L’actualité spatiale de la semaine du 26 février : Stratolaunch, IGS-6, ISS et GOES-S

Deux lancements et deux satellites, un nouveau lanceur en test et une rotation d’équipage pour une semaine spatiale classique. Mais aussi quelques brèves.

Nouvel essai sur piste pour Stratolaunch

Annoncé seulement le 26 février, Stratolaunch, l’avion porteur pour une fusée qui sera lâchée lorsque l’avion aura atteint la stratosphère (l’avion représente le premier étage d’un lanceur classique et donc serait réutilisable) a réalisé un nouveau test de roulage sur piste les 24 et 25 février. L’avion a atteint par ses propres moyens les 40 noeuds (environ 74 km/h).

Nouveaux essais de roulage sur piste (taxiway) pour le Stratolaunch le samedi 24 et le dimanche 25 février (Crédit: Stratolaunch Systems Corp)

Un premier vol serait prévu en fin d’année et le premier lancement opérationnel en 2019.

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Un satellite de reconnaissance japonais sur orbite

Mardi 27 février, après plusieurs reports de tir surtout dus à la météo, une fusée H2A japonaise a réalisé son premier lancement de l’année en décollant à 4h34 UTC. En raison du caractère secret de la charge utile, il n’y avait pas de retransmission officielle de la JAXA.

Le satellite mis sur orbite est le JSE-Kugaku 6 ou IGS-6 pour Information Gathering Satellite (satellite de collecte d’informations) pour le Centre de renseignement satellite du gouvernement japonais. Un an après le lancement de IGS Radar-5, c‘est le sixième engin opérationnel de cette flotte de satellites de reconnaissance avec des charges utiles optiques ou radar, très similaire au programme militaire NRO américain. Du coup, les autorités japonaises donnent peu de détails sur le satellite, a priori très axé sur la détection des menaces nord coréennes. Suite à des accords entre le Japon et les États-Unis, les données de suivi de l’orbite des satellites IGS recueillies par la surveillance spatiale des États-Unis ne seront pas communiquées au public.

Retour sur Terre pour l’Expedition 53/54

Trois membres de l’équipage de l’ISS sont revenus sur Terre dans la nuit de mardi à mercredi 28 février. A (re)lire ici: Bon retour sur Terre pour Misurkin, Acaba et Vande Hei

Retour sur Terre pour Misurkin, Acaba et Vande Hei dans la nuit de mardi à mercredi 28 février 2018 (credit Roscosmos)

Un nouveau satellite météo américain

Un nouveau satellite météo géostationnaire de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration, l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique) a été lancé le 1er mars par une fusée Atlas 5 d’ULA depuis Cap Canaveral à 22h02 UTC.

Lancement Atlas V / GOES-S le 01/03/2018 (credit Ben Cooper)

Lancement Atlas V / GOES-S le 01/03/2018 (credit John Kraus)

Le lanceur Atlas 5 a placé le satellite GOES-S sur une orbite de transfert 8 200 km x 35 289 km x 9,5° un peu plus de 3h30 après le décollage. Le satellite ne rejoindra son orbite opérationnelle géostationnaire que dans 2 semaines et ne devrait rentrer en service que d’ici 6 mois après de nombreux tests de recette. Il devrait alors s’appeler GOES-17.

GOES-S est le deuxième d’une série de 4 satellites du programme Geostationary Operational Environmental Satellite (satellite environnemental opérationnel géostationnaire) pour la surveillance en continu des conditions météorologiques au-dessus des Etats-Unis principalement. Il devrait se positionner à l’emplacement GOES-West pour la surveillance des états ouest des Etats-Unis, l’Alaska, Hawaï et l’Océan Pacifique et devrait remplacer le satellite GOES-15. GOES-East, actuellement GOES-16 lancé en novembre 2016, couvre quant à lui l’est des États-Unis, l’océan Atlantique, les Caraïbes et le golfe du Mexique.

Zones couvertes par les satellites GOES-West, positionné à 137° ouest de longitude, et GOES-East positionné à 75° ouest de longitude (credit NOAA)

Les 2 satellites de plus de 5 tonnes, construits par Lockheed Martin et prévus de fonctionner une quinzaine d’année, emportent des imageurs en lumière visible jusqu’à l’infrarouge. Les 2 GOES-16 et GOES-17 devraient permettre de fournir des données de très haute qualité, pour l’observation de la formation des cyclones tropicaux, la surveillance des températures maximales des nuages qui sont utilisées pour prédire l’intensité des précipitations et le risque d’inondations soudaines ou d’orages. GOES-S fournira également des images haute résolution en temps réel des conditions de brouillard, mais les capacités de balayage rapide du satellite aideront également les prévisionnistes à prévoir quand le brouillard se dissipera, ce qui est une grande aide pour les contrôleurs aériens de la région de San Francisco par exemple. Ils seront aussi en mesure de détecter les dangers souvent rencontrés en Alaska, tels que les feux de forêt et les cendres volcaniques. La surveillance des feux de forêt à l’aide de données satellitaires et d’images permettra de sauver des biens et des vies, tandis que la détection des cendres volcaniques rendra le transport aérien nettement plus sûr dans cet état où l’avion est le seul mode de transport dans de nombreuses régions éloignées (informations NOAA).

