L’actualité spatiale de la semaine du 10 avril : Retour Soyouz MS-02, Long March 3B, et annonce sur les lunes glacées

Des actualités variées en cette semaine du 10 avril.

Retour sur Terre pour 3 astronautes

Après 173 jours en orbite terrestre à bord de la Station Spatiale Internationale, Shane Kimbrough, Sergey Ryzhikov et Andrey Borisenko sont revenus sur Terre ce lundi 10 avril. Ils avaient pris place à bord du vaisseau Soyouz MS-02 qui les avait amenés à l’ISS le 19 octobre 2016 un peu plus tôt dans la journée. Le vaisseau s’était désamarré de l’ISS à 7h57 UTC. L’atterrissage a eu lieu dans les plaines kazakhes à 11h21 UTC.

Le Soyouz MS-02 en descente sous parachute pour le retour sur Terre de Shane Kimbrough, Sergey Ryzhikov et Andrey Borisenko le 10/04/2017 (credits Roscosmos)

La capsule Soyouz MS-02 juste après l’atterrissage (credits Roscosmos)

Après un peu plus de 5 mois et demi en orbite et 2 768 rotations autour de la Terre, les 3 astronautes semblaient en bonne santé après leur atterrissage malgré une plus ou moins difficile réadaptation à la gravité terrestre qui les attend.

Après 173 jours en orbite terrestre à bord de la Station Spatiale Internationale, Shane Kimbrough, Sergey Ryzhikov et Andrey Borisenko sont revenus sur Terre le 10/04/2017 (credits Roscosmos)

Désormais, ils ne sont plus que 3 dans l’ISS,Oleg Novitskiy, Thomas Pesquet et l’actuelle commandante de la Station, Peggy Whitson. Mais cela sera de courte durée avec l’arrivée le 20 avril d’un nouveau duo [lire Un cargo Cygnus et un duo d’astronautes attendus à l’ISS].

Toutes les photos de la NASA de l’atterrissage : https://flic.kr/s/aHskXDVsrZ

Résumé en vidéo par la NASA :

Reprise des lancements chinois

Le 12 avril, la Chine a repris ses lancements : une Long March 3B a décollé le 12 avril à 11h04 UTC depuis Xichang.

Lancement Long March 3B / Shijian-13 (ChinaSat-16) le 12/04/2017 (credits Xinhua/Ye Lefeng)

Le satellite séparé 26 minutes après le lancement, est dénommé Shijian-13 ou ChinaSat-16 selon les sources. Il est le premier satellite de télécommunications à très haut débit (HTS, jusqu’à 20 Gbps) et est équipé de la propulsion électrique pour la mise à poste et surtout le maintien à poste (termes techniques pour désigner le transfert depuis l’orbite de transfert géostationnaire vers l’orbite géostationnaire, orbite circulaire à 36000 km d’altitude, et le maintien du satellite sur cette orbite).

Le satellite couvrira l’ensemble du territoire chinois, ainsi que la région Asie-Pacifique. Il fournira des services multimédia et la connectivité Internet avec un accent particulier sur les services aéronautiques et maritimes, ainsi que pour les trains à grande vitesse de la Chine. Les services fournis par le satellite seront utilisées pour l’enseignement à distance et la télémédecine, reliant les régions éloignées du pays. Le satellite emporterait également un terminal de communication laser (du style de l’EDRS européen)  mais peu de détails à ce sujet.

Une habitabilité sur la lune glacée Encelade ?

Le 13 avril, la NASA annonçait une découverte au sujet d’une des lunes de Saturne : Encelade. Avec les données de la sonde Cassini, les scientifiques pensent qu’Encelade possède un réservoir d’environ 10 km de profondeur sous un manteau de glace de 30 à 40 km d’épaisseur . Des geysers ont été observés et les dernières données faisant l’objet d’une récente publication révèlent la présence à 98% d’eau, 1% d’hydrogène et le reste est un mélange de dioxyde de carbone, de méthane et d’ammoniac, dans ces jets puissants qui proviennent de fissures profondes. Ce qui est nouveau, c’est qu’il est désormais établi que l’hydrogène d’Encelade est produit au sein d’un mécanisme sous-marin. Il y a donc un phénomène d’hydrothermalisme.

Ce graphique illustre comment les scientifiques de Cassini pensent que l’eau interagit avec le noyau au fond de l’océan de la lune glacée de Saturne, Encelade, produisant de l’hydrogène gazeux (credits NASA/JPL-Caltech)

La vie que nous connaissons exige plusieurs ingrédients: l’eau liquide primaire; source d’énergie pour le métabolisme, du carbone, de l’hydrogène, de l’azote, de l’oxygène, du phosphore et du soufre. Avec ses observations, la sonde Cassini a montré qu’Encelade a presque tous ces ingrédients pour l’habitabilité. Cassini n’a pas encore montré si le phosphore et le soufre sont présents dans l’océan, mais les scientifiques le soupçonnent, puisque le noyau rocheux d’Encelade est considéré comme chimiquement similaire aux météorites qui contiennent les deux éléments.

