Arrivée des 2 taïkonautes de Shenzhou 11 à bord de Tiangong-2

Après un lancement le 17 octobre, le vaisseau Shenzhou-11 et ses 2 taïkonautes à bord sont arrivés à destination.

Un amarrage à Tiangong-2 en automatique

Le vaisseau a mis un peu moins de 2 jours pour élever son altitude à celle du laboratoire Tiangong-2 sur une orbite de 379 x 389 km.

Après les succès d’amarrage automatique de Shenzhou-9 et Shenzhou-10  en 2012 et 2013 sur le laboratoire spatial Tiangong-1  [lire Le programme spatial habité chinois : hier, aujourd’hui et demain ?], Shenzhou11 a effectué un amarrage automatique sans encombre grâce aux multiples capteurs et caméras vidéos sur les 2 vaisseaux ce mardi 18 octobre. L’amarrage a été effectif à 19h24 UTC.

Schéma du vaisseau Shenzhou-11 amarré au laboratoire spatial Tiangong 2 (source News China)

Schéma du vaisseau Shenzhou-11 amarré au laboratoire spatial Tiangong 2 (source News China)

Tiangong-2 n’est pas vraiment une station spatiale car il est en fait constitué uniquement de deux modules : un module de service accueillant les systèmes de propulsion et dalimentation, et un module orbital pour a vie de l’équipage et les recherches scientifiques, dans un volume habitable total de 15 mètres cubes. Avec Shenzhou-11 et Tiangong-2 amarrés, il s’agit maintenant d’une mini-station spatiale d’un peu plus de 18 mètres de long et 4 mètres de diamètre, hors panneaux solaires, et dune masse combinée d’environ 16 tonnes.

Des expériences dans Tiangong-2 pendant 30 jours

Il est prévu que les 2 taïkonautes, Jing Haipeng et Chen Dong , restent à bord du « palais céleste » pendant 30 jours, soit le double des missions chinoises précédentes dans Tiangong-1.

Capture d'écran du 1910/2016 de l'image au Centre de contrôle aérospatial de Pékin montrant les deux astronautes chinois Jing Haipeng (à gauche) et Chen Dong -àdroite) dans le laboratoire spatial Tiangong-2. (credit Xinhua / Ju Zhenhua)

Capture d’écran du 1910/2016 de l’image au Centre de contrôle aérospatial de Pékin montrant les deux astronautes chinois Jing Haipeng (à gauche) et Chen Dong -àdroite) dans le laboratoire spatial Tiangong-2. (credit Xinhua / Ju Zhenhua)

Ils vont réaliser un programme de recherche couvrant 14 domaines différents : culture de riz et de laitue dans la microgravité, test d’un bras robotique en externe du laboratoire, et surveillance des changements physiologiques du corps humain pendant lexposition prolongée à lenvironnement de lespace.

La Chine semble vouloir médiatiser cette mission, comme en témoigne cette vidéo du journal de bord « 1er jour » :

Transcription à retrouver en anglais sur news.xinhuanet.com

Une expérience française à bord : Cardiospace

Cardiospace doit permettre d’étudier l’adaptation du système cardiovasculaire à la micro-gravité et son déconditionnement lors du retour des taïkonautes sur terre. Ces recherches ont un intérêt pour la santé des astronautes mais aussi en santé publique, les maladies cardiovasculaires étant la première cause de mortalité dans le monde. Le CNES a coordonné le développement des différents instruments constituant Cardiospace, en particulier le laser Doppler et l’échographe qui étudient respectivement la microcirculation et la macrocirculation sanguines (source : communiqué CNES).

L'expérience française du CNES Cardiospace bien visible sur cette image de l'arrivée des taïkonautes dans le laboratoire spatial Tiangong-2 (credit Xinhua / Ju Zhenhua)

L’expérience française du CNES Cardiospace bien visible sur cette image de l’arrivée des taïkonautes dans le laboratoire spatial Tiangong-2 (credit Xinhua / Ju Zhenhua)

Une étape de plus vers une Station Spatiale chinoise

Tiangong2 marque une étape de plus vers la construction dune grande station spatiale modulaire, prévue de commencer d’après les annonces des autorités chinoises dès 2018. En plus de démontrer une plus longue mission habitée, Tiangong2 va servir également de test pour le réapprovisionnement en carburant par un cargo automatique, Tianzhou, dont le vol est prévu à ce jour en avril 2017. Ce test est essentiel voire critique pour les opérations sur une très longue durée dune station spatialeA suivre….