Le lancement de GOES-S vu par le satellite GOES-East selon le canal d’observation de la vapeur d’eau :

La vidéo du lancement :

Bonus : le lancement depuis un avion

En bref

L’atterrisseur Insight est arrivé sur la base de lancement

L’atterrisseur de la mission Insight qui devrait décoller le 5 mai à bord d’une fusée Atlas V et devrait atterrir sur Mars le 26 novembre 2018 est arrivé cette semaine à la base de lancement de Vandenberg pour ses derniers préparatifs.

InSight, vu ici dans sa configuration de lancement peu de temps après son arrivée à la base de Vandenberg en Californie (Crédit: Lockheed Martin)

Retard pour la sonde lunaire indienne

Dans les événements spatiaux qu’il ne faut pas rater en 2018, j’annonçais le décollage de la mission indienne Chandrayaan-2 pour la Lune en mars. Selon le jounral The Time of India, le lancement aurait été décalé en octobre. Pour l’instant, le site de l’agence spatiale indienne, l’ISRO, parle toujours d’un lancement en première moitié de 2018.

Un deuxième commandant japonais à venir pour l’ISS

Cette semaine, la JAXA a annoncé la sélection de son astronaute Akihiko Hoshide pour l’Expedition 64/65. (il a aujourd’hui 49 ans). Il sera également le commandant de l’ISS pendant la 2e partie de la mission. Ce sera son 3e vol après un premier avec la Navette Spatiale Discovery dédiée à l’installation du module japonais Kibo en 2008, et un séjour de 124 jours dans l’ISS en 2012 avec l’Expedition 32/33.

L’astronaute Akihiko Hoshide (credit Jaxa)

Une réflexion sur “L’actualité spatiale de la semaine du 26 février : Stratolaunch, IGS-6, ISS et GOES-S

  1. Quels sont les pilotes du Stratolaunch ?

    Je suis inscrit sur la sonde Insight (ou InSight) sous le n° J2M2346002523118.

    S’agissant de Noguchi (ISS 62-63, à vérifier) et Hoshide (ISS 64-65), on ne sait toujours pas exactement s’ils voleront à bord de Soyuz MS ou d’USCV, auquel cas ce serait le Boeing Starliner, en tout cas pour Noguchi.

    « Aki » Hoshide, né le 28 décembre 1968, avait fait partie du « support crew » (équipage de soutien) de STS-72 (Endeavour F-10) pour Koichi Wakata en novembre 1996 alors même qu’il n’avait pas encore été sélectionné par la NASDA (devenue la JAXA suite à sa fusion avec l’ISAS). Je suppose donc qu’il faisait partie des présélectionnés du groupe NASDA-3, « groupe » composé du seul Soichi Noguchi en mai 1996.

    Il fut sélectionné (avec Satoshi Furukawa et Naoko Sumino, devenue Naoko Yamazaki) le 10 février 1999 dans le groupe NASDA-4.

    Pour ce groupe, il y avait 864 candidats (780 hommes et 84 femmes) –> 195 –> 54 –> 8 –> 3.
    Quels étaient les 5 autres présélectionnés ?

    Hoshide a effectué les missions STS-124 (Discovery F-35 / ISS-1J) du 31 mai au 14 juin 2008 et Soyuz TMA-05M / ISS 32-33 du 15 juillet au 19 novembre 2012. Il fut le 7e Japonais à aller dans l’espace.

    Il fut aussi la doublure (backup) de Donald Roy Pettit ou d’André Kuipers (selon les sources) pour la mission Soyuz TMA-03M / ISS 30-31 effectuée du 21 décembre 2011 au 1er juillet 2012.

    Je suppose qu’il fit aussi partie d’un « backup crew » pour une mission de navette US avant STS-124 mais ces équipages de réserve n’ayant pas de composition officielle, il est difficile de savoir pour laquelle, à mon avis STS-114 (Discovery F-31) qui fut le 1er vol de Noguchi (mission effectuée du 26 juillet au 9 août 2005).

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