Rosetta : 1 an autour de sa comète « Tchouri »

La sonde européenne Rosetta vient de fêter un anniversaire le 6 août : cela fait un an qu’elle se trouve en orbite autour de la comète 67P/ Tchourioumov-Guerassimenko.

Rappelez-vous l’an dernier, après plus de 10 ans de voyage stellaire et plus de six milliards de kilomètres parcourus, la sonde s’est mise en orbite autour de la comète, à près de 400 millions de kilomètres de la Terre.

Comète 67P le 6 Août par la caméra NAVCAM  depuis une distance d'environ 96 km de la comète. (Credits: ESA/Rosetta/NAVCAM)

Comète 67P le 6 Août par la caméra NAVCAM
depuis une distance d’environ 96 km de la comète. (Credits: ESA/Rosetta/NAVCAM)

Depuis, elle a changé d’orbites à différentes reprises pour s’approcher ou s’éloigner de la surface de la comète afin de prendre des photos époustouflantes et réaliser des analyses scientifiques.

Des photos magnifiques de la comète

Dès les premières photos de la comète, cela a été la surprise : elle n’est pas sphérique.

Rosetta : la comète à double noyau. Chaque image a été prise à 20 minutes d'intervalle. (Crédit image: ESA / Rosetta / MPS pour OSIRIS équipe ; MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DASP / IDA)

Rosetta : la comète à double noyau.
Chaque image a été prise à 20 minutes d’intervalle. (Crédit image: ESA / Rosetta / MPS pour OSIRIS équipe ; MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DASP / IDA)

Puis, les détails se sont faits plus précis : des blocs de pierre, des crevasses, des falaises, … [lire par exemple l’article « Rosetta encore plus près de sa comète« ]

Des falaises abruptes et des rochers importants sont visibles sur cette image prise par la caméra OSIRIS le 5 Septembre 2014, lorsque Rosetta était à une distance de 62 kilomètres de la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko. La partie gauche de l'image montre une vue de côté du «corps» de la comète, tandis que la droite est à l'arrière de sa «tête». Un pixel correspond à 1,1 mètres. (Crédit: ESA / Rosetta / MPS pour OSIRIS équipe MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DAPS / IDA)

Des falaises abruptes et des rochers importants sont visibles sur cette image prise par la caméra OSIRIS le 5 Septembre 2014, lorsque Rosetta était à une distance de 62 kilomètres de la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko. La partie gauche de l’image montre une vue de côté du «corps» de la comète, tandis que la droite est à l’arrière de sa «tête». Un pixel correspond à 1,1 mètres.
(Crédit: ESA / Rosetta / MPS pour OSIRIS équipe MPS / UPD / LAM / IAA / SSO / INTA / UPM / DAPS / IDA)

Et au fur et à mesure que la comète s’approche du Soleil, elle dégage de plus en plus de poussières et de gaz [lire article Rosetta observe l’activité grandissante de sa comète]. 

Cette image prise par la caméra de navigation de la sonde européenne Rosetta de la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko a été effectuée le 30 Juillet 2015, à une distance de 178 km du centre de la comète. L'image a une résolution de 15,2 m / pixel et mesure 15,6 km de par et d'autres (Credit ESA/Rosetta/NAVCAM – CC BY-SA IGO 3.0)

Cette image prise par la caméra de navigation de la sonde européenne Rosetta de la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko a été effectuée le 30 Juillet 2015, à une distance de 178 km du centre de la comète. L’image a une résolution de 15,2 m / pixel et mesure 15,6 km de par et d’autres (Credit ESA/Rosetta/NAVCAM – CC BY-SA IGO 3.0)

Une première mondiale : l’atterrissage de Philae sur 67P

Le 12 novembre 2014, l’atterrisseur Philae se posait sur la comète.

Les images prises par la caméra ROLIS de Philae nous permettent de suivre la descente de l'atterrisseur surle premier site d'atterrissage, Agilkia, sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, le 12 Novembre 2014. La première image a été prise à un peu plus de 3 km de la comète, et indique la position d'Agilkia et la zone couverte par l'image suivante dans la séquence, a été prise à seulement 67 m. Les six images qui suivent ont été prises à environ 10 secondes d'intervalle avant l'atterrissage, et l'image finale de la séquence a été acquise à 9 m au-dessus du site d'atterrissage (l'heure où les images ont été acquises, ainsi que la distance et  la résolution sont marquées sur chaque image). La dernière diapositive est annotée avec la position estimée du touché et de l'orientation de Philae, qui a été calculée à ± 20 cm. (Credit ESA/Rosetta/Philae/ROLIS/DLR)

