Photos du jour : le laboratoire spatial chinois Tiangong-2 photographié depuis un satellite

Depuis l’arrivée du vaisseau spatial Shenzhou-11, une mini-station spatiale chinoise est en orbite terrestre. Le satellite chinois Banxing-2 a pris des photos de ce petit complexe spatial de 18 mètres de long :

Tiangong-2 et Shenzhou-11 photographiés par la caméra fisheye du satellite BanXing-2 (Credit: Chinese Academy of Sciences)

Tiangong-2 et Shenzhou-11 photographiés par la caméra fisheye du satellite BanXing-2 (Credit: Chinese Academy of Sciences)

 

« De cette distance, l’image a une résolution d’environ 1 centimètre » a déclaré Zhong Hongen, concepteur en chef du système d’application spatiale des projets spatiaux habités, dans une interview sur la chaîne de télévision CCTV (voir vidéo ci-dessous).

Un satellite compagnon déployé de Tiangong-2

Le satellite Banxing 2 a en fait été déployé du laboratoire spatial chinois le 22 octobre. Il avait été lancé à bord du vaisseau le 15 septembre dernier dans un compartiment spécifique donnant sur l’extérieur.

Représentation du satellite d'accompagnement Banxing-2 construit par la Shanghai Academy of Spaceflight Technology (SAST) qui a été lancé à partir du laboratoire Tiangong-2 le 22/10/2016. (credit Xinhua / Qu Zhendong)

Représentation du satellite d’accompagnement Banxing-2 construit par la Shanghai Academy of Spaceflight Technology (SAST) qui a été lancé à partir du laboratoire Tiangong-2 le 22/10/2016. (credit Xinhua / Qu Zhendong)

Le satellite pèse 47 kg et est un cube de 40 cm de côté. Il est équipé d’une caméra de 25 mégapixels en visible et en infrarouge pour les images à courtes et grandes distances, ainsi qu’une caméra type « fisheye » pour des images grand angle.

Son système de propulsion à gaz chaud à base d’ammoniac  et son système de navigation autonome lui permettent de voler autour de Tiangong-2 et Shenzhou-11 jusqu’à 500 km de distance. Il transfère ses données à des vitesses élevées, avec des capacités accrues par rapport au satellite d’accompagnement Banxing-1 (Banxing veut dire compagnon) du vaisseau spatial Shenzhou-7 en 2008 selon Zhong Hongen.

Le déploiement du satellite compagnon Banxing-2 depuis Tiangong-2 photographié par les taïkonautes à bord (credit CCTV)

Le déploiement du satellite compagnon Banxing-2 depuis Tiangong-2 photographié par les taïkonautes à bord (credit CCTV)

Des images pour la communication seulement ?

Au-delà de ces images servant pour la communication de l’agence spatiale chinoise montrant la réalité du laboratoire spatial, on peut s’interroger sur l’objectif réel de ce satellite compagnon.

La Chine disposerait donc dorénavant d’une technologie éprouvée de navigation autonome en toute sécurité autour d’une station habitée. Possède-t-elle déjà des satellites capables d’espionner d’autres satellites ? On sait que, par exemple, un satellite russe s’est positionné en 2015 pendant plusieurs mois entre deux satellites commerciaux Intelsat en orbite géostationnaire, s’approchant à moins de 10 kilomètres de l’un d’eux… avant de repartir. Les Américains disposeraient d’au moins quatre satellites capables de manoeuvrer en orbite géostationnaire pour aller inspecter et surveiller de près un autre satellite. Les deux derniers ont été lancés en août (source). La Chine ne faisant jamais une étape dans son programme spatial sans un objectif à long terme, ce satellite compagnon démontre-t-il une nouvelle fois que la Chine rattrape ainsi les autres grandes nations spatiales dans tous les domaines, y compris dans l’espionnage spatial ?

2 réflexions sur “Photos du jour : le laboratoire spatial chinois Tiangong-2 photographié depuis un satellite

  1. BanXing veut dire compagnon de route… tout comme Spoutnik !

    Il est bien évident que la Chine rattrape les autres grandes nations spatiales dans tous les domaines (et pas seulement dans le domaine spatial…).

    On le verra encore aujourd’hui (si tout va bien) avec le premier lancement d’une CZ-5 depuis le complexe de lancement 101 de Wenchang (Hainan).

    La CZ-5 (ou LM-5) a une capacité de charge utile de 23 à 25 tonnes (selon les sources) en orbite basse, de 15 tonnes en orbite géosynchrone et de 13 tonnes en orbite de transfert géostationnaire (GTO).

    Après Shijian-17 (satellite expérimental), cette fusée devrait lancer les sondes lunaires Chang’e 5 (mission de retour d’échantillons lunaires) en 2017 et Chang’e 4 (atterrisseur et « astromobile » lunaires), dans cet ordre, vers 2019, le module central Tianhe (ou Tian He) de la future station spatiale Tiangong-3 en 2018, les modules laboratoires Wengtian et Mengtian vers 2020-22, etc.

    A noter aussi au passage que l’équipage de Shenzhou-11 (Jing Haipeng) et Chen Dong) détient depuis hier le nouveau record chinois de durée pour un vol piloté et a dépassé la moitié de la durée nominale de sa mission.

    Ceci dit, on ne connait toujours pas le noms des « doublures » (ni des « triplures ») de ces deux taïkonautes. Je pense que ce sont Chen Quan, Liu Boming, Pan Zhanchun et Deng Qingming mais je peux fort bien me tromper…. L’avenir le dira. De ces 4 taïkonautes, seul Liu Boming est déjà allé dans l’espace ; c’était pour la mission Shenzhou-7 (3e vol piloté chinois) à la fin septembre 2008.

  2. Pingback: Tianzhou-1 le premier ravitailleur spatial chinois | Rêves d'Espace

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