L’actualité spatiale de la semaine du 13 mars : Falcon 9, Delta 4, H2A, Dragon CRS-10, EVA, sélection de cosmonautes

Les semaines se suivent… et ne se ressemblent pas. Une semaine riche en lancements et annonces.

Une nouveau succès pour Falcon 9

Une fusée Falcon 9 a réussi une nouvelle mission de mise sur orbite d’un satellite géostationnaire. Le 16 mars, le lanceur a décollé de Cap Canaveral, du pas de tir historique 39A pour sa première mission commerciale, après le premier lancement depuis ce pas de tir avec le cargo CRS-10 moins d’un mois auparavant.

Lancement Falcon 9 / Echostar 23 le 16/03/2017 (credits SpaceX)

Après un report de 48h en raison de conditions météo défavorables, le lancement s’est déroulé tout à fait nominalement. Après 34 minutes de vol, le satellite de télécommunications Echostar 23 a été séparé du lanceur, devenant désormais la plus grosse charge utile mise en orbite de transfert géostationnaire par une Falcon 9 avec une masse au décollage de 5,5 tonnes. 

Séparation du satellite Echostar 23 du lanceur Falcon 9 (image vidéo SpaceX)

Suite à l’explosion au sol du lanceur Falcon 9 en septembre dernier,  des modifications ont été apportées à la fusée. Ces modifications ont entraîné des équipements et de la masse supplémentaires au décollage. En raison de l’orbite visée pour le satellite et ce surplus de masse, le premier étage de la Falcon 9 n’avait pas de carburant et donc de puissance pour s’autoriser une tentative d’atterrissage retour au sol ou sur une barge.

EchoStar XXIII Launch

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La vidéo officielle sans commentaires

Un satellite radar japonais lancé par une H-2A

Un satellite de reconnaissance japonais, IGS Radar-5, a décollé à bord du lanceur H-2A le 17 mars depuis le Tanegashima Space Center. Il s’agissait du 2e lancement de l’année pour une fusée H-2A.

Lancement H2a / IGS Radar-5 le 17/03/2017 (credits @koumeiShibata sur Twitter)

Ce satellite a été séparé du lanceur après environ 20 minutes de vol, il a été mis sur une orbite de rendez-vous. Les satellites optiques ou radars IGS sont des satellites de reconnaissance introduits en réponse à un lancement par la Corée du Nord en 1998 d’une fusée Paektusan sur les îles japonaises dans une tentative apparente de placer un objet en orbite au moyen d’un missile à portée intermédiaire balistique modifié. Ce satellite IGS Radar-5, sans doute à terme sur une orbite autour de 500 km d’altitude, va recueillir des données en tout temps grâce à son radar, afin d’avertir de toute menace militaire potentielle dans la région Asie-Pacifique. Ce programme IGS est très similaire au programme militaire NRO américain. Du coup, les autorités japonaises donnent peu de détails sur le satellite. Suite à des accords entre le Japon et les États-Unis, les données de suivi de l’orbite des satellites IGS recueillies par la surveillance spatiale des États-Unis ne seront pas communiquées au public.

Un satellite de télécoms international mis sur orbite

Une fusée Delta IV a mis sur orbite de transfert géostationnaire dans la nuit de samedi à dimanche le satellite de télécommunications WGS9, décollage à 0h18 le 19 mars exactement depuis Cap Canaveral en Floride.

Lancement Delta 4 / WGS-9 le 19/03/2017 (credit ULA)

Ce neuvième satellite WGS, pour Wideband Global Satcom (satellite de télécoms global à large bande), va rejoindre les 8 autres satellites (le 8e lancé en décembre dernier)  de ce système de communications à haut débit de l’armée américaine, opérant aux côtés du programme AEHF de l’US Air Force qui fournit des communications ultra-sécurisées et du système de communications mobiles de la Marine, MUOS, tous deux conçus pour les communications plus résistantes, mais fonctionnant à des débits de données beaucoup plus faibles que WGS (informations spaceflight101.com).

WGS 9 représente la deuxième contribution internationale au programme WGS. Le Canada, le Danemark, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Nouvelle-Zélande ont payé pour la construction du WGS 9. Chaque nation reçoit des allocations de bande passante via l’un des satellites WGS dans la constellation mondiale dans des proportions égales à leur investissement dans WGS 9.