Les images prises par la caméra ROLIS de Philae nous permettent de suivre la descente de l’atterrisseur sur le premier site d’atterrissage, Agilkia, sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, le 12 Novembre 2014.
La première image a été prise à un peu plus de 3 km de la comète, et indique la position d’Agilkia et la zone couverte par l’image suivante dans la séquence, a été prise à seulement 67 m. Les six images qui suivent ont été prises à environ 10 secondes d’intervalle avant l’atterrissage, et l’image finale de la séquence a été acquise à 9 m au-dessus du site d’atterrissage (l’heure où les images ont été acquises, ainsi que la distance et la résolution sont marquées sur chaque image).
La dernière diapositive est annotée avec la position estimée du touché et de l’orientation de Philae, qui a été calculée à ± 20 cm. (Credit ESA/Rosetta/Philae/ROLIS/DLR)

Cela ne s’est pas passé tout à fait comme prévu mais cela reste une prouesse technologiqueLire les articles : « Atterrissage réussi de Philae, et ensuite ?« , « Philae, mis en sommeil faute de soleil, mais Rosetta continue sa mission« .

Depuis son réveil le 13 juin dernier, les communications ne sont pas suffisamment longues pour transmettre à Philae des télécommandes depuis la Terre afin qu’il réalise des analyses scientifiques supplémentaires. Philippe Gaudon, responsable de la mission Rosetta au CNES, m’a toutefois dit en juillet dernier à la Cité de l’espace de Toulouse, être confiant pour reprendre les activités scientifiques de Philae à l’automne quand il sera possible à Rosetta de s’approcher de la comète. En effet, Rosetta orbite à plus de 200 km d’altitude de 67P actuellement car les gaz et particules émises par la comète sont sources potentielles de dégâts et d’erreurs pour la sonde (par exemple, les capteurs stellaires peuvent confondre des particules avec les étoiles qui lui servent à la navigation).

Des résultats scientifiques prometteurs

Les données recueillies ont déjà permis de détecter des particules organiques [lire l’article « Quand Rosetta s’invite dans Science« ].

Mais aussi de l’azote moléculaire, ce qui fourni des indices importants sur l’environnement de température dans laquelle la comète est «née». L’azote moléculaire était courant lorsque le système solaire se formait, mais a exigé des températures très basses pour devenir piégé dans la glace, de sorte que les mesures de Rosetta soutiennent la théorie que les comètes proviennent de la ceinture de Kuiper, un environnement froid car éloigné du soleil.  [lire article « Dernières découvertes de #Rosetta et de #Curiosity : eau, méthane et molécules organiques ! » et l’article du CNES : « MISSION ROSETTA-PHILAE : TCHOURI SE RÉVÈLE… DIFFÉRENTE !« ]

Les données recueillies par Rosetta et Philae lors de la descente de l’atterrisseur à la surface ont permis aux scientifiques de déduire que le noyau de la comète est non-aimanté, au moins sur de grandes échelles. Alors que les champs magnétiques sont considérés comme ayant joué un rôle important dans le déplacement de petits grains de poussière aimantés autour du système solaire infantile, les mesures Rosetta et Philae montrent qu’ils ne continuent pas à jouer un rôle important une fois que les particules se sont agglomérées pour former des blocs de plusieurs mètres de diamètre.

Le dégazage de la comète va peut être permettre de détecter des matériaux de couches plus profondes, pas encore été modifiés par le rayonnement solaire ou les rayons cosmiques.

A suivre… Les découvertes ne font que commencer.

Rendez-vous en périhélie le 13 août !

Dans quelques jours, Tchouri a rendez-vous avec le soleil ! En effet, tournant autour du soleil en 6,5 ans sur une orbite elliptique, elle sera au plus proche du soleil à cette date, à 186 000 000 kilomètres tout de même, environ un tiers de la distance du rendez-vous d’août 2014.

L'orbite de la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko et son emplacement approximatif au moment de la périhélie, le moment où la comète sera au plus proche du soleil. Les positions des planètes sont correctes pour le 13 Août à 2015. (credit ESA)

L’orbite de la comète 67P / Churyumov-Gerasimenko et son emplacement approximatif au moment de la périhélie, le moment où la comète sera au plus proche du soleil. Les positions des planètes sont correctes pour le 13 Août à 2015. (credit ESA)

Source principale de l’article « Celebrating a year at the comet » sur le site de l’ESA.

Retrouvez tous les articles sur Rosetta et Philae dans le dossier consacré, et une compilation de vidéos sur la mission.

Retrouvez toutes les photos publiées par l’ESA prises par Rosetta sur l’album Flickr dédié

 

 

 

Une réflexion sur “Rosetta : 1 an autour de sa comète « Tchouri »

  1. Pingback: Rosetta : 1 an autour de sa comète &quot...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *