L’actualité spatiale du 29 octobre au 4 novembre : CFOSAT, Long March, H2A, Soyouz et fin de missions

Une semaine très très riche. Mon récap est en retard pour cause de Rencontres Ciel et Espace, 3 jours de conférence à Paris (à retrouver sur Twitter)

Une mission franco-chinoise pour l’étude des vents et des vagues océaniques

Lundi 29 octobre à 0h43 UTC, une Long March 2C a décollé à depuis le centre de lancement des satellites de Jiuquan avec à son bord le premier satellite issu d’une collaboration franco-chinoise.

Décollage Long March 2C / CFOSAT le 29/10/2018 (credit CASC)

CFOSAT, China-France Oceanography SATellite, étudiera le vent et les vagues à la surface des océans pendant au moins 3 ans. Le satellite développé conjointement par le CNES et l’agence spatiale chinoise CNSA  va orbiter à 520 km d’altitude.

Il est équipé de 2 instruments radar : le français SWIM (Surface Waves Investigation and Monitoring), développé et réalisé par Thales Alenia Space, pour surveiller la longueur, la hauteur et la direction des vagues océaniques et le chinois SCAT (wind SCATterometer) pour caractériser les vents marins. Ces 2 caractérisations simultanées sont une première scientifique.

Infographie sur CFOSAT (credit CNES)

La France fournit aussi une partie du sous-système bande X pour transmettre les mesures SWIM et SCAT au sol ainsi qu’un centre de mission. Les données du satellite seront à la fois envoyées en Chine et en France, notamment à l’IFREMER à Brest. Ensuite ces données devraient permettre d’améliorer les modèles de prévisions météorologiques de Météo France pour les risques de submersion par exemple.

D’autres satellites étaient co-passagers de ce lancement : BSUSat-1, premier satellite étudiant biélorusse, destiné à tester la propulsion, les systèmes de communication et la collecte de données, et à transmettre des signaux radio auxquels les étudiants peuvent accéder à l’aide d’une clé USB, et 6 cubesats chinois.

Un satellite japonais pour étudier le changement climatique

La fusée japonaise H2-A a réalisé le 6e lancement japonais de l’année le lundi 29 octobre. Après un décollage réussi à 4h08 UTC depuis le Centre spatial de Tanegashima , la charge utile principale a été séparée à T0+16 minutes.

Décollage H2A / Ibuki-2, KhalifaSat et 3 petits satellites le 29/10/2018 (crédit JAXA)

Le satellite Ibuki 2, ou GOSAT-2, pour Greenhouse Gases Observing Satellite, va collecter des données sur le dioxyde de carbone et d’autres gaz supposés être liés au réchauffement climatique sur une orbite à 612 km d’altitude. Ibuki-2, remplaçant Ibuki-1 lancé en 2009, dispose de capteurs capables de séparer le dioxyde de carbone naturel du CO2 généré par les activités industrielles. L’objectif du GOSAT-2 est de mesurer le dioxyde de carbone à 0,5 ppm (1 ppm équivaut à 0,0001%) et le méthane à 5 ppb (1 ppb équivaut à 0,001 ppm ou 0,0000001%) sur un maillage de 500 km. 

Le satellite Ibuki-2 lors de sa préparation au lancement (credit JAXA)

Puis à T0+24 min environ après le décollage, ce fut au tour des charges utiles secondaires :

Première image acquise par KhalifaSat, résolution de 70 cm (credit Mohammed bin Rashid Space Centre)

 

  • Diwata 2B, un satellite philippin de 56 kg équipé de caméras optiques, d’un télescope imageur terrestre et d’une charge utile de radio amateur
  • Ten-Koh, un satellite japonais de 23 kg qui collectera des données sur l’environnement de l’orbite terrestre basse et dressera un tableau de la dégradation des matériaux des satellites. Le satellite mesurera le rayonnement, la densité de flux magnétique et la densité électronique pour une mission d’une durée minimale de six mois.
  • AUTcube 2, un cubeSat 1U japonais qui testera les technologies de communication optique, les caméras d’imagerie de réalité virtuelle, conduira des expériences d’interférence électromagnétique et testera des techniques pour les futures capacités de communication dans l’espace lointain.
  • STARS-AO, un cubeSat 1U japonais qui fera la démonstration d’observations astronomiques à l’aide d’un télescope miniature ultra-sensible.

L’un des 2 panneaux solaires d’IBUKI-2 capturé par ses caméras embarquées après déploiement (credit JAXA)

Soyouz continue de décoller

Nouveau lancement réussi pour une Soyouz 2.1b. C’est le 2e lancement réussi d’une Soyouz depuis l’accident du 11 octobre.

