Dragon CRS-18 : un nouveau cargo à l’ISS

Un nouveau cargo de ravitaillement Dragon est arrivé samedi  à la Station Spatiale Internationale. L’astronaute Nick Hague, aux commandes du bras robotique, aidé de Christina Koch, a capturé le vaisseau cargo Dragon à 13h11 GMT samedi 27 juillet.

SpaceX Dragon 18
Christina Koch, Nick Hague et Drew Morgan photographiés dans la Cupola avant la capture du Dragon CRS-18 par Luca Parmitano (credit ESA)

Les contrôleurs au sol ont pris le commandement du bras robotique plus tard samedi pour diriger le vaisseau Dragon vers un port d’amarrage situé sur le module Harmony de la Station Spatiale pour le docking final.

Capture du Dragon CRS-18 le 27/07/2019 (credit NASA)

C’est la troisième fois que ce cargo Dragon vole après les missions CRS-6 en avril 2015 et CRS-13 en décembre 2017, une première !

 

Un décollage 2 jours auparavant

Le cargo avait décollé à bord d’une Falcon 9 le jeudi 25 juillet à 22h01 UTC depuis Cap Canaveral en Floride.

CRS-18 Mission

Décollage Falcon 9 / Dragon CRS-18 le 25/07/2019 (credit SpaceX)

La Falcon 9 présentait une nouveauté

La Falcon 9 arborait une nouveauté lors de ce lancement : une bande grise autour du bas du deuxième étage de la fusée.

Lors d’un lancement pour le ravitaillement de cargos à l’ISS, le deuxième étage est réactivé après le déploiement de la charge utile en orbite afin que l’étage soit désorbité et soit détruit lors de sa rentrée dans les couches denses de l’atmosphère. Pour ce réallumage, il faut que le réservoir de LOX soit correctement refroidi. Le changement de couleur est conçu pour permettre le transfert de chaleur du réservoir LOX vers le réservoir RP-1, en prenant une partie de la chaleur non nécessaire dans le réservoir LOX et en la transférant au réservoir de carburant RP-1 où elle est requise. 

La Falcon 09 du lancement du 25/07/2019 et sa bande grise (credit Mike Deep pour NSF)

Pendant que le Dragon vole …

Pendant que le 2e étage de la Falcon 9 effectuait la mission principale du lanceur et séparait le cargo sur une orbite à 209 km d’altitude à peine 10 minutes après le décollage, le 1er étage effectuait son retour au sol.

Le booster B1056.2, qui effectuait son deuxième vol après celui de la mission CRS-17 en mai dernier, atterrissait avec succès sur la Landing Zone LZ-1 de Cap Canaveral.

C’était la 44e fois qu’un booster était réutilisé et le 24e atterrissage réussi d’un premier étage.

CRS-18 Mission

Atterrissage réussi pour le premier étage de la Falcon 9 le 25/07/2019 (credit SpaceX)

 

Un ravitaillement important pour les futurs vaisseaux américains : IDA-3

Le cargo Dragon CRS-18 a délivré à l’ISS une importante cargaison :

  • Expériences scientifiques:  1 622 kg
  • Fournitures d’équipage:  233 kg
  • Equipements pour les sorties spatiales (parties de scaphandre) :  179 kg
  • Matériel divers :  157 kg
  • Ressources informatiques:  17 kg
  • Dans la soute non pressurisée, le IDA-3 :  534 kg

L’IDA-3 est un nouveau mécanisme d’amarrage international qui sera installé sur le module Harmony lors d’une sortie spatiale le mois prochain. Cet anneau d’amarrage pourra accueillir les vaisseaux habités Crew Dragon et Starliner. IDA-3 a été construit par Boeing pour remplacer le même équipement perdu lors de l’échec du lancement de la Falcon 9 en 2015. SpaceX a livré avec succès l’IDA-2 à la Station en 2016, et ce nouveau mécanisme d’amarrage a été utilisé pour la première fois en mars par le vaisseau spatial Crew Dragon. Une fois IDA-3 installé, cela permettra d’accueillir 2 vaisseaux à la fois.

 

Le troisième adaptateur d’amarrage international (IDA-3), en cours de chargement à l’intérieur du coffre (trunk) non pressurisé du cargo Dragon CRS-18 (Crédit: NASA / Isaac Watson)

Et des expériences

Focus sur quelques expériences (descriptif NASA) :

  • Un habitat transportant 40 souris femelles a également été lancé à l’intérieur du vaisseau spatial Dragon de SpaceX. La capsule reviendra sur Terre après sa mission d’un mois avec 20 souris. Des spécimens de souris seront distribués à des chercheurs en médecine et en biologie pour étudier l’incidence des vols spatiaux sur les muscles, les os, le système immunitaire et les organes des animaux. Les 20 autres souris resteront sur la station afin de subir une exposition plus longue à la microgravité.
  • L’expérience Biorock examine l’interaction entre microbes et roches dans une phase liquide en microgravité. La réduction de la convection thermique en faible gravité et son absence en microgravité minimisent le brassage naturel dans les liquides et les gaz et peuvent restreindre l’apport de nourriture et d’oxygène aux bactéries, entraînant une réduction de la croissance, de la prolifération et des performances minières. La bio-extraction, qui est courante sur Terre, pourrait éventuellement aider les explorateurs sur la Lune ou sur Mars à acquérir les matériaux nécessaires, réduisant ainsi le besoin d’utiliser de précieuses ressources de la Terre et réduisant la quantité de matériel que les explorateurs doivent emporter.
  • L’utilisation d’imprimantes biologiques 3D pour la production d’organes humains utilisables a longtemps été un rêve pour les scientifiques et les médecins du monde entier. Cependant, l’impression des structures minuscules et complexes trouvées à l’intérieur des organes humains, telles que les structures capillaires, s’est avérée difficile à réaliser dans l’environnement de gravité terrestre. L’étude de BioFabrication Facility (BFF), conçue par Techshot, fournit une plate-forme pour tenter d’imprimer des tissus biologiques sur la Station Spatiale. Cette étude pourrait constituer un premier pas vers la capacité de fabriquer des organes humains entiers dans l’espace.
Image avant vol de l’installation de biofabrication (BFF) développée et exploitée commercialement et du processeur d’expérimentation spatiale avancée (ADSEP) (credit NASA)
  • Space Moss compare les mousses cultivées à bord de la station spatiale à celles cultivées sur Terre pour déterminer comment la microgravité affecte la croissance, le développement, l’expression des gènes, la photosynthèse et d’autres caractéristiques. Cette étude pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes de réponse de la mousse à la microgravité, avec des applications potentielles pour que des plantes voient améliorée leur croissance sur Terre et sur les futures bases sur la Lune et sur Mars.
  • Le fabricant de pneus Goodyear Tire and Rubber Co a envoyé une expérience pour étudier la formation de charges de silice, un matériau couramment utilisé dans les pneus grand public, dans l’environnement de microgravité en orbite terrestre. Selon Goodyear, les connaissances acquises grâce à cette expérience aideront les ingénieurs à évaluer les améliorations potentielles apportées au processus de conception de la silice et à la formulation du caoutchouc. Les résultats de l’expérience de la Station Spatiale pourraient entraîner des améliorations de l’efficacité énergétique et d’autres facteurs de performance des pneus, selon Goodyear.

Le cargo Dragon CRS-18 devrait quitter l’ISS le 27 août prochain, ramenant sur Terre des expériences à analyser au sol et du matériel à réparer.

Configuration de l’lSS après l’arrivée du cargo Dragon CRS-18 (credit NASA)

Source principale : spaceflightnow.com et NASA

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