Andreas Mogensen : un Danois dans l’espace

Le 2 septembre, 3 astro/cosmonautes vont décoller du sol terrestre pour rejoindre l’ISS. A bord, le premier astronaute danois : Andreas Mogensen.

Andreas Mogensen en entrainement en combinaison de lancement (Credit ESA)

Andreas Mogensen en entrainement en combinaison de lancement (Credit ESA)

Andreas fait partie de la sélection 2009 des astronautes européens. Ils s’envole ainsi à la suite de Luca Parmitano, Alexander Gerst et Samantha Cristoforetti pour un séjour dans l’ISS.

Un court séjour de 10 jours

A contrario de ses collègues, il ne demeurera à bord de la Station que 10 jours.
En effet, en raison du séjour de longue durée de Scott Kelly et de Mikhail Kornienko [lire article l’À bord de la Station Spatiale, ils vont passer un an en orbite], une rotation des vaisseaux Soyouz est nécessaire [lire l’article Relocalisation du Soyouz TMA-16M]. Le Soyouz TMA-18M a donc été planifié. Le commandant de bord, Sergei Volkov remplacera Gennady Padalka qui ne reste, lui, que 6 mois dans l’ISS. Plutôt que de laisser 2 sièges vides, les russes ont donc proposé l’un des sièges à l’Agence Spatiale Européenne. Au départ, le 2e siège vacant était prévu pour Sarah Brightman, une « touriste de l’espace » (une non-professionnelle qui paye son voyage à la Station), mais qui a finalement renoncé en mai dernier. C’est finalement le kazakh, Aidyn Aimbetov, qui occupera le 3e siège [lire article ISS : Sarah Brightman renonce à son vol].

De gauche à droite, Aidyn Aimbetov, Sergueï Volkov et Andreas Mogensen, devant leur vaisseau Soyouz TMA-18M à Baikonour lors des dernières vérifications avant lancement (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

De gauche à droite, Aidyn Aimbetov, Sergueï Volkov et Andreas Mogensen, devant leur vaisseau Soyouz TMA-18M à Baikonour lors des dernières vérifications avant lancement (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

La mission IRISS

Le logo de la mission IRISS d'Andreas Mogensen (Credit ESA)

Le logo de la mission IRISS d’Andreas Mogensen (Credit ESA)

Pendant son séjour, Andreas effectuera de nombreuses expériences et études scientifiques. Il fera notamment des études sur l’impact de la micro-gravité sur le corps humain.

Pour ne citer qu’elle, l’expérience « AquaMembrane » va tester une nouvelle méthode de recyclage de la sueur et de l’urine à bord de la Station. Cette technologie de pointe d’une entreprise danoise utilise des filtres associant nanotechnologie et protéines. [pour en savoir plus : Biometric membrane – copying nature to purify water in space]. Ce type de technologie pourra également servir sur Terre pour apporter de l’eau potable aux régions qui n’y ont pas accès.

Expérience Aquamembrane (Credits: Aquaporin Space Alliance)

Expérience Aquamembrane (Credits: Aquaporin Space Alliance)

Il va également piloter depuis la Station, 3 robots restés sur Terre. Cette première expérience de télé-opérations a pour but de tester des modes opératoires, les réseaux de communications entre un robot en surface et des astronautes en orbite, comme cela pourrait se faire pour des missions extra-terrestres [pour en savoir plus : driving three rovers from space].

Le rover Centaur qui sera piloté par Andreas Mogensen lors de sa mission IRISS dans l'ISS (credits ESA)

Le rover Centaur qui sera piloté par Andreas Mogensen lors de sa mission IRISS dans l’ISS (credits ESA)

Dernière ligne droite pour Andreas et ses coéquipiers

Andreas Mogensen s’est préparé à ce vol de façon intensive depuis 6 ans dans les différents centres d’entrainement, en Russie à la Cité des Etoiles, aux USA, au Japon, au Canada ou au centre d’entrainement européen à Cologne.

Arrivé au Cosmodrome de Baïkonour le 19 août, l’équipage a été placé en quarantaine pour éviter toute contamination de dernière minute. En cas de soucis, l’équipage de réserve est également présent au site de lancement. Celui-ci est constitué des russes Oleg Skripochka et Sergei Prokopiev et de Thomas Pesquet.

