Actualités spatiales du 22 au 28 avril : un séisme martien et un cratère

Une semaine sans lancement, mais l’actualité spatiale n’est pas pour autant vide !

 

Premier séisme martien détecté par SEIS

Cette semaine, la NASA et le CNES ont publié différents communiqués sur la première détection d’un potentiel séisme martien par l’instrument SEIS de la mission Insight le 6 avril dernier.

A découvrir dans l’article dédié : SEIS aurait enregistré son premier séisme martien !

 

Des nouvelles de Hayabusa-2

Le 5 avril, la sonde japonaise Hayabusa-2 réalisait une première mondiale en créant un cratère artificiel sur l’astéroïde Ryugu avec un impacteur. Les premières images du cratère ont été dévoilées après des observations effectuées le 25 avril.

A voir ici : Hayabusa-2 : le cratère artificiel dévoilé

Deux images prises par la caméra ONC-T de la sonde Hayabusa-2 : à gauche, le 22 mars 2019 et à droite le 25 avril 2019. En comparant les deux images, les responsables de la mission confirment qu’un cratère artificiel a été créé dans la zone entourée de lignes pointillées. La taille et la profondeur du cratère sont en cours d’analyse. (Crédit image: JAXA, Université de Tokyo, Université de Kochi, Université de Rikkyo, Université de Nagoya, Institut de technologie de Chiba, Université de Meiji, Université de Aizu, AIST)

 

La start-up chinoise Space Transportation entre en jeu

Lundi 22 avril, la start-up Space Transportation, basée à Pékin, a réalisé le premier test du démonstrateur Jiageng-1. Le test semble avoir été un succès.

Décollage de Jiageng-1 (crédit Weibo)

Depuis 2014, le gouvernement chinois autorise les entreprises privées dont il n’est pas actionnaire à se lancer dans le spatial. En moins de cinq ans, c’est toute une floppée de start-up qui se développe : plus d’une centaine, dont 15-20 rien que dans le développement des lanceurs. Cette dernière activité coûte très cher en développement mais, très récemment, la politique du gouvernement a changé en termes de soutien. En 2014, l’Etat était hésitant à soutenir le développement des lanceurs privés et seules quelques start-up comme Landspace, Linkspace, OneSpace ou iSpace, arrivaient à sécuriser suffisamment d’investissements privés pour faire des premiers lancements (ou plutôt tentatives malheureuses). Mais en 2018, voyant que le Newspace chinois s’est bien installé et que plus de 3000 satellites chinois attendent d’être lancés d’ici 2025-2030, le gouvernement encourage ouvertement à soutenir tout acteur privé. L’argent coule à flots et 2018 devient une année record en terme d’investissements privés dans le spatial. Le Newspace chinois est boosté comme jamais et de nouvelles start-up toutes neuves sortent très vite du lot, comme Galactic Energy, Jiuzhou Yunjian et Space Transportation.

La Terre vue depuis une caméra embarquée de la Jiageng-1 (crédit Weibo)

Connu aussi sous le nom de Lingkong Tianxing, la start-up a été crée en août 2018 et a déjà reçu début 2019 plusieurs millions de dollars du fond d’investissement Source Code Capital. Avec de tels moyens, il a suffi de 8 mois depuis sa création pour que Space Transportation développe son démonstrateur et le teste une première fois. Le démonstrateur Jiageng-1 a été développé et testé en coopération avec la Xiamen University. C’est cette dernière qui lui a donné ce profil très aérodynamique.

La Jiageng-1 sur le pas de tir, un profil atypique conçu par la Xiamen University (crédit Weibo)

Le tir a eu lieu au Jiuquan Satellite Space Center, en Mongolie intérieure. Le prototype de 3700 kilos et de 8.7 mètres de haut est monté à 26.2 km, avec une vitesse maximale de 4300 km/h. En redescendant, la Jiageng-1 a déployé un parachute et est retombée doucement au sol, au point prévu, dans le désert de Gobi.

La série Tian Xing, on y voit aussi une version habitée, sans doute pour le tourisme spatial. Pour l’instant, le seul modèle réel est la Jiageng-1 tout à gauche. (crédit Weibo)

La Jiageng-1 dispose d’une paire d’ailettes lui donnant tout de même une envergure de 2.5 mètres. Le test de lundi avait pour but de valider ce modèle aérodynamique inédit pour une fusée, et conçu par la Xiamen University. La Jiageng-1 sert de démonstrateur pour la future fusée orbitale de Space Transportation, la Tian Xing 1. Pourquoi des ailes ? La Tian Xing 1 a pour but d’être réutilisable et de contrôler son retour atmosphérique de façon aérodynamique, et de se poser soit à l’aide d’un parachute, soit avec un train de roues. En fait c’est un peu comme le Spaceship de Virgin Galactic qui largue dans le ciel le vaisseau Unity. Le premier étage de la Tian Xing 1 décolle à la verticale, largue un second étage qui, lui, met le satellite en orbite, puis revient sur terre.

Le scénario d’un vol Tian Xing (crédit Weibo)

 

En bref

  • La sonde BepiColombo qui avait décollé le 20 octobre dernier va bien ! Les tests réalisés depuis le début de l’année ont montré que les instruments scientifiques à bord de l’engin spatial sont en bon état de fonctionnement. Depuis son lancement, BepiColombo a déjà parcouru 450 millions de kilomètres, soit environ 4% de la distance totale. Les équipes d’opérations vont désormais préparer la première manœuvre d’assistance gravitationnelle qui aura lieu l’année prochaine et qui devrait l’amener à survoler la Terre le 13 avril 2020 pour aider la sonde à atteindre son objectif final en 2025.
Les différents modules de BepiColombo (infographie par Airbus)

 

  • Malgré quelques pannes, le télescope spatial Hubble vient de fêter ses 29 ans sur orbite. Résumé en images de ses dernières découvertes :

 

NB : article écrit à 4 mains avec Isabelle.

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1 commentaire sur “Actualités spatiales du 22 au 28 avril : un séisme martien et un cratère”

  1. NB : depuis le 28 avril, Oleg D. Kononenko est devenu le 6e homme de l’espace pour ce qui est de la durée de vol spatial. Dans l’ordre, les dix premiers sont désormais Padalka, Malenchenko, Krikalyov, Kaleri, Avdeyev, Kononenko, Polyakov, Yurchikhin, Peggy A. Whitson (1ère femme et 1er / 1ère US) et Anatoliy Ya. Solovyov. Il devrait conserver cette 6e place jusqu’à la fin de sa mission actuelle mais il sera alors tout proche de la durée atteinte par Avdeyev (745 jours environ).

    Comme on peut le constater, il y a une très nette domination, en ce domaine, des Russes et autres ex-soviétiques, et ce d’autant plus que les Américains et « autres » dépendent toujours – et dépendront encore longtemps vu l’explosion récente d’un Dragon de SpaceX – des vaisseaux Soyouz pour effectuer des vols de longue durée à bord de l’ISS.

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