sur une orbite de transfert géostationnaire.

ll s’agissait du 16e lancement pour SpaceX cette année, en comptant la Falcon Heavy, sur 24 lancements d’un lanceur américain. Il s’agissait du 29e atterrissage réussi, le 18e sur une barge en mer.

Le prochain lancement Falcon 9 est prévu à ce jour le 7 octobre depuis la base de Vandenberg en Californie, où SpaceX tentera le premier atterrissage au sol du premier étage de la Falcon 9 (jusqu’à présent, uniquement fait sur une barge en mer) et de mettre sur orbite un satellite d’observation de la Terre argentin, SAOCOM 1A.

Dernier vol pour la Delta 2

Ce samedi 15 septembre marque le dernier lancement d’une Delta 2.

Le décollage a eu lieu depuis la base Air Force de Vandenberg en Californie à 13h02 UTC.

ICESat-2 Launch (NHQ201809150015)

Décollage le 15/09/2018 de Delta-II / ICESat-2 (credit NASA)

Un peu plus de 52 minutes après le décollage, le satellite ICESat-2 a été séparé du lanceur. Puis 1 heure et 20 minutes après le décollage, ce fut au tour de 4 cubesats :

  • ELFIN, pour Electron Losses and Fields Investigation, un cubesat 3U pour la météorologie spatiale développé à l’UCLA avec trois instruments scientifiques
  • ELFIN-STAR, également de l’UCLA, un cubesat 3U identique qui permettra aux scientifiques de mesurer plus précisément l’environnement de rayonnement en orbite terrestre basse
  • DAVE, Damping and Vibrations Experiment, un CubeSat 1U développé à Cal Poly avec une charge utile pour évaluer une technologie d’amortissement mécanique en microgravité
  • SurfSat, un CubeSat 2U développé à l’Université de Floride Centrale pour mesurer la charge statique sur les surfaces des engins spatiaux en orbite.

Liftoff! Delta II ICESat-2

Décollage le 15/09/2018 de Delta-II / ICESat-2 (credit ULA)

Delta II est l’évolution ultime du missile balistique Thor (nommé aussi SM-75 puis PGM-17) de l’US Air Force, qui a volé pour la première fois en 1957 (au 5e essai) et déployé entre 1959 et 1963 au Royaume-Uni en cas d’attaque soviétique.

Le missile Thor de la RAF (via Mercury Press)

En 1958, Thor-Able a été créé en combinant un missile Thor non armé avec le deuxième étage d’une fusée Vanguard, la fusée développée par le Naval Research Laboratory dans le but de mettre en orbite le premier satellite américain. En août 1958, Thor DM-18 Able I, un Thor-Able équipé d’un troisième étage Altaïr, (ou X-248) effectue la première tentative d’un lancement orbital avec Pioneer 0 à son bord. Mais c’est un échec.

Le lanceur Thor DM-18 Able I en 1958 (via Nasaspaceflight.com)

En 1959, les succès arrivent avec la version Thor DM-18 Able II, puis III et IV, et enfin l’évolution Thor-Ablestar. Puis vinrent les variantes Thor-Agena.

À la fin des années 1950, la NASA commande une nouvelle fusée basée sur une version modifiée de Thor DM-18A : la Thor DM-19 Delta, ou DSV-3. La Thor-Delta originale a effectué 12 vols de mai 1960 à septembre 1962 dont le déploiement du premier satellite pour un pays étranger, le britannique Ariel 1 (faisant du Royaume-Uni le troisième pays à avoir un satellite en orbite après l’Union soviétique et les États-Unis).

Après de nombreuses évolutions intermédiaires et un changement de dénomination des fusées Delta, il est considéré que le premier lancement de la Delta-II est effectué en février 1989 avec la Delta 184 qui déploie le premier satellite opérationnel de navigation américain GPS, USA-35. Au cours des années 1990, Delta II est utilisé pour la mise en place de la constellation de satellites GPS pour l’US Air Force, mais aussi le lancement de satellites de communications commerciaux sur une orbite de transfert géostationnaire, puis des grappes de satellites de communications à orbite moyenne pour Iridium et Globalstar.

Premier décollage d’une Delta-2 le 14/02/1989 (credit USAF)

A savoir, les fusées japonaise H-II sont aussi des héritières du missile Thor, le Japon ayant développé la Nippon-I (1975-1982), la N-II (1971-1987) puis la H-I (1986-1992) à la suite de l’achat d’une licence pour le premier étage Thor.

Le lancement de ce 15 septembre marque le 155e d’une Delta-II avec un record de 153 tir réussis, 1 échec total (explosion de la Delta 241 en 1997 juste après le décollage) et 1 semi-échec (le satellite a été placé sur une orbite plus basse que prévu suite à la défaillance d’un des moteurs).

