ISS : fin de la mission Beyond de Luca Parmitano

L’astronaute européen Luca Parmitano est rentré ce jeudi 6 février 2020 de la Station Spatiale internationale après une mission de 200 jours.

Expedition 61 Soyuz Landing (NHQ202002060035)
Luca Parmitano quelques minutes après l’atterrissage du Soyouz MS-13 le 6 février 2020 (crédit NASA/Bill Ingalls)

Aller-retour en Soyouz

Luca avait pris place à bord du Soyouz MS-13 le 20 juillet 2019 avec le Russe Alexander Skvortsov et l’Américain Andrew Morgan, et ils étaient arrivés le 21 juillet à l’ISS.

C’est avec le même vaisseau qu’il vient de revenir sur Terre ce 6 février, avec Alexander Skvortsov et Christina Koch.

La capsule Soyouz MS-13 après l’atterrissage (crédit Roscosmos)

L’Américaine a remplacé Andrew Morgan au jeu des changements de rotation d’équipage [à lire dans 328 jours dans l’espace pour une femme : Christina Koch]

L’équipage du Soyouz MS-13 après l’atterrissage : à gauche Christina, Koch, au centre Alexander Skvortsov et à droite, Luca Parmitano (crédit Roscosmos)

 

200 jours dans l’espace et autres records

Alexander Skvortsov et Luca Parmitano ont passé de 200 jours et 16 heures dans l’ISS alors que Christina Koch établissait un record de 328 jours et 14 heures dans l’espace.

Avec cette 2e mission, Luca a passé au total 366 jours dans l’espace, le mettant à la première place des astronautes européens en temps cumulé à ce jour.

La seconde mission de Luca s’appelait Beyond [au-delà], car elle prépare l’exploration humaine et robotique à venir.

Luca est devenu le troisième Européen et le premier Italien aux commandes de la Station spatiale internationale.

Luca Parmitano au bout du bras robotique pendant l’EVA 60 du 22/11/2019 (crédit NASA TV)

Il a effectué quatre sorties spatiales difficiles pour la rénovation du spectromètre AMS-02. Avec ces 4 sorties ajoutées aux 2 effectuées lors de sa première mission, Luca est devenu le recordman européen des heures cumulées en sortie dans l’espace avec 33 heures et 9 minutes.

La mission Beyond a surtout été axée sur la réalisation de plus de 50 expériences européennes. Luca a participé également à plus de 200 expériences internationales.

Astronauts Luca Parmitano and Andrew Morgan
Luca Parmitano et Andrew Morgan (à gauche) lors de la mise en place d’une expérience dans le module européen Columbus de l’ISS (crédit NASA/ESA)

Luca a ramené avec lui à bord du Soyouz, 12 dosimètres de mesure des rayonnements cosmiques de l’expérience Dosis 3D. Ces détecteurs de rayonnement passifs ont cartographié l’environnement de rayonnement dans le laboratoire européen Columbus.

Les rayons cosmiques sont dangereux pour la santé des astronautes, mais endommagent aussi les satellites. Sur Terre, nous en sommes grandement protégés grâce au champ magnétique terrestre. Les astronautes sont exposés à des doses significativement plus élevées sur la Station Spatiale Internationale (et à terme lors des missions lunaires de longue durée) qu’un pilote de ligne [ils reçoivent des radiations ionisantes lors du passage sur les pôles terrestres, là où le champ magnétique est faible] ou un technicien en radiologie.

 

Malgré le retour dans la nuit du 6 au 7 février au centre d’entrainement des astronautes européens, Luca Parmitano n’en a pas tout à fait terminé avec la mission.

Luca Parmitano arrives in Cologne
Retour à Cologne le 6 février, quelques heures après son retour de l’ISS, pour Luca Parmitano (crédit ESA)

Après une multitude d’examens médicaux, il va continuer à participer avec des chercheurs européens sur des expériences, notamment Acoustic Diagnostics, qui étudie l’impact de l’environnement de la Station Spatiale sur l’audition des astronautes [le bruit ambiant de l’ISS est assez élevé, entre 60 et 70 dB selon les moments],

Luca Parmitano exécute « Acoustic Diagnostics », une expérience de l’Agence spatiale italienne (ASI), en coopération avec l’Université de Rome Tor Vergata, pour étudier les effets du bruit de fond de l’ISS sur l’audition des astronautes (crédit ESA)

 

ou bien les deux expériences GRIP et GRASP (Gravitational References for Sensimotor Performance) qui étudie la physiologie derrière la coordination œil-main et le rôle de la gravité dans la régulation de la force de préhension, entre autres.

Luca Parmitano effectue une session GRASP avec un casque de réalité virtuelle pendant une gamme de tâches. Cette expérience cherche à mieux comprendre comment le système nerveux central intègre les informations de différents sens, tels que la vue, le son et le toucher, pour coordonner les mouvements des mains et déterminer le rôle de la gravité (crédit ESA)

L’Expedition 62 a commencé

Désormais, ils ne sont plus que 3 dans l’ISS : Jessica Meir, Oleg Skripochka, le nouveau commandant de la Station, et Andrew Morgan.

Ils devraient être rejoints début avril par les Russes Nikolai Tikhonov et Andrei Babkin et l’Américain Chris Cassidy, le lancement du Soyouz MS-16 étant actuellement prévu le 9 avril.

Poster de l’Expedition 63 : (de gauche à droite) Nikolai Tikhonov, Chris Cassidy, Andrei Babkin (crédit NASA)

Les rotations des équipages à découvrir ici : Futurs équipages de l’ISS

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1 Comment

  1. NB : leur durée de vol dans l’espace pour cette mission est plus exactement de 200 jours 16 heures 44 minutes et 25 secondes, y compris l’aller vers l’ISS et le retour de l’ISS.

    Non seulement Luca Parmitano occupe désormais la première place des astronautes européens mais aussi de tous les « autres », c.a.d. de tous ceux qui ne sont ni Russes (ou ex-Soviétiques) ni Américains. Il devance ainsi Alexander Gerst, Thomas Reiter, Koichi Wakata, Paolo Nespoli, Jean-Pierre Haigneré, Robert Thirsk, André Kuipers, David Saint-Jacques, Samantha Cristoforetti, Frank De Winne et Thomas Pesquet (pour ne citer qu’eux).

    Lors de son retour sur Terre, il occupait la 39e place (sur 562) dans le classement des astronautes (et autres cosmonautes ou taïkonautes… en attendant les gaganautes) pour ce qui est de la durée de vol spatial, vols orbitaux seuls ; sinon, ils sont 574, y compris les vols suborbitaux effectués à plus de 80 km ou de 50 miles (80 466 m).

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