L’actualité spatiale de la semaine du 23 au 29 juillet : Ariane 5 et Galileo, Falcon 9 et Iridium, Virgin Galactic, Long March

Juillet n’est pas synonyme de vacances pour tout le monde, et encore moins pour les équipes de lancement. Cette semaine, pas moins de 3 lancements orbitaux et un vol d’essai suborbital.

Quatre satellites Galileo de plus sur orbite

Mission réussie pour Ariane 5 le mercredi 25 juillet : le lanceur européen a placé sur orbite 4 satellites de navigation Galileo.

Lancement Ariane 5 / Galileo, le 25/07/2018 (credit Arianespace)

Les 4 satellites, pour une masse totale de 2952 kg, font partie du système Galileo, le système de navigation par satellite de l’Europe, fournissant un service de positionnement global hautement précis et garanti sous contrôle civil (à la différence du GPS américain qui est sous contrôle militaire). La constellation comptera au final 24 satellites opérationnels plus 6 satellites en tant que « pièces de rechange » en orbite, dont 22 ont déjà été mis en orbite par Arianespace. [je reviendrai sur cette constellation dans un article dédié à la rentrée].

Les 4 satellites Galileo du VA244 en cours de préparation au Centre Spatial Guyanais (credit Arianespace)

Il s’agissait du dernier lancement de 4 quatre satellites Galileo par une Ariane 5. Les prochains lancements seront effectués par des Ariane 6 au mieux en 2020.

Ce vol VA244 a eu lieu en fait avant le VA 243 en raison du report de lancement du vol précédent pour cause d’absence de l’un des satellites co-passager, GSAT-11, retourné dans son usine de fabrication. Il aurait dû devenir le 100e lancement d’une Ariane 5. Finalement, le VA243 prévu désormais le 5 septembre prochain deviendra le 100e tir Ariane 5.

Le Kit de lancement en français pour plus d’informations

Falcon 9 et Iridium, ça continue

Mercredi 25 juillet à 1139 UTC, une Falcon 9 a décollé de la base Air Force de Vandenberg en Californie sous un épais brouillard.

Iridium-7 Mission

La Falcon 9 de la 7e mission Iridium-Next sur le pas de tir le 24/07/2018 (credit SpaceX)

Iridium-7 Mission

Décollage le 25/07/2018 d’une Falcon 9 et de 10 satellites Iridium-Next (credit SpaceX)

Deux minutes et demi après le décollage, le premier étage du lanceur s’est séparé et a entamé immédiatement un retour sur Terre. Il a atterri avec succès sur la barge-drone “Just Read The Instructions” 7 minutes et 17 secondes après le décollage.

Capture d’écran du direct de SpaceX montrant le premier étage ayant atterri avec succès sur la barge le 25/07/2018

Le lanceur a mis sur orbite dix nouveaux satellites de communication Iridium-Next, soit 65 satellites de 2e génération Iridium lancés par une Falcon 9 à ce jour. La séparation du dernier satellite a eu lieu 72 minutes après le décollage.

Capture d’écran du direct de SpaceX montrant la séparation d’un des satellites Iridium-Next le 25/07/2018

Le vol de mercredi était l’avant-dernière mission du contrat de SpaceX avec Iridium Communications, le lancement final étant prévu pour fin septembre ou octobre. Après ce dernier lancement, Iridium disposera de soixante-quinze satellites de nouvelle génération en orbite, six autres satellites déjà construits par Thales Alenia Space restant au sol pour servir de satellites de rechange. La constellation Iridium est actuellement la plus grande constellation de satellites de communications en orbite.

Il s’agissait du troisième vol d’une Falcon 9 version Block 5. Cette évolution du lanceur inclut notamment les évolutions suivantes :

  • La poussée du moteur Merlin a été augmentée d’environ 8%
  • Utilisation de la nouvelle technologie de protection thermique hydrophobe pour l’inter-étage noir et les jambes d’atterrissage
  • Résistance et protection thermique beaucoup plus élevées de l’ « octaweb » en aluminium, la structure porteuse à la base des neuf moteurs Merlin
  • Des mécanismes de verrouillage qui peuvent être ouverts et fermés à plusieurs reprises facilement sur les jambes d’atterrissage
  • Un bouclier thermique de base révisé maintenant construit avec du titane à haute température.
  • Une avionique évolutive, des contrôleurs de moteur et un ordinateur de vol améliorés, un système de mesure inertielle plus avancé, une tolérance aux pannes plus élevée
  • Une coiffe entièrement récupérable

Une tentative de récupération des 2 demi-coiffes a été effectuée avec le bateau Mr Steven amélioré. Celui-ci a en effet été équipé de filets de récupération beaucoup plus grands. Mais cette tentative a échoué en raison de l’état mouvementé de la mer et de vents violents.

Le bateau de récupération des coiffes de SpaceX, M. Steven, avant et après modification (credit SpaceX)

Des journalistes ont pu voir pour la première fois le nouveau mécanisme de verrouillage des jambes en action sur la fusée du lancement du 22 juillet :

Le lancement du 25 juillet était le 14e réussi de l’année pour SpaceX. Il s’agissait de la 27e récupération réussie d’un premier étage.

Le VSS Unity de Virgin Galactic dépasse Mach 2

Virgin Galactic semble être passé à la vitesse supérieure avec un 3e vol motorisé en moins de 4 mois de son « avion spatial » VSS Unity jeudi 26 juillet. Le premier vol motorisé a eu lieu le 5 avril dernier et le second le 29 mai.

