Nouvelle photo de l’atterrisseur Schiaparelli d’Exomars 2016

Comme prévu, le satellite américain MRO de la NASA a pris des clichés à plus haute résolution de la zone d’atterrissage de l’EDM Schiaparelli européen.

Une image de Hirise

Après des clichés de la caméra Context, c’est la caméra Hirise à haute résolution de Mars Reconnaissance Orbiter qui a été mise à contribution pour inspecter la zone d’impact de l’atterrisseur européen.

Photo de la zone d'impact de l'EDM Schiaparelli d'Exomars2016 par la caméra Hirise du satellite MRO (Image credit: NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona)

Photo de la zone d’impact de l’EDM Schiaparelli d’Exomars2016 par la caméra Hirise du satellite MRO (Image credit: NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona)

L’image prise le 25 octobre montre trois endroits d’impact à environ 1,5 km l’un de l’autre, comme prévu :

  • (en bas à gauche) La zone d’atterrissage du parachute et du bouclier arrière. Sachant que le parachute servait à freiner l’atterrisseur, la vitesse de l’ensemble parachute bouclier arrière a dû être assez faible à l’impact, estimée par Planète Mars à environ 100  km/h ou 30 m/s.
  • (en haut à droite) Le bouclier thermique avant. Celui-ci a été éjecté avant la mise en route des rétrofusées et a continué sur sa lancée.
  • (en haut à gauche) L’atterrisseur. La zone sombre, à peu près circulaire d’environ 2,4 mètres de diamètre, de la taille d’un cratère peu profond comme attendu en fonction de la masse de la masse de l’atterrisseur (environ 300 kg) et de la vitesse d’impact sur un sol sec. Autour de la tache sombre, la ligne courbe noire au nord-est de la tache sombre est inhabituelle pour un événement d’impact typique et n’est pas encore expliquée (un réservoir ayant explosé et éjecté de l’atterrisseur ?). Il y a aussi plusieurs pixels relativement brillants ou des amas de pixels, qui pourraient être soit du bruit d’image, soit peut-être des fragments de l’atterrisseur.

De nouvelles images prises par Hirise sous différents ensoleillements et angles de vues sont attendues dans les jours à venir pour confirmer la présence d’un cratère d’impact. En utilisant les ombres, les experts pourront sans doute déterminer les différentes hauteurs des éléments de l’EDM. D’autres images pourraient fournir des précisions sur les taches blanches. A suivre…

Un problème logiciel comme cause possible du crash ?

Selon les données de la descente reçues, on sait désormais que le bouclier thermique arrière s’est séparé comme prévu, le parachute s’est déployé comme attendu, mais qu’il a été libéré (avec le bouclier arrière) prématurément, et l’atterrisseur a heurté le sol à une vitesse de plus de 300 kilomètres par heure, les rétrofusées n’ayant fonctionné que 3 secondes au lieu des 30 secondes prévues. A priori, certains instruments qui devaient s’allumer une fois l’atterrisseur au sol se seraient mis en route plus tôt que prévu.

Cette dernière information a été publiée dans un article sur le site de Nature, journal scientifique plus que sérieux. Andrea Accomazzo, le responsable des missions solaires et planétaires de l’ESA (ancien responsable des opérations de Rosetta) y a également déclaré que l’une des causes probables du crash était soit un problème dans le logiciel de bord de l’EDM, soit un problème dans la fusion des données provenant de différents capteurs, qui peuvent avoir conduit l’engin à croire qu’il était plus bas en altitude qu’il n’était vraiment.

Pour le moment, les investigations sont toujours en cours du côté de l’Agence Spatiale Européenne. Attendons donc que les conclusions officielles soient publiées.

Sources de l’article :

Retrouvez tous les articles sur Exomars 2016 : #Exomars

Pour compléter, Euronews fait le point sur la mission Exomars 2016 et parle de la mission à venir Exomars 2020 :

3 réflexions sur “Nouvelle photo de l’atterrisseur Schiaparelli d’Exomars 2016

  1. Finalement, ce n’est pas plus mal que la mission ExoMars 2018 ait été annulée pour être remplacée par ExoMars 2020 ! On fera mieux la prochaine fois ! Encore un coup de barre, Mars, et ça repart !

    A noter que les Chinois préparent eux aussi une mission vers la planète rouge, sous la direction de Zhang Rong Biao.

    La première sonde martienne chinoise (la seconde en réalité ; voir plus bas), sera lancée entre juillet et août 2020 du centre de lancement spatial de Wenchang sis sur l’île de Haïnan, à l’aide d’une fusée CZ-5.

    Elle sera composée de 3 modules : l’orbiteur qui restera en orbite martienne pour servir de relais de communication, l’atterrisseur et un rover qui parcourra la surface de la planète rouge.

    Elle pèsera environ 5 tonnes dont 200 kg pour le rover.

    Autrement dit, il y aura en 2020 une certaine forme de compétition entre la NASA (avec une « astromobile »), l’association Roscosmos-ESA et l’agence spatiale chinoise. Eh oui la compétition, la sélection, l’excellence voire l’élitisme ne sont pas de gros mots.

    La Chine sera ainsi – si tout va bien – la 5e puissance spatiale à avoir lancé avec succès une sonde martienne après les USA, la Russie (ex-URSS), l’Europe (en collaboration avec la Russie) et l’Inde.

    En toute logique, le Japon devrait être la 6e vu que ce sont les 6 grandes puissances spatiales pour ne pas dire les 6 grandes puissances tout court. Qui domine l’espace domine le monde.

    Ce ne sera toutefois que la 2e sonde chinoise car la première, Yinghuo-1, de 110 kg, fut lancée par une fusée ukrainienne Zenit-Fregat en passagère (piggyback) de la sonde Phobos-Grunt le 8 novembre 2011, mission qui s’avéra être un échec en janvier 2012.

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