Départ du cargo Dragon CRS-10 de l’ISS

Ce dimanche 19 mars, le cargo Dragon CRS-10 a terminé sa mission à l’ISS. Il avait décollé de Cap Canaveral le 19 février et aura donc passé un mois à la Station où il a délivré de nombreuses expériences dont certaines développées par le CADMOS au CNES de Toulouse et qui sont en cours de réalisation par Thomas Pesquet (ENERGY, GRIPGRASP, PERSPECTIVES et FLUIDICS).

C’est le bras robotique Canadarm qui a permis de libérer le cargo Dragon qui avait été préalablement détaché de l’ISS. La séparation a eu lieu à 9h11 UTC. Les moteurs du cargo ont ensuite été allumés pour lui permettre de quitter la proximité de l’ISS et commencer sa descente vers la Terre.

Goodbye Dragon!

Minutes after Dragon release

Shane Kimbrough et Thomas Pesquet étaient à la manoeuvre du bras robotique Canadarm

Traditional selfie

A 14h46 UTC, le cargo Dragon CRS-10 s’est abîmé en mer après ouverture de ses parachutes de descente. Il a été ensuite récupéré par les équipes de SpaceX.

Amerrissage du cargo Dragon CRS-10 le 19/03/2017 (credits SpaceX)

Le cargo Dragon est à ce jour le seul vaisseau spatial pouvant ramener sur Terre une grosse quantité d’expériences au sol. Le CRS-10 ramène notamment des cellules souches qui ont peut-être connues un développement accéléré ou différent en micro-gravité. Ce type d’expériences dans l’espace aide à mieux connaitre les cellules cancéreuses par exemple, en vue de futurs traitements ou plans de prévention. De nombreux échantillons biologiques des astronautes sont également ramenés sur Terre pour y être analysés et observer les changements induits par l’espace, recherches très importantes pour de futures missions de longue durée, vers Mars par exemple.

Des sorties spatiales supplémentaires pour Thomas Pesquet

L’annonce a été officialisée cette semaine : Thomas Pesquet fera 2 EVA supplémentaires en mars et avril.

A lire dans l’article dédié : Deux sorties spatiales de plus pour Thomas Pesquet 

Thomas Pesquet :
Le selfie de l’espace, passage obligé ! À part ça je vous assure, c’est un sentiment inoubliable d’être son propre vaisseau spatial ! (Credits: ESA/NASA)

Une nouvelle sélection de cosmonautes russes

L’agence spatiale russe Roscosmos a annoncé l’ouverture d’une nouvelle session de recrutement de ses cosmonautes. Les postulants doivent être citoyen de la Fédération de Russie, ne pas avoir plus de 35 ans, avoir un diplôme universitaire, avoir une connaissance de l’informatique, avoir des connaissances en anglais. La priorité dans les personnes sélectionnées sera donnée à celles avec de l’expérience dans l’industrie aéronautique ou aérospatiale.

L’agence précise que les sélectionnés, entre 6 et 8, seront les premiers pilotes du nouveau vaisseau russe « Federatsiya » (Fédération) (remplaçant à terme le vaisseau Soyouz, premier vol d’essai prévu en 2021 à ce jour), travailleront dans l’ISS et seront les premiers Russes à se rendre sur la Lune (vers 2031 d’après les annonces).

La dernière sélection remonte à octobre 2012. Huit cosmonautes avaient été choisis mais seulement 6 font encore partie de l’agence à ce jour, dont 1 femme : Pyotr Valer’yevich Dubrov, Anna Yur’yeva Kikina, Sergey Vladimirovich Korsakov, Dmitriy Aleksandrovich Petelin, Andrey Valer’yevich Fedyayev et Nikolay Aleksandrovich Chub. Ils n’ont effectué aucune mission spatiale à ce jour. Dix autres cosmonautes sélectionnés avant octobre 2012 sont également à l’entrainement. (Merci Michel pour les info)

 

 

2 réflexions sur “L’actualité spatiale de la semaine du 13 mars : Falcon 9, Delta 4, H2A, Dragon CRS-10, EVA, sélection de cosmonautes

  1. NB : IGS = Intelligence Gathering Satellite (et non pas Inspection Générale des Services…)

    NB : le lanceur spatial nord-coréen Paektusan tient son nom du point culminant de la Corée, un volcan actif de 2 744 m sis à la frontière sino-coréenne, appelé également Paektu-san ou Mont Paektu = Mont Blanc (eh oui !…). Il a été développé à partir du missile Unha (Galaxie).

