Livraison express à l’ISS par un Progress

Lundi 9 juillet, un record de vol vers la Station Spatiale Internationale a été réalisé par le cargo Progress MS-09 avec moins de 4 heures entre le décollage et l’amarrage.

Timelapse réalisé par le cosmonaute Oleg Artemyev

Le cargo de ravitaillement a tout d’abord décollé à bord d’une fusée Soyouz depuis le Cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) à 21h51 le 9 juillet.

Décollage de la Soyouz 2.1a emportant le cargo Progress MS-09 pour le ravitaillement de l’ISS (credit Roscosmos)

Le cargo a été séparé du lanceur 9 minutes après le décollage et a commencé très vite son vol autonome avec les déploiements de ses panneaux solaires et de ses antennes de communication.

Amarrage en 2 orbites et 3 heures et 40 minutes

44 minutes après le décollage, un allumage long des moteurs du cargo l’a placé sur une orbite proche de celle de la Station Spatiale Internationale.

Approche du cargo Progress MS-09 photographiée par Sergeï Prokopiev

Le cargo Progress s’est amarré à l’ISS au bout de 2 orbites, soit le 10 juillet à 1h31 UTC, 3 heures et 40 minutes après le décollage, avec 8 minutes d’avance sur le planning !

Les premiers rendez-vous des cargos Progress ou vaisseaux Soyouz prenaient 2 jours pour s’amarrer. Puis en 2012, le premier amarrage d’un Progress a été réalisé en 6 heures et 4 orbites. S’en est suivi le rendez-vous en 4 orbites des vaisseaux habités Soyouz en 2013. Les autres cargos de ravitaillement mettent en général 2 jours pour rejoindre l’ISS.

Roscosmos avait déjà voulu réaliser par 2 fois une tentative d’amarrage « express » mais le décollage avait été reporté [Progress MS-07 et Progress MS-08].

Oleg Artemyev et Sergueï Prokopiev prêts à prendre les commandes du cargo Progress MS-09 en cas de problème lors de l’amarrage automatique (photo via le blog d’Oleg)

Ce rendez-vous rapide en moins de 4 heures a été rendu possible car au moment du décollage, l’ISS se trouvait à environ 595 kilomètres au sud-ouest de Baïkonour. Au moment où le Progress MS-09 a atteint l’orbite, la Station se trouvait à 1 615 kilomètres devant le cargo. Il avait aussi fallu la réhausse de l’ISS le 23 juin dernier.

La Soyouz qui a emporté le 9 juillet le Progress MS-09, photographiée sur le pas de tir n°31 du Cosmodrome de Baïkonour depuis l’ISS par Oleg Artemyev

Le cargo Progress MS-09 amène près de 2 500 kg de ravitaillement à l’ISS dont 530 kg de carburant pour l’ISS, 51 kg d’oxygène (pour compenser l’air qui s’échappe lors de l’ouverture des sas), 420 kg d’eau (seulement 90% à 95% de l’eau est recyclée) et 1 565 kg d’équipements divers dont de la nourriture, des expériences et 2 cubesats russes.

Ouverture de l’écoutille du Progress MS-09. Photo d’Oleg Artemyev

Le cargo Progress MS-09 devrait rester attaché à l’ISS jusqu’à janvier 2019, puis revenir se consumer dans l’atmosphère terrestre avec les poubelles de la Station.

C’est le 3e rendez-vous entre 2 vaisseaux le plus rapide de l’histoire spatiale après le rendez-vous de Gemini 11 et du véhicule cible Agena après 1 heure et 34 minutes de vol en 1966 et celui où les deux véhicules Soyouz sans équipage, Cosmos 186 et Cosmos 188, se sont amarrés 1 heure et 8 minutes après le décollage du dernier le 30 octobre 1967. Le docking des 2 Kosmos était aussi le premier amarrage spatial entièrement automatisé de l’histoire.

Après plusieurs tentatives de rendez-vous « express » de cargos Progress, Roscosmos prévoit d’en faire de même avec des vaisseaux habités Soyouz, voire à terme de faire des amarrages après 1 seule orbite.

 

Une réflexion sur “Livraison express à l’ISS par un Progress

  1. Comme c’est la mi-temps d’Angleterre-Croatie, j’en profite pour vous écrire…

    A noter qu’Alexander Gerst a passé ce matin (mercredi 11 juillet) le cap symbolique des 200 jours dans l’espace, ce en deux vols de longue durée (en tout cas pour le premier), à savoir Soyouz TMA-13M / ISS 40-41 et Soyouz MS-09 / ISS 56-57.

    Il vient de dépasser (depuis une heure environ) la durée cumulée de Leonid I. Popov (qui avait fait 3 vols) et occupe désormais la 85e place dans le classement des hommes (et femmes) de l’espace, la 7e pour les « autres » (ni Russes ou ex-Soviétiques ni Américains ni Chinois) derrière André Kuipers et devant « Sam » Cristoforetti et toujours la 2e pour les Allemands derrière Thomas Reiter.

    A noter aussi de très nombreux changements dans la composition des futurs équipages…

    Décidément, ça change tout le temps !

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