Lancer, atterrir, redécoller, récupérer : SpaceX l’a fait

Historique: une fusée orbitale a  volé pour la seconde fois ce 30 mars.

Un premier étage vole pour la seconde fois

Pour le lancement de ce 30 mars 2017, SpaceX le constructeur de la Falcon 9 a choisi de faire voler un premier étage de son lanceur qui a déjà volé et qui avait été récupéré. En effet, le premier étage, le Core #1021, a déjà opéré le lancement du cargo CRS-8 le 8 avril 2016 et avait réussi le premier atterrissage retour d’un étage sur une barge en pleine mer [lire Space X : l’atterrissage réussi du premier étage de Falcon 9 en mer].

Ce deuxième décollage a eu lieu à la première seconde de la fenêtre de tir à 22h27 UTC depuis cap Canaveral.

SES-10 Launch - world's first reflight of an orbital class rocket

Décollage Flacon 9 / SES10 avec le premier étage réutilisé le 30/03/2017 (credits SpaceX)

Après 2 minutes et 38 secondes, le premier étage a cessé de fonctionner comme attendu et le second étage a pris la relève. L’étage avait alors atteint une altitude de 64 kilomètres, et une vitesse maximale de 2290m/s, soit environ 7 fois la vitesse du son. Après un réallumage de son moteur, le premier étage a initialisé sa descente retour vers le sol. L’atterrissage du Core #1021 a été effectué avec succès une deuxième fois sur une barge en mer à 550 km de Cap Canaveral dans l’Océan Atlantique.

Mise sur orbite pour le satellite

L’objectif principal du lancement restait toutefois la mise sur orbite de transfert géostationnaire du satellite de télécommunications SES 10.

Le satellite a été séparé 32 minutes après le décollage.

Séparation du satellite SES10 du lanceur Falcon 9, 32 minutes après le décollage le 30/03/2017 (crédits Webcast SpaceX)

Toutefois, il aurait été mis sur une orbite de transfert géostationnaire un peu plus basse que celle attendue (problème performance du lanceur ?). Une correction d’attitude supplémentaire sera nécessaire pour le satellite.

Une récupération de la coiffe également.

Quatre minutes après le décollage, la séparation de la coiffe a eu lieu, elle qui protégeait jusque là le satellite des couches denses de l’atmosphère. Habituellement, les coiffes de fusée retombent sur terre ou dans les Océans (selon le lieu de décollage). SpaceX a choisi de récupérer également la coiffe de la Falcon 9, pour étudier la réutilisation de cette partie du lanceur aussi. Selon le constructeur, la coiffe aurait été équipée de petites tuyères et de parachutes pour cette récupération. A savoir, le coût de production représenterait environ 10% du coût du lancement, pour 4 minutes de durée de vie. Seulement une demi-coiffe aurait été récupérée dans l’Océan Atlantique.

La coiffe abritant le satellite SES 10 avant son lancement à bord d’une Falcon 9 le 30/03/2017 (crédits SES)

SpaceX vient de réaliser ce qu’aucun constructeur de fusée orbitale n’avait réussi jusqu’à présent. Félicitations !

Reste désormais à prouver que le coût de remise en état des éléments récupérés après un vol (premier étage + coiffe) permet de réduire les coûts de lancement à terme, ce que les Navettes Spatiales étaient censées faire auparavant, mais n’avaient pas réussi. Toutefois, le vol habité demandant de plus grandes précautions, un lanceur « classique » de satellite peut peut-être s’affranchir de certaines étapes de tests et contrôles et donc la facture pourrait être moins lourde. A suivre…

La vidéo du lancement :

 

3 réflexions sur “Lancer, atterrir, redécoller, récupérer : SpaceX l’a fait

  1. Pour mémoire, le 1er vaisseau spatial (pas satellite car il ne fut pas satellisé) à avoir été récupéré puis relancé fut – à mon avis – la capsule Gemini 2 qui effectua un vol suborbital le 19/01/65 (après une tentative de lancement le 09/12/64) puis, après reconfiguration en tant que Gemini-B, fut relancée pour un second vol suborbital le 03/11/66 dans le cadre du programme MOL (mission OPS 0855). Ces deux vols suborbitaux avaient pour but le test du bouclier thermique et furent effectués par des fusées Titan II.

    Cela fait donc plus de 50 ans… et ne nous rajeunit pas. C’était la grande époque de la « conquête de l’espace » avec la rivalité des deux « super-grands »…

  2. Reste comme vous le dites à démontrer la rentabilité d’un concept qui fait emporter le carburant pour le retour (et la très chère surcharge associée) puis demande 4 mois de remise à neuf quand on n’a rien esquinté (étage récupéré mais aussi infra). Car le problème de la navette, au delà de ce qu’elle pouvait faire qu’une simple fusée ne fera jamais, c’était déjà que la charge emportée vs le poids de l’ensemble navette/lanceur n’était pas vraiment optimal!
    Reste que la performance technique est, elle, bien là.

    • Le coût de remise en état est d’environ 5 à 7 million de dollars.

      Les 4 mois ont servi a analyser l’ensemble du lanceur afin de récolter le plus de données possibles pour que la prochaine version du lanceur soit plus facile à récupérer. Plus SpaceX récoltera de données, plus le futur lanceur sera résistant, et moins longue sera la période de remise en état.

      À terme Elon Musk a prédit que 24h suffiront avant de faire décoller un lanceur récupéré.

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