Actualités : L’Europe et la Russie signent un accord spatial

LE FIGARO  20/11/12

La réussite des lancements de Soyouz a incité les Russes à s’engager sur de nouveaux projets.

Alors que les ministres de l’espace des vingt pays membres de l’Agence spatiale européenne (ESA) réunis à Naples doivent s’entendre d’ici à mercredi, sur le sort de la fusée Ariane – une étape «cruciale pour la pérennisation de l’autonomie européenne de l’accès à l’espace» selon la ministre française de la Recherche, Geneviève Fioraso- l’ESA et l’agence spatiale russe Roskosmos, sont parvenues mardi à un accord de coopération bilatérale sur l’exploration de notre système solaire.

Le texte, qui doit encore être ratifié au niveau politique d’ici à la fin de l’année, repose «sur trois piliers», a précisé à la presse Frédéric Nordlund, le directeur des relations internationales de l’Esa: la mission ExoMars, la mission Juice vers Jupiter et de futures missions robotiques vers la Lune.

Lancée en 2005 à Berlin, ExoMars a connu bien des avatars liés pour une bonne part à la difficulté de boucler son budget d’environ 1,3 milliard d’euros dont 850 millions abondés à ce jour par l’ESA. La dernière configuration prévoit le lancement, en 2016, d’un module expérimental de descente et d’atterrissage sur la planète Mars, et surtout, deux ans plus tard, d’un robot mobile, destiné à rechercher des traces de vie passée grâce notamment à une foreuse capable de prélever des échantillons jusqu’à 2 mètres sous la surface du sol.

Après le retrait partiel de la Nasa, en début d’année, l’Esa s’est tournée vers la Russie qui s’est formellement engagée à fournir deux lanceurs Proton, trois instruments scientifiques ainsi que le module de descente du rover en 2018. Les États-membres de l’ESA doivent cependant se mettre d’accord à Naples sur le financement d’une rallonge d’une centaine de millions d’euros.

Dans le cadre de Juice, dont le lancement est prévu en 2022, la Russie fournirait un atterrisseur susceptible de se poser sur Ganymède, le plus gros satellite de Jupiter. De leur côté, les Européens enverraient une sonde orbitale destinée à observer à distance, mais de près, Jupiter et Europa, cette surprenante «lune» recouverte d’un épais manteau de glace sous lequel la vie pourrait s’être développée.

Moins avancé, le troisième pilier, centré sur de futures missions lunaires, reste d’autant plus flou que l’ESA a renoncé mardi à la sienne… Le projet Lunar Lander Mission, porté par l’Allemagne a été reporté à une date ultérieure, faute d’un soutien suffisant de la part des autres Etats membres, a indiqué mardi matin, Franco Bonacina, porte-parole de Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l’ESA.

«La grande réussite des lancements de Soyouz depuis le centre spatial de Kourou en Guyane (trois tirs réussis sur trois depuis octobre 2011, NDLR), a incité les Russes à s’engager avec nous sur de nouveaux projets de coopération future», s’est réjoui Frédéric Nordlund.

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