L’actualité spatiale du 19 mars : Soyouz et ISS, Picsat et Humanity star

Une semaine encore calme côté lancement avec 1 seul décollage, mais un vol habité vers l’ISS. Quelques nouvelles de petits satellites aussi.

Perte de contact avec Picsat

Parmi les 31 satellites lancés par une fusée PSLV en janvier dernier, il y avait le cubesat 3U français PICSAT, développé à l’Observatoire de Paris.

Intégration du nanosatellite PicSat à l’Observatoire de Paris (credit LESIA/Observatoire de Paris/PSL/Maarten Roos)

Ce mini-télescope (5cm de diamètre) pour l’étude en continu de l’étoile Beta Pictoris ne répond malheureusement plus. Le contact a été perdu avec le cubesat depuis le 20 mars par l’observatoire de Paris.

Les radioamateurs de par le monde ne reçoivent plus aucun signal également.

Cela semble mal en point pour la mission d’observation du transit de l’exoplanète Beta-Pictoris-b devant son étoile pour en savoir plus sur cette planète de la taille de Jupiter.

Un nouvel équipage pour l’ISS

Trois nouveaux astro/cosmonautes ont rejoint l’ISS vendredi 23 mars après un décollage 2 jours avant à bord du Soyouz MS-08.

A (re)lire ici : ISS : Expedition 55 c’est parti

Décollage du Soyouz MS-08 le 21/03/2018 et Expedition 55 au complet dans l’ISS (credit Roscosmos / NASA)

Humanity Star, fin d’un satellite caché et controversé

Humanity Star est un satellite lancé clandestinement le 21 janvier à bord d’Electron, le nouveau lanceur de l’entreprise privée Rocket Lab. A l’époque, seulement 3 satellites avaient été annoncés comme charges utiles du lanceur. Toutefois, des objets supplémentaires avaient été catalogués par l’organisme américain de suivi des objets spatiaux. Rocket Lab avait alors déclaré que la société publierait ensuite des informations sur les charges utiles supplémentaires transportées lors du lancement. L’un des 2 objets s’est avéré être un étage supérieur de lanceur (Electron n’avait été annoncé n’être qu’un lanceur à 2 étages et non 3), le second était Humanity Star.

L’étage supérieur du second vol d’Electron au moment de sa séparation (credit Rocket Lab)

L’ « Étoile de l’Humanité » est une sphère géodésique d’un mètre de diamètre, faite de fibre de carbone avec 76 panneaux hautement réfléchissants, et pèse environ 10 kg. Humanity Star a été conçue par le CEO de Rocket Lab, Peter Beck, pour « être un symbole temporaire dans le ciel nocturne pour encourager tout le monde à lever les yeux, à réfléchir à la place de l’humanité dans l’univers et réfléchir à la façon de travailler ensemble comme une seule espèce pour résoudre les défis auxquels nous sommes tous confrontés« , comme cela est décrit sur le site officiel.

Le CEO de Rocket Lab, Peter Beck, avec Humanity Star (credit Rocket Lab)

Malheureusement, pour beaucoup d’astronomes professionnels notamment, cet objet réfléchissant la lumière du Soleil est un objet lumineux de plus dans le ciel nocturne, une pollution supplémentaire qui empêcherait certaines observations astronomiques. D’autres personnes ont surtout peur que l’espace devienne le lieu de déploiement d’objets publicitaires plus ou moins éphémères. L’artiste plasticien Trevor Paglen, à travers un financement participatif et en collaboration avec le Nevada Museum of Art, pourrait bientôt lancer le premier satellite envoyé « comme un geste purement artistique ». Appelé Orbital Reflector, c’est un ballon qui se gonfle à partir d’un cubesat. Son lancement serait prévu à bord d’une fusée Falcon 9 d’ici l’été.

Le ballon « Orbital Reflector » de l’artiste Trevor Paglen en collaboration avec le Nevada Museum of Art (credit site Orbital Reflector)

Humanity Star a été conçue dès le départ pour avoir une durée de vie orbitale courte car placée sur une orbite elliptique de faible périgée (300 x 500 km), son altitude a chuté à chaque passage au périgée (point le plus bas de l’orbite), subissant une traînée atmosphérique significative. Toutefois, la sphère s’est trouvée détruite plus tôt que prévu. En effet, Humanity Star s’est consumée dans l’atmosphère terrestre le 23 mars. Selon le Jspoc, un organisme américain de suivi des orbites des objets spatiaux, cela s’est passé à 13h15 UTC ± 29 min, vers le point 14 N, 61.8 E, donc au-dessus de l’Océan Indien, au sud de la péninsule arabique.

En attendant un nouvel objet artistique dans l’espace, levez les yeux au ciel, observez la Lune et regardez les passages de l’ISS au-dessus de chez vous [Observez l’ISS depuis le sol : mode d’emploi].

En bref

Cette semaine, l’ESA a annoncé le nom de sa 4e future mission scientifique de classe moyenne : ARIEL pour Atmospheric Remote‐sensing Infrared Exoplanet Large‐survey (Exoplanète infrarouge de télédétection atmosphérique). Ce satellite qui sera lancé mi-2028 aura pour mission d’observer des exoplanètes chaudes, des super-Terres aux géantes gazeuses, pour voir les premiers stades de la formation planétaire et atmosphérique et leur évolution ultérieure, et ainsi mieux comprendre aussi la formation de notre Système Solaire.

ARIEL rejoint les missions de classe moyenne Solar Orbiter, Euclid et PLATO. A découvrir un jour sur le site !

Image d’artiste d’une exoplanète chaude devant son étoile (Credits: ESA/ATG medialab, CC BY-SA 3.0 IGO)

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