Pour Europa, l’une des lunes de Jupiter, les observations d’Hubble montrent un grand jet de matière, de 100 km d’altitude, au même endroit qu’observé en 2014 (un jet d’une cinquantaine de km). Ces images confortent la preuve que les geysers d’Europa pourraient être un phénomène réel intermittent. Les deux correspondent à l’emplacement d’une région exceptionnellement chaude qui contient des caractéristiques qui semblent être des fissures dans la croûte glacée de la lune, vues dans les années 1990 par la sonde Galileo. Les chercheurs pensent que, comme Encelade, cela pourrait être la preuve de l’eau jaillissant de dessous la croûte glacée de la lune.

Ces images composites montrent un panache présumé de matériel en éruption à deux ans d’intervalle au même endroit sur Europa, une lune glacée de Jupiter. Les deux jets, photographiés à la lumière UV par Hubble, ont été vus en silhouette alors que la lune passait devant Jupiter. (Crédits: NASA / ESA / STScI / USGS)

A lire aussi : Encelade, une lune de Saturne habitable ? par la Cité de l’espace et Des volcans sous-marins sur Encelade? par Ciel et Espace

Remplacement d’une vitre de la Cupola de l’ISS

La Cupola est la plus grande « fenêtre » de la Station Spatiale sur la Terre. Les astronautes prennent régulièrement des clichés depuis cet observatoire, mais elle est aussi utilisée pour la manoeuvre d’arrivée des cargos Cygnus, Dragon et HTV. La Cupola est une réalisation européenne de Thales Alenia Space, pour le compte de l’ESA, installée en février 2010.

Thomas Pesquet dans la Cupola de l’ISS photographié par Oleg Novitskyi (credits NASA / ESA)

Le 15 avril, les astronautes ont remplacé l’une des fenêtres intérieures de la Cupola, celle du dessus, la n°7. Elle commençait à être trop endommagée selon les astronautes qui ont demandé son remplacement.

Les 7 fenêtres constituant la Cupola (credits NASA/ESA)

Les fenêtres sont constituées de quatre couches : une couche interne pour protéger le panneau de pression contre les dommages accidentels, deux plaques de pression de 25 mm d’épaisseur pour maintenir la pression de la cabine, et enfin un volet de débris externe.

Constitution d’une fenêtre de la Cupola (Credits NASA/ESA)

Le remplacement de la couche interne a pu donc se faire sans sortie spatiale et sans perte de pression dans l’ISS.

 

Et pour finir, une nouvelle que j’avais oublié la semaine précédente :

New Horizons mise en sommeil

Cette hibernation permet de réduire les coûts de suivi de New Horizons à la NASA. Seul l’ordinateur de bord reste actif afin d’enregistrer certaines données à bord sur l’état de santé de la sonde. Toutefois les scientifiques préparent activement le rendez-vous de 2019.

Trajectoire de New Horizons de la NASA vers sa prochaine cible potentielle, l’objet de la ceinture de Kuiper « 2014 MU69″ou « PT1 » (Potential Target). (Crédits: NASA / JHUAPL / SwRI / Alex Parker)

Tout savoir ou presque sur New Horizons : #NewHorizons

Et pour finir, le recap de Stardust :

Une réflexion sur “L’actualité spatiale de la semaine du 10 avril : Retour Soyouz MS-02, Long March 3B, et annonce sur les lunes glacées

  1. La mission Soyouz MS-02 / ISS 49-50 a duré très exactement 173 jours 3 h 15 mn 21 s. C’est, d’après mes calculs, la 52e mission spatiale pour ce qui est de la durée. Le nombre d’orbites effectuées varie de 2 694 (spacefacts.de) à 2 768 (spaceflightnow.com, wikipedia… et reves-d-espace.com, entre autres).

    A l’issue de cette mission, Borisenko, Kimbrough et Ryzhikov occupent respectivement les 41e, 87e et 106e places parmi les 549 astronautes, cosmonautes et autres taïkonautes ayant effectué des vols orbitaux (compte tenu de leurs trois collègues actuellement dans l’espace). Le 550e devrait être Jack Fischer.

    A noter que cette mission ne devait durer à l’origine « que » 130 jours environ.

    Ils devraient donc être 5 (nombre inhabituel) à bord de l’ISS à compter du 20 avril.

    A noter que, le 24 avril, Peggy Whitson deviendra la… et le n° 1 des astronautes US pour ce qui est de la durée dans l’espace, devant le recordman actuel, Jeff Williams.

    A noter que la NASA et RKA (Roscosmos) ont décidé récemment de poursuivre l’exploitation de l’ISS jusqu’en 2028 au lieu de 2024.

    La Russie envisage toujours, bien entendu, de posséder sa propre station spatiale vers 2024 mais, selon une décision du 28 mars 2015, les USA pourraient y être associés tout comme c’est le cas actuellement avec l’ISS.

    Quant à la Chine, elle disposera également d’une station spatiale à cette époque. Ce sera Tiangong-3 qui devrait être opérationnelle en 2022 et pourrait accueillir 6 taïkonautes, soit autant que le nombre d’astronautes ou cosmonautes normalement à bord de l’ISS.

    Si tout se passe comme prévu, il y aura donc à cette époque 12 hommes (et femmes) en permanence dans l’espace : 6 Chinois, 2 ou 3 Russes, 2 ou 3 Américains et 1 ou 2 « autres » (Européens, Japonais, Canadiens et autres), voire un peu plus si les Indiens s’y mettent aussi. Mais on n’en est pas encore là, ce sera lors d’un futur quinquennat !…

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