 

Un résumé en vidéo sur la chaîne officielle chinoise en français :

Retrouvez tous les articles sur le programme spatial chinois dans la catégorie : La Chine spatiale

 

5 réflexions sur “Arrivée des 2 taïkonautes de Shenzhou 11 à bord de Tiangong-2

  1. A noter que Shenzhou-8 effectua lui aussi un amarrage automatique avec Tiangong-1 pour la bonne raison que ce fut un Shenzhou automatique (à l’instar des Shenzhou-1 à 4). Cette mission fut effectuée du 31 octobre / 1er novembre (31 octobre en Europe, 1er novembre en Chine) au 17 novembre 2011.

    A noter aussi que l’ensemble constitué de Tiangong-2 et Shenzhou-11 est comparable à la seule station orbitale soviétique Saliout-1 (Salyut-1) sans Soyouz-11 (Soyuz-11) de triste mémoire (lancé après l’échec de Soyouz-10).

    En effet, Saliout-1 mesurait 15,8 m de long et 4,15 m de large. Cette station orbitale pesait 18,425 tonnes et son volume total (pas son volume habitable) était de 99 m3.

    Pour l’instant, pour ce qui est de la durée des vols spatiaux habités, si cette mission dure bien 33 jours, la Chine se trouve à peu près au même niveau que l’URSS en 1971 (Saliout-1 / Soyouz 11, espérons que non…) ou plus exactement en 1975, une durée prévue de 33 jours pouvant être comparée à celle de la mission Saliout-4 / Soyouz-17 qui fut effectuée par Aleksandr A. Gubarev et Georgiy M. Grechko du 10 janvier au 9 février 1975, il y a donc près de 42 ans. Cette mission avait duré un peu plus de 29 jours et demi pour 466 orbites.

    C’était à l’époque le record soviétique alors que le record absolu était détenu par les Américains avec la mission Skylab-4 (3e et dernier vol piloté du programme Skylab, portion congrue du programme AAP).

    Encore plus exactement, la mission Shenzhou-11 / Tiangong-2 sera comparable à la mission Soyouz TM-20 / Mir / Soyouz TM-19 effectuée par Ulf D. Merbold du 3 octobre au 4 novembre 1994 : un peu plus de 31 jours et demi pour 499 orbites. Merbold était parti avec Aleksandr Viktorenko et Yelena Kondakova (expédition Mir-17) et était revenu sur Terre avec Yuriy Malenchenko et Talgat Musabayev (Mir-16).

    Tout cela pour dire que si la Chine fait indubitablement d’immenses progrès, elle a encore bien du chemin à parcourir avant d’égaler (puis dépasser) les deux superpuissances spatiales historiques. Ce devrait être le cas dans les années 2030 pour ce qui est des vols de longue durée (de plus d’un an) et des vols lunaires habités (alunissage actuellement prévu pour 2036)…

    Mais d’ici là la Russie aura construit sa propre station orbitale succédant à l’ISS (prévue pour 2025 vu que l’ISS devrait être abandonnée en 2024) et les USA, personne n’en sait rien vu que, tous les 4 ou 8 ans, chaque président nouvellement élu s’emploie à détruire consciencieusement le programme spatial de son prédécesseur.

    La future station orbitale russe sera composée de 5 modules – dont 3, qui n’ont pas encore été lancés, seront détachés de l’ISS – et ses équipages voleront à bord du nouveau vaisseau Federatsiya dont le premier vol est prévu pour 2023 depuis le nouveau cosmodrome de Vostotchniy (le premier vol piloté depuis Vostotchniy devant être celui d’un Soyouz en 2021).

    Quant à la future station spatiale chinoise, Tiangong-3, elle sera composée de 3 modules baptisés Tian He (Galaxie), Wengtian (?) et Mengtian (?). Elle sera construite dans les années 2018-22 et ses équipages voleront soit à bord du Shenzhou amélioré, soit à bord d’un nouveau vaisseau spatial ressemblant à Orion ou à Federatsiya.

    S’il est un domaine où la Chine est largement en avance, c’est celui de l’informatique mais, curieusement, personne n’en parle. C’est pourtant – et de loin – la première puissance mondiale dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres.

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