Décollage du VMS Eve portant le VSS Unity pour son troisième vol motorisé du 26/07/2018 (credit Virgin Galactic)

Le SpaceShipTwo VSS Unity a décollé sous l’avion porteur VMS Eve depuis le Mojave Air And Space Port en Californie. Il a été largué à un peu plus de 14 km d’altitude (46 500 pieds) et les 2 pilotes, Dave Mackay et Mike ‘Sooch’ Masucci, ont ensuite allumé les moteurs de l’avion pendant environ 42 secondes.

Troisième vol motorisé de VSS Unity le 26/07/2018 (credit Virgin Galactic)

Le VSS Unity a dépassé pour la première fois, la vitesse de Mach 2, à 2,747 exactement, et a atteint l’altitude maximale de 170 800 pieds, soir 52 km. C’est la première fois que l’avion spatial atteint la mésosphère, la troisième couche la plus élevée dans notre atmosphère, occupant la région de 50 kilomètres à 80 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre, au-dessus de la troposphère et de la stratosphère, et au-dessous de la thermosphère.

Le VSS Unity a atteint 52 km d’altitude lors de son 3e vol motorisé le 26/07/2018 (credit Virgin Galactic)

Le vol du SpaceShipTwo n’aura duré que 14,2 minutes. Il est revenu à bon port avec une vitesse rentrée à Mach 1,7.

Atterrissage en douceur du VSS Unity après son 3e vol motorisé le 26/07/2018 (credit Virgin Galactic)

Ce test a permis de recueillir des données sur l’aérodynamique supersonique ainsi que sur la dynamique thermique. Comme lors des vols précédents, la cabine d’Unity était équipée pour recueillir des données essentielles à la sécurité et à l’expérience des futurs clients astronautes de l’entreprise. Ces systèmes d’analyse enregistrent une grande quantité de paramètres conçus pour aider à mieux comprendre l’environnement intérieur de la cabine pendant les vols motorisés : températures, pressions, humidité, acoustique, réponse thermique, vibrations, accélération et même rayonnement [communiqué Virgin Galactic].

Il s’agissait du 14ème vol pour le SpaceShipTwo VSS Unity et le 252e pour l’avion porteur WhiteKnightTwo VMS Eve, piloté par Todd Ericson et Kelly Latimer.

21e lancement chinois réussi

Dimanche 29 juillet, la Chine a lancé deux satellites de navigation Beidou-3 à 01h48 UTC à partir du centre de lancement des Satellites de Xichang, en utilisant une Long March 3B.

Lancement Long March 3B / Beidou le 29/07/2018 (credit Xinhua/Liang Keyan)

Les 33e et 34e satellites du système Beidou, ou appelés MEO-5 et MEO-6, système de navigation comme le GPS américain et l’européen Galileo ont été placés en orbite terrestre moyenne (MEO). Ce sont les neuvième et dixième satellites du système Beidou de 3e génération. Après des tests, ils seront mis en réseau avec les huit satellites de 3e génération Beidou précédemment lancés.

La Chine a désormais effectué 21 lancements en 2018 et tous réussis.

A lire aussi : 33e et 34e satellites de navigation Beidou mis en orbite

En bref

TESS commence la chasse

TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite), le chasseur d’exoplanètes, qui a décollé le 19 avril dernier, a commencé ses opérations scientifiques le 25 juillet. TESS devrait transmettre sa première série de données scientifiques à la Terre en août, puis périodiquement tous les 13,5 jours, soit une fois par orbite lorsque le satellite se trouvera au plus près de la Terre [communiqué].

Vue d’artiste de TESS (credit NASA)

Échec pour Stratos III

Delft Aerospace Rocket Engineering (DARE) est une société néerlandaise gérée par des étudiants, qui a pour objectif de lancer une fusée dans l’espace. Stratos II+ avait atteint l’altitude de 21,5 km en 2015.

Ce 26 juillet, au centre d’essai d’Arenosillo (CEDEA) dans le sud de l’Espagne, la fusée Stratos III a décollé vers 3h30 du matin heure locale. Mais 20 secondes après le décollage, la fusée a explosé en vol.

Les pièces ont atterri dans la Mer Méditerranée à l’intérieur de la zone de sécurité.

Le résumé en vidéo

Pas de vidéo cette semaine. A découvrir le 6 août !

En attendant, allez voir si ce n’est pas déjà fait: Retour en images sur l’éclipse de Lune du 27 juillet 2018

La Lune, Mars et le Terradome de la Cité de l’espace le 27/07/2018

2 réflexions sur “L’actualité spatiale de la semaine du 23 au 29 juillet : Ariane 5 et Galileo, Falcon 9 et Iridium, Virgin Galactic, Long March

  1. NB : Todd Christopher Ericson fit partie des semi-finalistes (présélectionnés) des groupes 19 et 20 de la NASA en 2003-04 et 2008-09.

    Quant à Kelly Jane Latimer, elle fut candidate pour le groupe 17 en 1997-98 puis fut présélectionnée pour les groupes 18 et 19 en 1999-2000 et 2003-04.

  2. suite

    A noter que ce lundi 30 juillet, à 14 h 40 (heure française), Oleg G. Artemyev passera le cap symbolique des 300 jours dans l’espace, ce en deux vols spatiaux de longue durée (Soyuz TMA-12M / ISS 39-40 et Soyuz MS-08 / ISS 55-56).

    Il occupe actuellement la 56e place dans le classement des hommes (et femmes) de l’espace pour ce qui est de la durée de vol spatial, la 45e place pour ce qui est des Russes ou autres ex-Soviétiques, ce qui montre bien leur suprématie en ce domaine.

    Il est né à Riga, capitale de la Lettonie, mais est bien Russe. Il fut le 534e homme de l’espace (vols orbitaux seuls).

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