Objectif rempli pour Orion EFT-1 : un pas de plus vers une nouvelle exploration spatiale humaine

Le vol d’essai de la nouvelle capsule habitée ORION, surnommée EFT1 (Exploration Flight Test 1) s’est déroulé a priori sans encombre. La NASA et les différents participants à cette mission dont Lockheed Martin, le fabricant de la capsule Orion, vont exploiter dans les semaines et mois à venir tous les paramètres de ce vol inaugural d’une nouvelle ère pour l’exploration spatiale humaine. (voir article précédent sur Orion : premier test grandeur nature pour le nouveau véhicule d’exploration spatiale habité de la NASA EFT1)

Le vol était initialement prévu le 4 décembre, mais a du être reporté de 24 heures en raison de nombreux arrêts dans la chronologie qui ont fait dérapé le tir hors de la fenêtre de lancement (détails dans l’article sur developpement-orion.over-blog.com).

Delta IV Heavy /Orion le 4 décembre sur son pas de tir (Photo credit: NASA/Bill Ingalls)

Delta IV Heavy /Orion le 4 décembre sur son pas de tir (Photo credit: NASA/Bill Ingalls)

Finalement, la fusée Delta IV Heavy a décollé de Cap Canaveral vendredi 5 décembre à 13h05 UTC :

Vidéo sous différents angles de vues : 

1 minute et 25 secondes après le début du lancement, la Delta IV Heavy passait le mur du son (Mach 1). A T + 3:56, il y a eu séparation des 2 boosters latéraux. La fusée a ensuite atteint Mach 5.

A T + 6:15, les 3 panneaux de protection de 4×4,3m du (faux) Module de Service d’Orion ont été séparé, puis 5 secondes plus tard, c’était au tour du LAS (Launch Abort System) et des panneaux protégeant le Crew Module (module devant accueillir à terme un équipage de 4 astronautes). Une étape à haut risque mais brillamment passée.

Séparation des panneaux de protection du Module de Service d'Orion EFT1 (source NASATV)

Séparation des panneaux de protection du Module de Service d’Orion EFT1 (source NASA TV)

Le moteur du 2e étage de la Delta IV a amené Orion sur une orbite 185 x 888 – 28.8° pour une orbite souhaitée de 198.5 x 878.3 km, inclinaison 28.811°, donc un peu moins elliptique que prévu.

Orion a ensuite fait 1 orbite complète autour de la Terre, puis à T+1h55, le moteur de l’étage supérieur a été réallumé pour augmenter le périgée de l’orbite, amenant Orion à 5800 km d’altitude à 15h11 UTC.

Les caméras à bord d’Orion nous ont offert de belles images de la Terre.

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Puis Orion est retombé vers la Terre en accélérant jusqu’à une vitesse de 32 000 km/h.

A T+3h23 (15h28 UTC), le Module de Service devenu inutile a été séparé du Crew Module. A partir de 16h18 UTC, le bouclier du Module de Service a joué son rôle de protection, car un plasma de près de 2200°C s’est formé à l’extérieur à cause des frottements de l’atmosphère, pour ralentir le Module à 480 km/h.

Puis le compartiment à parachutes s’est ouvert pour laisser s’échapper 2 premiers parachutes pour ralentir davantage le Module jusqu’à 160 km/h. Puis 3 autres parachutes ont pris le relais pour l’amerrissage dans l’Océan Pacifique à 16h29 UTC.

Le Crew Module a ensuite été récupéré par les bateaux de l’US Navy qui ont été déployés sur zone.

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Vidéo depuis un navire de l’US Navy

Infographie du vol d'essai d'ORion EFT1 (Credit : Gary Schroeder)

Infographie du vol d’essai d’Orion EFT1 (Credit : Gary Schroeder)

La capsule est destinée à être habitée mais pour des raisons de sécurité pour ce premier vol, il n’y avait pas d’humains à bord mais de nombreux capteurs et enregistreurs de vol, et aussi une figurine Star Trek « Capitaine Kirk », un jeton Marvel « Iron Man », Slimey le ver de Sesame Street, et un Tyrannosaurus Rex  et une partie de combinaison spatiale lunaire Apollo, entre autres choses.

Collection d'objets de culture pop, des illustrations et des objets historiques ont été emballés à bord de la sonde Orion de la NASA pour son premier vol d'essai. (source CollectSPACE)

Collection d’objets de culture pop, des illustrations et des objets historiques ont été emballés à bord de la sonde Orion de la NASA pour son premier vol d’essai. (source CollectSPACE)

Les jouets et les objets emballés à bord de l’Orion continuent une longue tradition qui remonte aux premiers jours des vols habités américains, lorsque les astronautes transportaient de petits bibelots pour leurs familles, les amis, et les équipes qui contribuaient à rendre leurs missions possibles.

Lockheed Martin, le constructeur d’ORION, a voulu sensibiliser le public sur l’EFT-1 en emmenant ces objets. William Shatner, l’un des acteurs principaux de Star Trek, a fourni la figurine numérotée du capitaine Kirk pour  stimuler les générations futures à propos des voyages dans l’Espace. Le réalisateur d’Iron Man 1 et 2, Jon Favreau, a offert la pièce « Iron Man » pour représenter l’ingénierie, de la technologie et de vol.

