Curiosity, un nouveau forage !

Le rover Mars Science Laboratory (MSL) est sur la planète Mars depuis son atterrissage le 5 août 2012. Curiosity devient alors le plus gros rover jamais construit par l’homme à atterrir sur une planète à ce jour. Il est devenu le 7e objet a atteindre la surface de Mars sans encombres.

Plus de cinq ans sur Mars pour Curiosity

5 ans sur Mars pour le MSL Curiosity (credit NASA/JPL)

La mission a atteint son objectif scientifique principal, le Mont Sharp. Depuis 2012, Curiosity a parcouru un peu plus de 18 km.

Au 9 mars 2018 (sol 1986), voici le chemin emprunté par le rover Curiosity à la surface de Mars, soit 18,31 km. Chaque numéro correspond au Sol (jour martien). Echelle d’environ 1 km (credit NASA/JPL-CALTECH/UNIV. OF ARIZONA)

Mais surtout les différents relevés effectué par Curiosity ont permis de démontrer que Mars a été habitable : de l’eau a coulé à sa surface et des molécules nécessaires à la vie ont été décelées.

En vidéo , un timelapse d’images prises pendant 5 ans par la caméra Hazcam :

Résumé en vidéos (en anglais) :

Enfin un forage depuis décembre 2016

Curiosity est en assez bonne forme pour une mission qui ne devait durer au départ que 2 ans. Quelques dommages à ses roues ont été observés et ont entraîné la modification du chemin qu’emprunte le rover pour ne plus passer sur des escarpements trop rocheux notamment.

Mais le plus grave, c’est l’impossibilité de faire fonctionner la foreuse du rover depuis décembre 2016. Le forage est utilisé pour pulvériser des échantillons de roche en poudre, qui sont ensuite déposés dans deux des instruments de laboratoire de Curiosity, SAM et CheMin [explication dans MSL Curiosity : 3 ans sur Mars !]. Le forage a été effectué 15 fois depuis l’atterrissage mais en décembre 2016, une partie clé de la foreuse a cessé de fonctionner. Le forage a été conçu pour utiliser deux stabilisateurs semblables à des doigts pour se stabiliser contre la roche; un moteur défectueux empêchait le foret de s’étendre et de se rétracter entre ces stabilisateurs.

Depuis les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA ont mis au point une solution de contournement et l’ont longuement testé au sol sur le jumeau du rover.

Ils ont testé cette nouvelle méthode pour la première fois sur la planète rouge le 26 février dernier. Il a produit un trou d’environ un centimètre de profondeur sur une cible appelée Lake Orcadie mais insuffisant pour servir d’échantillon scientifique complet. Ce test a permis de valider que la nouvelle méthode fonctionne mécaniquement. Ce fut juste le premier de ce qui sera une série de tests pour déterminer dans quelle mesure la nouvelle méthode de forage peut récolter des échantillons.

Le rover Curiosity a utilisé une nouvelle méthode de forage pour produire un trou le 26 février dans une cible nommée Lake Orcadie. Le trou marque la première opération de forage du rover depuis qu’un problème moteur est apparu il y a plus d’un an. (Credit NASA/JPL-Caltech/MSSS)

Le robot de la NASA utilise désormais tout son bras pour pousser le foret vers l’avant, le recentrant tout en prenant des mesures avec un capteur de force. Ce capteur a été inclus à l’origine pour arrêter le bras du rover s’il recevait un choc de grande force. Il offre désormais à Curiosity un sens du toucher essentiel, évitant que le foret ne dérive trop latéralement et ne se coince dans la roche.

Comparaison de la méthode de forage avant /après la panne de décembre 2016 (credit vidéo JPL)

Toutefois cette nouvelle méthode empêche l’accès au dispositif CHIMRA (Collection and Handling for In-Situ Martian Rock Analysis) qui tamise les portions de roche prélevée et qui les distribue aux instruments SAM et CheMin du robot. Le JPL a également dû inventer une nouvelle façon de déposer la poudre sans cet appareil.

Sur une photo prise au sol 1637 (15 mars 2017), l’entonnoir de sortie de la chambre d’échantillon attaché au trépan est visiblement aligné avec l’entrée d’échantillon CHIMRA. L’alimentation de forage doit être entièrement rétractée pour que ces deux composants s’alignent et permettent le transfert de l’échantillon foré à partir du semoir dans CHIMRA pour le tamisage, le tronçonnage et la livraison aux instruments d’analyse. Avec la nouvelle méthode de forage, il faut trouver une autre solution. (credit NASA / JPL / Emily Lakdawalla)

La nouvelle solution donne l’impression que Curiosity ajoute de l’assaisonnement, en secouant les grains de la mèche comme s’il ajoutait du sel depuis une saupoudreuse. Ce tapping a été testé avec succès ici sur Terre, mais l’atmosphère et la gravité de la Terre sont très différentes de celles de Mars. Les ingénieurs doivent désormais contrôler si la poudre de roche prélevée sur Mars tombera bien avec le même volume et de manière contrôlée dans les instruments d’analyse.

Source principale de l’article : Curiosity Tests a New Way to Drill on Mars

Retrouvez tous les articles sur Curiosity dans le dossier Exploration de Mars

1 commentaire sur “Curiosity, un nouveau forage !”

  1. Curiosity est-il vraiment devenu le 9e objet a atteindre la surface de Mars sans encombres ? => NDLR : corrigé depuis

    Ce ne fut que le 7e à mon avis (après Viking 1 et 2, Sojourner, Spirit, Opportunity et Phoenix).

    Quels sont donc les deux autres ?

    – Viking 1 le 20/07/76
    – Viking 2 le 03/09/76
    – Mars Pathfinder + Sojourner le 04/07/97 (soit 21 ans après !…)
    – p.m. : MarsExpress + Beagle 2 : échec le 19/12/03
    – MER-A Spirit le 03 ou 04/01/04
    – MER-B Opportunity le 24 ou 25/01/04
    – Phoenix le 25/05/08
    – MSL Curiosity le 06/08/12
    – p.m. : ExoMars + Schiaparelli : échec le 19/10/16.

    A noter qu’aucune sonde russe (ni soviétique) n’a réussi à atterrir correctement sur ce qui est pourtant la planète rouge !…

    NB : la prochaine sonde à se poser sur Mars devrait être InSight. Lancement prévu le 5 mai et atterrissage sur Mars le 26 novembre 2018. Elle atterrira au sein d’Elysium Planitia, un peu au nord de l’équateur de la planète rouge, à environ 600 km du cratère Gale où évolue en ce moment le rover Curiosity.

    (source : Espace&Exploration n° 44, pages 11, 22 et 32-39)

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