ISS : première bougie pour le module gonflable BEAM

La Station Spatiale Internationale est un lieu de recherches scientifiques mais aussi l’avant poste spatial pour certaines expérimentations pour les futures missions habitées d’exploration de notre Système Solaire.

Cela fait déjà plus d’un an que BEAM est l’une de ces nouvelles technologies testées à bord de l’ISS.

BEAM gonflé et testé depuis 1 an

BEAM (Bigelow Expandable Activity Module) est un module gonflable construit par la société Bigelow Aerospace attaché à la station spatiale internationale depuis le 16 avril 2016 [lire L’habitat gonflable BEAM installé sur l’ISS]. Il permet de tester un nouveau type de module, non rigide, mais surtout moins lourd au lancement que les modules actuels.

Le bras Canadarm2 a extrait le module BEAM du cargo Dragon CRS-8 le 16/04/2016 pour son installation à la Station, ici photographié par l’astronaute Tim Kopra (credit NASA)

Le module avait ensuite été gonflé le 28 mai [lire Le module BEAM sur l’ISS : c’est gonflé !]

BEAM, le Bigelow Expandable Activity Module, installé sur le module Tranquility, photographié en avril 2016 par une caméra haute définition extérieure de l’ISS (credits NASA)

Photos de l’astronome amateur Philip Smith montrant le module BEAM sur l’ISS avant et après gonflage

Le 6 juin c’était la première entrée d’un astronaute, Jeff Williams, à l’intérieur du module.

Le 8 juin 2016, l’astronaute Jeff Williams travaille dans le module gonflable BEAM (credit NASA)

BEAM reste fermé la plupart du temps et ne constitue pas encore un lieu de vie de la Station. Mais par neuf fois, les astronautes sont rentrés récupérer les données des capteurs à l’intérieur du module, et collecter des échantillons d’air et de surface qui sont ensuite analysés sur Terre  pour vérifier la prolifération de microbes.

Takuya Onishi, Jeff Williams et Kate Rubins à l’intérieur de BEAM (via Bigelow)

Premières démonstrations réussies

C’est le premier module privé fixé à la Station chargé de démontrer qu’il peut comme les modules « en dur » protéger les astronautes de l’environnement dangereux de l’espace. Des capteurs à l’intérieur sont conçus pour détecter et localiser les impacts externes générés par des micrométéorites ou des débris spatiaux. Les données de ces capteurs ont montré que la structure gonflable a résisté comme prévu pendant cette première année, selon une déclaration de la NASA.

D’autres mesures ont démontré également son intégrité structurelle et sa stabilité thermique, en vue d’en faire un habitat spatial.

BEAM

 

Thomas Pesquet, Peggy Whitson et Jack Fischer dans le module BEAM en avril 2017 (credits ESA/NASA)

Seconde phase de tests en cours : mesures des radiations

Désormais, cette seconde phase de tests est dédiée à tester les capacités du module à protéger des radiations spatiales. Deux Radiation Environment Monitors (REMs) ont été installés récemment à l’intérieur du BEAM mesurant les radiations en temps réel.

En effet, l’ISS bénéficie en grande partie d’une protection contre les radiations grâce à la magnétosphère terrestre, mais les futures missions spatiales d’exploration lointaine seront beaucoup plus exposées aux particules énergétiques du système solaire et ces rayonnements sont nocifs pour l’Homme.

Du coup, l’un des 2 capteurs REMs sera placé successivement derrière plusieurs écrans de protection pour évaluer l’impact de l’épaisseur de ces écrans sur les radiations reçues par le capteur. A noter que ces boucliers hémisphériques ont été fabriqués à l’aide de l’imprimante 3D à bord de l’ISS.

La forme hémisphérique blanche, au centre de la photographie, constitue un écran pour couvrir l’un des deux moniteurs d’environnement de rayonnement à l’intérieur du BEAM. Dans les mois à venir, l’équipage va imprimer des boucliers successivement plus épais pour déterminer l’efficacité du blindage au niveau du blocage du rayonnement. (Crédits: NASA)

Une désorbitation programmée

Au bout de 2 ans d’expérimentation, il est prévu que BEAM soit déconnecté de l’ISS par le bras robotique et qu’il brûle naturellement dans l’atmosphère terrestre au bout de moins d’un an.

Mais si la démonstration est convaincante, d’autres modules plus grands pourraient être testés.

BEAM et les autres projets de Bigelow Aerospace en infographie (source Space.com)

Tous les articles du site sur le module : #BEAM 

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  1. NB : Tim Kopra a participé à l’expédition 46-47, Jeff Williams à l’expédition 47-48, Takuya Onishi et Kate Rubins à l’expédition 48-49, Thomas Pesquet à l’expédition 50-51, Peggy Whitson à l’expédition 50-51-52 (cette dernière n’ayant pas encore débuté) et Jack Fischer à l’expédition 51-52 (idem).

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