Décollage Soyouz / Glonass le 3/11/2018 (credit Roscosmos)

Le décollage a eu lieu depuis le Cosmodrome de Plesetsk le 3 novembre à 20h17 UTC avec un satellite de navigation Glonass-M, ou Uragan-M n°757, le 48e satellite Uragan-M et le 137ème satellite GLONASS au total. Il rejoindra la constellation composée de 27 satellites, dont un Glonass-K de nouvelle génération en cours de test en vol et un Glonass-M en cours de maintenance. Il remplace très probablement un satellite devenu hors service.

Et encore un satellite de navigation chinois

Une Long March 3B a décollé jeudi 1er novembre à 15h57 UTC depuis le centre de lancement des Satellites de Xichang avec à son bord un satellite de navigation BeiDou. Ce qui constitue le 32e lancement de l’année pour la Chine !

Décollage Long March 3B / Beidou le 01/11/18 (credit CALT)

Ce 16e satellite de navigation BeiDou de 3e génération ne rejoindra toutefois pas la majorité des autres satellites en orbite moyenne, mais opérera sur une orbite géostationnaire. En effet, le système chinois complet comportera à terme 27 satellites MEO situés à environ 22 000 km d’altitude, 5 en orbite géostationnaire et 3 autres en orbite géosynchrone inclinée à 35 786 km, offrant une couverture  mondiale avec une précision de positionnement de 2,5 mètres.

En complément des services de navigation, le satellite est doté d’un système d’augmentation spatial (SBAS) et d’un service amélioré de détermination des radiocommunications par satellite permettant de fournir des services de messages courts.

La Chine a encore prévu au moins 3 lancements d’ici la fin de l’année, dont encore 2 satellites BeiDou.

Et comme toujours, les étages du lanceur finissent par retomber sur le sol, et selon les autorités, sans dommages majeurs :

Débris du lanceur Long March 3B du 1/11/18 sur le comté de Zhenyuan, à environ 400 km de la base de lancement de Xichang (credit Weibo)

Fin de mission pour Dawn

La NASA a déclaré jeudi 1er novembre la fin de la mission Dawn. Le satellite à court de carburant est devenu silencieux. En effet, le système de propulsion était essentiel pour Dawn pour contrôler le pointage de son antenne vers la Terre. Dawn a été lancé en 2007 avec pour mission d’étudier Vesta et Ceres, les deux plus grands objets de la ceinture d’astéroïdes situés entre Mars et Jupiter.

Dawn a visité l’astéroïde Vesta et la planète naine Ceres. Cette image montre la géologie des 2 corps et leur concentration en hydrogène déterminée à partir des données acquises par l’instrument de détection à rayons gamma et neutrons (GRaND) à bord de la sonde (Credit: NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA/PSI)

Je reviendrai sur cette mission dans un article à venir. Pour patienter, relisez les articles du blog : #Dawn

Kepler, c’est fini

Après 9 ans de mission, à court de carburant, le télescope spatial Kepler a terminé d’observer les étoiles. Il aura permis la découverte de près de 2 600 exoplanètes, confirmant que chaque étoile possède au moins 1 à 2 planètes en orbite autour d’elle.

Vue d’artiste du télescope spatial Kepler en orbite (credit NASA)

Je reviendrai sur cette mission dans un article à venir.

Résultats de l’enquête de l’accident du Soyouz MS-10

Les conclusions des investigations sur l’échec de la mise sur orbite du vaisseau Soyouz MS-10 le 11 octobre ont été rendues publiques cette semaine. A (re)lire ici : Accident du Soyouz MS-10 : résultats de l’enquête

Une réflexion sur “L’actualité spatiale du 29 octobre au 4 novembre : CFOSAT, Long March, H2A, Soyouz et fin de missions

  1. NB : Ibuki = Respiration ou Vitalité.

    NB : à mon avis, le plus grand événement de cette année, dans le domaine qui nous intéresse ici, à savoir l’astronautique, est le fait que la Chine soit devenue la première puissance spatiale mondiale, du moins en ce qui concerne le nombre de lancements, devant les Etats-Unis (ou Désunis ?…). Avec toutefois un bémol dans la mesure où elle n’a effectué aucune mission habitée depuis la fin 2016. La prochaine est prévue pour 2020.

    En début d’année, on annonçait la constitution prochaine d’un nouveau groupe de taïkonautes (ou taikongren ou yuangyuan) ; on l’attend toujours. Deux autres groupes sont en cours de formation, en Inde et au Japon.

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