Un Dragon réutilisé pour l’ISS

Ce lundi 5 juin, un nouveau cargo Dragon de ravitaillement est arrivé à la Station Spatiale Internationale.

Amarrage à l’ISS le 5 juin

Le cargo CRS-11 a décollé de Cap Canaveral à bord d’une Falcon 9 le samedi 3 juin [lire L’actualité spatiale de la semaine du 29 mai : H-2A, Ariane 5, Pesquet, Virgin, Stratolaunch, Dragon et Cygnus].

CRS-11 Mission

Photographie longue pose du décollage Falcon 9 / CRS-11 le 3/06/2017 (credit SpaceX)

Le cargo avait été libéré du lanceur une dizaine de minutes après le lancement à une orbite initiale de 204 par 354 km.

Les panneaux solaires ont été rapidement déployés afin que l’engin ait sa propre énergie électrique.

Au terme de 41 heures de vol, le cargo a rejoint l’ISS à 400 km d’altitude après une série de manœuvres.

« Noël est arrivé tôt! Le #Dragon de SpaceX est apparu ce matin tout allumé et prêt à nous apporter des tonnes de ressources et de fournitures! » par Jack Fischer

Le rendez-vous s’est effectué à environ une dizaine de mètres de l’ISS et c’est le bras robotique Canadarm2, manipulé par Jack Fischer, qui a capturé le Dragon à 13h52 UTC.

« Nous avons finalement attrapé un #Dragon par la queue et nous ne le lâcherons pas ! Il a une bonne quantité de recherches à bord (et peut-être une petite glace) » par Jack Fischer

Il a été ensuite fixé au module Harmony de l’ISS.

Configuration de l’ISS au 6 juin 2017 après l’arrivée du cargo Dragon CRS-11 (Credit NASA TV)

Un cargo réutilisé pour la première fois

Le cargo CRS-11 est en fait un cargo qui a déjà volé en 2014 sous le nom de CRS-4 (ou SpX4) [lire Le Dragon Spx4 est arrivé à l’ISS].

Juste avant la capture du cargo Dragon Spx4 par le bras robotique (©NASA)

Seuls les panneaux solaires et la partie arrière du cargo non pressurisée doivent être refaits entre 2 vols car ces 2 parties sont éjectées avant la rentrée atmosphérique.

Schéma descriptif d’un cargo Dragon de SpaceX : un « nez » qui protège le mécanisme d’amarrage pendant le lancement, séparé après la séparation du second étage + une partie « vaisseau » avec un module pressurisé (avec hublots sur le schéma en version habitable) et un module de propulsion non pressurisé + une section « trunk » non pressurisée, éjectée avant la rentrée atmosphérique, supportant les panneaux solaires et faisant office de cargo extérieur (credits SpaceX / NASA)

Un objectif déclaré de SpaceX a toujours été de réutiliser un maximum de composants spatiaux. Ils ont commencé à le faire avec le retour en vol d’un premier étage récupéré en mars dernier [lire Lancer, atterrir, redécoller, récupérer : SpaceX l’a fait]. C’est désormais chose faite avec le premier Dragon réutilisé. Pour SpaceX c’est un objectif majeur afin de réduire les coûts et accroître l’accès à l’espace, mais aussi dans le souhait d’envoyer des hommes sur Mars et qu’ils puissent en repartir. Il faut donc que le vaisseau puisse atterrir et redécoller de la planète rouge.

C’est aussi la première fois depuis 2011 et la dernière mission de la Navette Spatiale Atlantis STS-135 qu’un engin réutilisable s’amarre à la Station.

« C’est joli quand un #Dragon déploie ses ailes! 1er visiteur de retour à la Station depuis Atlantis en 2011. On réutilise les premiers étages de fusées aussi » par Jack Fischer.

Du matériel de recherche à bord et du matériel

Le cargo ravitailleur CRS-11 Dragon transporte  dans sa partie pressurisée 1069 kg d’expériences scientifiques, 242 kg de fournitures pour l’équipage, 199 kg de matériel de maintenance de l’ISS, 56 kg d’équipement de sortie dans l’espace, 27 kg de ressources informatiques.

Dans ces expériences, citons « Rodent Research 5 » , cinquième expérience sur des souris, « Fruit Fly Lab-2 » embarquant des mouches de fruits utilisées pour l’étude sur les maladies cardiaques et un incubateur de cellules cardiaques souches.

Patch de la mission du cargo Dragon CRS-11 (credit NASA)

Dans la partie non pressurisée, il y a 3 expériences ROSA, NICER et MUSES, de plus de 300 kg chacune.

ROSA (Roll-Out Solar Array) est une démonstration technologique d’un système de panneaux solaires flexibles dans l’objectif d’avoir des panneaux solaires à forte puissance mais compacts et plus légers que les actuels, notamment pour les missions loin du Soleil qui nécessitent une grande surface. ROSA étudiera la dynamique de déploiement de ces panneaux solaires, les changements qui se produisent en fonction de la température pour évaluer la durabilité en environnement opérationnel réel.

NICER (Neutron Star Interior Composition Explorer) étudiera avec une grande précision, une fois positionnée à l’extérieur de l’ISS, les étoiles à neutrons, des étoiles très denses. NICER testera également, pour la première fois dans l’espace, la technologie qui utilise les pulsars comme balises de navigation (méthode utilisée au sol pour le suivi des missions interplanétaires par exemple).

MUSES (Multiple User System for Earth Sensing), est un système qui pourra accueillir jusqu’à 4 instruments d’observation de la Terre. Il sera positionné à l’extérieur de l’ISS par le bras robotique.

Ces 3 expériences sont visibles sur cette image de la séparation du CRS-11 du lanceur Falcon 9 dans le cargo non pressurisé extérieur :

La science va continuer dans l’ISS !

Le cargo devrait partir de la Station le 2 juillet prochain et amerrir puis être récupéré chargé d’expériences pour analyses sur Terre.

3 réflexions sur “Un Dragon réutilisé pour l’ISS

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