    NB :
    – AEHF = Advanced Extremely High Frequency ;
    – MUOS = Mobile User Objective System.

    NB : il s’agit en réalité du Canadarm-2 également dénommé MSS (Mobile Servicing System).

    NB : rappelons que les Russes devaient déjà effectuer un vol circumlunaire à la fin 1968 et se rendre sur la Lune vers 1969-70… (programmes L1 et L3 à l’aide de la fusée géante N1 qui n’a jamais fonctionné correctement)

    Les vols circumlunaires L1-1, 2 et 3 devaient être effectués en 1968-69 par Leonov – Makarov, Bykovskiy – Rukavishnikov et Popovich – Sevast’yanov avec pour doublures respectives Kuklin – x1, Klimuk – x2 et Voloshin – x3.

    Les vols lunaires L3-1, 2 et 3 devaient être effectués en 1969-70 par les mêmes équipages.

    A noter que Kuklin et Voloshin ne sont jamais allés dans l’espace. Comme bien d’autres !

    NB : les deux autres sélectionnés du groupe du 30 octobre 2012 étaient Oleg Vladimirovich Blinov et Ignat Nikolayevich Ignatov qui se sont retirés (ou ont été retirés) du groupe des cosmonautes respectivement les 20 juin 2016 et 17 décembre 2014.

    Blinov avait été déjà candidat cosmonaute en 2006 et 2010 et Fedyayev en 2010.

    Le 5 septembre 2012, 10 candidats furent présélectionnés parmi les 304 restants, à savoir les 8 qui furent sélectionnés le 30 octobre et 2 autres qui étaient Fyodor Eduardovich Girusov et Viktor Sergeyevich Tarola.

    Je connais par ailleurs les noms de 8 autres candidats de ce groupe de 2012 parmi lesquels Aleksandra Mikhailovna Tyurina qui est la fille de Mikhail V. Tyurin (ou Tiourine).

    Actuellement, le groupe unique de cosmonautes du TsPK comprend 32 membres en activité (dont un Kazakh et une seule femme) : 19 qui sont déjà allés dans l’espace (au moins une fois) et 13 bleus (ou « rookies ») (et non pas 16 comme on pourrait le croire, à savoir 6 + 10, il doit y avoir un problème).

    Les 19 vétérans (ils étaient encore 20 avant le retrait de Sergey Volkov) sont :

    Artemyev, Borisenko, Ivanishin, Kaleri, Kononenko, Korniyenko, Misurkin, Novitskiy, Ovchinin, Padalka, Revin, Ryazanskiy, Ryzhikov, Samokut’yayev, Shkaplerov, Skripochka, Skvortsov (Jr.), Vinogradov et Yurchikhin.

    Les 13 bleus sont :

    Aymakhanov (Kazakh), Babkin, Chub, Dubrov, Fedyayev, Kikina (la seule femme), Korsakov, Kud’-Sverchkov, Matveyev, Petelin, Prokopyev, Tikhonov et Vagner.

    Tikhonov avait été un moment affecté à Soyuz MS-04 ; il se retrouve désormais sur Soyuz MS-10.
    Vagner avait été un moment affecté à Soyuz MS-06.
    Prokopyev avait été un moment désigné comme « commander » de Soyuz MS-08.
    Babkin avait été un moment affecté à Soyuz MS-10.
    Kud’-Sverchkov est actuellement affecté à Soyuz MS-12.
    Matveyev avait été un moment affecté à Soyuz MS-12.

    A noter que la composition des futurs équipages (et de leurs doublures) change sans arrêt si bien que même les Grecs y perdraient leur latin… tout comme notre future ex-ministre de l’Ed Nat qui se prend désormais pour Harry Potter au pays des bisounours.

  2. suite
    Pour mémoire, Sergey Aleksandrovich Volkov (Russe mais né en Ukraine… et « fils de son père », Aleksandr A. Volkov, lui-même ex-cosmonaute), s’est retiré du corps des cosmonautes le 28 février 2017, ceci alors même qu’il aurait dû effectuer en mars 2019 un 4e vol spatial, Soyuz MS-12 / ISS 59-60. Pour l’instant, il n’a pas été remplacé. Il faut croire qu’il n’avait pas envie de devoir attendre encore deux ans de plus.

    Suite à son départ, il reste donc 32 cosmonautes en activité : 3 dans l’espace à bord de l’ISS (Novitskiy, Ryzhikov et Borisenko), 16 autres « vétérans » et 13 « bleus ».

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