La figurine du Capitaine Kirk et la carete d'enregistrement de William Shatner (source CollectSPACE)

La figurine du Capitaine Kirk et la carte d’enregistrement de William Shatner (source CollectSPACE)

 Autres éléments de science-fiction célèbres à bord, des photographies signées de l’actrice Claudia Wells de »Retour vers le futur » et une voiture Delorean.

L'actrice Claudia Wells' de "Back to the Future" a dédicacé des photos autographed photos et la voiture  miniature Delorean emportées à bord de l'Orion EFT-1. (source EIC - CollectSPACE)

L’actrice Claudia Wells’ de « Back to the Future » a dédicacé des photos autographed photos et la voiture miniature Delorean emportées à bord de l’Orion EFT-1. (source EIC – CollectSPACE)

Pour sensibiliser les plus jeunes, des personnages de l’émission de télévision pour enfants «Sesame Street» ont également fait partie de l’équipage : le ver Slimey, qui a déjà volé vers la lune dans le cadre de l’émission de télévision, le canard en caoutchouc de Ernie, le cookie de Cookie Monster et la cape de Grover.

Des techniciens emballent le cookie de Cookie Monster et autres objets de Sesame Street pour voler dans l'espace à bord de l'Orion EFT-1. (NASA)

Des techniciens emballent le cookie de Cookie Monster et autres objets de Sesame Street pour voler dans l’espace à bord de l’Orion EFT-1. (NASA)

Le Musée de la Nature et des Sciences de Denver, situé près de la division des systèmes spatiaux de Lockheed Martin dans le Colorado, a prêté une partie d’un Tyrannosaurus Rex. Le fossile préhistorique « fera le vol comme un rappel des nombreuses vies que la Terre a vu au cours de son existence » selon le site Internet de la NASA.

Le tuyau d’oxygène de la combinaison Apollo, est en fait un équipement de rechange qui n’a pas volé dans l’espace avant cette mission, et a été prêté par le Smithsonian Air and Space Museum de Washington DC. Il est accompagné d’un petit échantillon de sol lunaire dont la NASA dit qu’il sera utilisé pour inspirer les élèves vers des domaines scientifiques et techniques.

Un tuyau d'oxygène d'une combinaison Apollo (source CollectSPACE)

Un tuyau d’oxygène d’une combinaison Apollo (source CollectSPACE)

Il y a aussi tout un assortiment de pins, pièces qui seront donnés aux équipes ayant participé à l’EFT-1, et à des écoles.

Les médailles de Lockheed Martin sont inscrits avec la phrase latine "Cum Spiritus Novus, Itur Ad Astra". Traduction : "Avec un esprit renouvelé, nous irons vers les étoiles." (source CollectSPACE)

Les médailles de Lockheed Martin sont marquées avec la phrase latine « Cum Spiritus Novus, Itur Ad Astra ». Traduction : « Avec un esprit renouvelé, nous irons vers les étoiles. » (source CollectSPACE)

Pour compléter la charge utile commémorative d’Orion EFT-1, une puce avec les noms de plus de un million de personnes qui ont signé pour faire partie du programme de la NASA « Journey to Mars ». La campagne en ligne a recueilli 1379961 noms de plus de 200 pays sur des cartes d’embarquement numériques (dont mon nom !)

orion boarding pass

Source principale des informations et des photos sur les objets transportés : http://www.collectspace.com

2 réflexions sur “Objectif rempli pour Orion EFT-1 : un pas de plus vers une nouvelle exploration spatiale humaine

  1. Lire : Le vol était initialement prévu le 4 décembre, mais a dû (pas  »du ») être reporté de 24 heures en raison de nombreux arrêts dans la chronologie qui ont fait déraper (pas  »dérapé ») le tir hors de la fenêtre de lancement. (rappel)

    Lire : Il y a aussi tout un assortiment de pins, pièces qui seront données (pas  »donnés ») aux équipes ayant participé à l’EFT-1 et à des écoles. (rappel)

    Lire : Pour compléter la charge utile commémorative d’Orion EFT-1, une puce avec les noms de plus d’un million de personnes qui ont signé pour faire partie du programme de la NASA « Journey to Mars ». La campagne en ligne a recueilli 1 379 961 noms… (rappel)

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    A noter que « Ad Astra » était le nom de code d’une mission spatiale annulée qui devait voir l’envol du premier astro/cosmonaute argentin, Pablo Flores, à bord d’un Soyuz. Comme quoi il y a toujours eu une collaboration plus ou moins tacite entre l’Est et l’Ouest et vice-versa…

    N’oublions pas que certains matériaux servant à la fabrication des navettes spatiales US provenaient de l’ex-URSS pour la bonne raison qu’elle était la seule à les produire.

    A propos de l’Argentine, cf. le plan « Condor » dont la France fut, avec les USA et l’Allemagne, l’un des participants les plus actifs… tout en poussant des cris de vierge effarouchée… puis la grande réconciliation, toute théorique comme on peut le constater, entre les deux superpuissances de l’époque, ceci pour des raisons géostratégiques.

    D’ailleurs, il se trouve que la 3e superpuissance, la Chine, s’intéresse aussi beaucoup à l’Argentine, comme par hasard. Elle y a installé une station de réception de satellites. C’est le collier de perles qui tend à faire le tour du globe, aussi bien sur terre que sur les océans…

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