Avec l’arrêt des Delta-II, il ne subsiste à ce jour de la longue lignée des Delta que les Delta-IV (de moins en moins utilisées en faveur des Atlas 5) et les Delta-IV Heavy.

Plus de détails sur l’histoire des lanceurs Thor et Delta sur : « The evolution of Thor – Delta II prepares for swansong« .

ICESat-2 pour le mesure des icebergs et de la banquise

Ice, Cloud and land Elevation Satellite-2 est un satellite de la NASA pour mesurer l’épaisseur des calottes polaires de la Terre.

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Le satellite ICESat-2 en tests une dernière fois avant d’être placé sur le lanceur (credit USAF 30th Space Wing/Timothy Trenkle)

L’instrument principal du satellite est un laser divisé en 6 faisceaux de couleur verte qui va « bombarder » la Terre 10 000 fois par seconde et mesurer précisément le temps nécessaire aux faisceaux pour rebondir sur le sol et revenir à ICESat-2 pour en déduire des changements de hauteur de moins de 4 millimètres de la glace immergée dans les mers arctiques. Les scientifiques utiliseront alors les informations sur la hauteur de la glace et les mesures gravimétriques spatiales de la mission GRACE Follow-On lancée en mai pour estimer la masse de la glace dans les mers, et donc évaluer la fonte des glaces et les conséquences sur le niveau des eaux.

Principe de fonctionnement du satellite ICESat-2 équipé de 6 faisceaux laser (credit NASA)

Un des autres objectifs scientifiques principaux de la mission est la mesure de la hauteur de la végétation dans les forêts et autres écosystèmes à travers le monde.

Le satellite remplace son prédécesseur, ICESat-1, lancé par une fusée Delta II et exploité de 2003 à 2009. Il vient en complément des mesures réalisées par les satellites franco-américains TOPEX / Poseidon et Jason [voir article sur Jason 3] qui montrent que le niveau moyen mondial de la mer a augmenté de 77 millimètres entre 1993 et 2017.

Infographie sur ICESat-2 (credit NASA)

Deux satellites britanniques lancés par l’Inde

Une fusée indienne PSLV a décollé dimanche 16 septembre à 16h38 UTC depuis le Satish Dhawan Space Center (Sriharikota).

Décollage PSLV / NovaSAR 1 et S1-4 le 16/09/2018 (credit ISRO)

A son bord, deux satellites de reconnaissance : NovaSAR 1 et S1-4. Ces 2 satellites, de moins de 450 kg chacun, ont été fabriqués par SSTL en Grande-Bretagne pour le gouvernement britannique pour assurer la capacité de reconnaissance spatiale indépendante du pays. Ils ont été placés sur une orbite héliosynchrone à 580 km d’altitude pour une durée de vie prévue de 7 ans.

NovaSAR 1 est un satellite radar à synthèse d’ouverture pour la surveillance nuit et jour des forêts, des inondations, des récoltes et des marées noires. Il est aussi équipé d’un récepteur pour la détection de navires. Il a la particularité de passer à l’équateur à 10h30 et non pas au moment de l’aube ou du crépuscule comme la plupart des satellites de reconnaissance de ce type.

S1-4 est un satellite d’observation à haute résolution (moins d’un mètre) pour la surveillance des ressources terrestres et de l’environnement, l’aménagement du territoire et la surveillance des catastrophes. Il est identique aux 3 satellites DMC-3 lancés en 2015 par une PSLV également.

C’était le 44ème vol d’une PSLV et le quatrième lancement indien de cette année.

Les satellites NovaSAR 1 (à droite) et S1-4 (à gauche) sur l’interface lanceur avant la mise sous coiffe du PSLV (credit ISRO)

En bref

Suite de la fuite dans l’ISS

Pour rassurer tout le monde et surtout faire arrêter les divagations diverses lues sur le net sur un éventuel sabotage effectué par les astronautes américains de la Station [no comment], Sergeï Prokopiev, commandant du Soyouz MS-09 a publié une vidéo montrant qu’il peut être dans le module du Soyouz sans scaphandre et que le trou a été bouché :

La NASA et Roscosmos ont également publié un communiqué commun le 13 septembre : « L’administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, et le directeur général de Roscosmos, Dmitry Rogozin … ont pris note des spéculations qui circulaient dans les médias concernant la cause possible de l’incident et ont convenu de reporter toute conclusion préliminaire et de fournir des explications jusqu’à ce que l’enquête finale soit terminée. »

A suivre…

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