L'équipage Expedition 45 du 2 septembre et l'équipage de réserve; De gauche à droite : les russes Oleg Skripochka et Sergei Prokopiev, le français Thomas Pesquet, le kazakh Aidyn Aimbetov, le russe Sergueï Volkov et le danois Andreas Mogensen (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

L’équipage du 2 septembre et son équipage de réserve. De gauche à droite : les russes Oleg Skripochka et Sergei Prokopiev, le français Thomas Pesquet, le kazakh Aidyn Aimbetov, le russe Sergueï Volkov et le danois Andreas Mogensen (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

Ils ont réalisé les dernières vérifications d’usage comme le contrôle de leurs sièges moulés individuellement mais jamais installés jusqu’à présent dans le vaisseau de vol. Ils ont également participé à différentes traditions des lancements russes.

L'une des traditions avant le lancement d'un vol habité à Baïkonour : plantation d'un arbre. Cette tradition a commencé avec le vol de Gagarine. Ici Andreas Mogensen et Sergueï Volkov le 26 aout 2015 (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

L’une des traditions avant le lancement d’un vol habité à Baïkonour : plantation d’un arbre. Cette tradition a commencé avec le vol de Gagarine. Ici Andreas Mogensen et Sergueï Volkov le 26 août 2015 (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

L’équipage a eu le droit de voir la fusée qui va les emmener vers la Station dans son hangar de préparation mais pas sur le pas de tir (cela porte malheur selon les traditions russes).

De gauche à droite, Aidyn Aimbetov, Sergueï Volkov et Andreas Mogensen, devant la fusée Soyouz TMA-18M à Baikonour (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

De gauche à droite, Aidyn Aimbetov, Sergueï Volkov et Andreas Mogensen, devant la fusée Soyouz TMA-18M à Baikonour (Credit: Gagarin Cosmonaut Training Center)

Lancement le 2 septembre à 6h38 heure de Paris

La Soyouz TMA-18M juste après son érection sur le pas de tir le 31/08/15 (credit ESA)

La Soyouz TMA-18M juste après son érection sur le pas de tir le 31/08/15 (credit ESA)

Le vol vers la Station devrait durer 2 jours et non 6 heures comme c’est le cas pour les vols habités depuis 2013. En effet, l’altitude de l’ISS est incompatible d’un vol court, son orbite ayant été relevée dernièrement pour une manoeuvre d’évitement de débris orbitaux.

Pour compléter, des vidéos (en anglais) sur Andreas Mogensen :

  • sa bio et son entrainement 
  • sa mission IRISS 
  • une animation narrée par Andreas sur son parcours et sa mission 

Une réflexion sur “Andreas Mogensen : un Danois dans l’espace

  1. A noter que, à un moment donné, l’équipage de cette mission était constitué de Sergei Volkov, Aleksei Ovchinin (qui était initialement affecté à Soyuz TMA-16M et l’est désormais à Soyuz MS-01) et Sarah Brightman.

    Dans un premier temps, Ovchinin (qui sera le « commander » de Soyuz MS-01) fut remplacé par Andreas Mogensen puis, bien plus tard, Sarah Brightman fut remplacée par Aidyn Aimbetov (qui aurait déjà dû aller dans l’espace depuis longtemps…).

    Les changements d’équipage(s) sont monnaie courante.

    C’est ainsi que, par exemple, pour Soyuz TMA-05M / ISS-32-33 / Soyuz TMA-04M, Konstantin Valkov (qui n’est jamais allé dans l’espace) a été remplacé par Sergei Revin.
    Pour Soyuz TMA-10M / ISS 37-38 / Soyuz TMA-09M, Maksim Surayev a été remplacé par Fyodor Yurchikhin.
    Pour Soyuz TMA-13M / ISS 40-41, Fyodor Yurchikhin a été remplacé à son tour par Maksim Surayev.
    Pour Soyuz TMA-14M / ISS 41-42, Dmitriy Kondratiyev a été remplacé par Aleksandr Samokutyyayev.
    Pour Soyuz TMA-15M / ISS 42-43, Sergei Zalyotin a été remplacé par Anton Shkaplerov.
    Pour Soyuz TMA-16M / ISS 43-44 (qui, à l’origine, ne devait durer « que » 6 mois), dans un premier temps, Aleksei Ovchinin et Kjell Lindgren ont été remplacés par Mikhail Korniyenko et Scott Kelly (pour une mission de 342 jours) puis Yuriy Lonchakov a été remplacé par Gennady Padalka.
    etc.

    Mogensen et Aimbetov seront les 541e et 542e (seulement…) « hommes de l’espace » (vols orbitaux seuls).

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