Une semaine à Baïkonour – Article 2 : la ville

Baïkonour est une ville particulière. Longtemps cachée aux yeux des non-soviétiques, dédiée à la conquête spatiale et donc chargée d’histoire, il n’est pas si facile, même en 2016, de s’y rendre.

Après un premier article dédié au décollage de Thomas Pesquet vécu depuis Baïkonour, voici l’article 2 de ma semaine à Baïkonour, consacré à la ville de Baïkonour elle-même.

Direction le Kazakhstan !

Après avoir pris 2 avions depuis Toulouse, je rejoins à Astana un groupe de 12 passionnés d’espace, 6 français, 2 espagnols et 4 néerlandais dont notre guide. Le passage par Astana, au lieu de passer par Moscou, nous évite en fait d’avoir fait la demande d’un visa russe.

Une partie du groupe à Astana (photo de Brigitte) :

I Love Astana (Kazakhstan)

Le samedi 12 novembre est dédié à une visite du centre moderne d’Astana. Cette ville est devenue officiellement la capitale du Kazakhstan en 1998. Et depuis, la ville est le théâtre de nombreuses constructions modernes. Il fait un peu froid (-5°C) et le sol est gelé. Le soir, nous avons eu le droit à quelques flocons de neige. Bienvenue au Kazakhstan !

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D’autres photos d’Astana sur Flickr

Le dimanche 13 novembre, nous partons très tôt le matin prendre un avion pour Kyzylorda, au sud du Kazakhstan, à 1000 km d’Astana. Nous survolons la steppe kazakh.

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A Kyzylorda, il est prévu de prendre un train pour rejoindre Baïkonour en 5 heures à 240 kilomètres de là.

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Mais, suite à une incompréhension sur l’horaire du train, nous ratons le train ! Heureusement, le chauffeur du van qui nous avait pris entre l’aéroport et la gare était resté avec nous, et il nous emmène dans son petit van direction Baïkonour. Nous découvrons alors la steppe kazakh depuis le sol : peu de végétation, quelques chameaux, chevaux ou vaches, quelques habitations éparses…

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Arrivée à Baïkonour

Après environ 4 heures de trajet, nous arrivons à BaïkonourOn aperçoit d’abord les grandes antennes du Cosmodrome.

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Mais passage obligé par le point de contrôle pour commencer ! Pour rentrer dans la ville de Baïkonour, nous devons attendre une femme russe qui apporte nos autorisations d’entrée sur ce territoire russe en plein Kazakhstan. En fait, nous ne savions pas quelques jours avant de partir de nos pays respectifs si les autorisations nous étaient données. C’est le soulagement quand nous passons le checkpoint !

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Et là je re-découvre la ville qui n’a pas beaucoup changé depuis 10 ans, la dernière fois où je suis venue. En effet, en 2006, j’étais venue pour une campagne de lancement d’un satellite par une fusée Proton. J’avais peu visité la ville à l’époque car nous étions sur la base Proton, éloignée de la ville, où nous nous y rendions que quelques heures par week end.

Cette semaine, nous résidons au coeur de la ville, dans des chambres au confort sommaire et surchauffées.

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Visite de la ville de Baïkonour

Baïkonour, une ville longtemps cachée aux yeux des occidentaux.

En 1955, en pleine guerre froide, l’URSS décide la construction d’un nouveau site de lancements de missiles balistiques intercontinentaux. Il décide de le mettre au sud de la province du Kazakhstan, dans une région déserte, près de la gare ferroviaire de Tiouratam (ou Tyuratam). La ville s’appellera d’abord Leninsk dès 1958 mais le nom de Baïkonour est utilisé pour brouiller les pistes des occidentaux, alors que la vraie ville Baïkonour se situe en fait à une centaine de kilomètres plus au nord du centre de lancement.

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La ville prendra le nom officiel de Baïkonour en 1995 après l’indépendance du Kazakhstan. La ville a atteint son pic de population dans les années 80 avec plus de 100000 personnes. Aujourd’hui il y aurait encore plus de 60000 habitants, travaillant de près ou de loin pour le Cosmodrome. Mais 40000 habitants de moins laisse des traces, comme en témoignent certains bâtiments compléments désaffectés. Mais la location de la ville et du Cosmodrome à la Russie s’étend à ce jour jusqu’en 2050. Qu’adviendra-t-il de la ville et des ses habitants après cette date ?

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Une ville honorant l’espace et ses héros

Yuri Gararin, le premier cosmonaute dans l’espace et Sergeï Korolev, le fondateur du programme spatial soviétique, sont omniprésents dans la ville. De nombreux bâtiments et emplacement sont ornés également de « décorations spatiales ».

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Une ville des années 50 encore aujourd’hui

La ville et le Cosmodrome sont chauffés et alimentés en énergie électrique par une usine à charbon, dont on sent les odeurs dans la ville.

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On est surpris par le réseau en eau chaude qui est aérien.

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Son marché est agréable, et l’un des points de rencontre préféré des touristes.

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Plus de photos du trajet entre Astana et Baïkonour, et la ville elle-même dans cet album Flickr

A suivre dans un prochain article : le musée de la ville de Baïkonour et une école « spatiale », car il méritent à eux seuls un article.

NB : Cet article est publié un mois après le décollage du Soyouz MS-03 avec Thomas Pesquet à son bord et ce voyage inoubliable à Baïkonour. Je le dédie à ma Maman disparue brutalement le 22 novembre. Elle m’a toujours soutenue dans tous mes projets et elle était très contente que je réalise un « rêve d’espace » de plus. #RIP

3 réflexions sur “Une semaine à Baïkonour – Article 2 : la ville

  1. Il devait être bien sympa, le chauffeur du van !…

    Il est vrai que « la ville prendra le nom officiel de Baïkonour en 1995 après l’indépendance du Kazakhstan. » mais, à en croire la photo ci-dessus, elle s’appelle toujours Leninsk !…

    A noter que Baïkonour – Tiouratam, Semipalatinsk, Sary Shagan, Kyshtim et bien d’autres sites plus ou moins connus furent construits en grande partie par des déportés du GuLag, les zeks… mais cela, bien entendu, cela n’est qu’un secret de polichinelle. Officiellement, ils le furent par des « volontaires » (ou VDO pour volontaires désignés d’office), tout comme l’étaient les milliers de volontaires chinois et soviétiques combattant durant la guerre de Corée (1950-53)…

    ***

    Pour votre maman, Isabelle :

    Mother Of Mine Lyrics

    Mother of mine, you gave to me
    All of my life to do as I please,
    I owe everything I have to you,
    Mother, sweet mother of mine.

    Mother of mine, when I was young,
    You showed me the right way things had to be done.
    Without your arms, where would I be,
    Mother, sweet mother of mine.

    Chorus:
    Mother, you gave me happiness,
    Much more than words can say.
    I pray the lord that he may bless you
    Every night and every day.

    Mother of mine, now I am grown
    And I can walk straight all on my own.
    I’d like to give you what you gave to me,
    Mother, sweet mother of mine.

    Chorus

    Mother of mine, now I am grown
    And I can walk straight all on my own.
    I’d like to give you what you gave to me,
    Mother, sweet mother of mine.

    Mother, sweet mother of mine.

  2. suite

    NB : Baïkonour (alors Leninsk) a compté jusqu’à 120 000 h dans les années 80 (source : Air & Cosmos n° 2524 du 25 novembre 2016, page 64).

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