Starliner OFT-2 : Premier amarrage à l’ISS

Le premier vaisseau Starliner de l’essai orbital OFT-2 est bien arrivé à la Station Spatiale Internationale. Le vaisseau sans équipage s’est amarré à l’ISS le 21 mai à 0h28 UTC après un peu plus de 24 heures de vol.

Arrivée du Starliner OFT-2 à l’ISS (crédit NASA TV)

Il avait décollé le 19 mai à 22h54 UTC à bord d’une Atlas V depuis le Kennedy Space Center en Floride.

Liftoff!: Atlas V Starliner OFT-2
Décollage Atlas V / Starliner OFT-2 le 19/05/22 (crédit ULA)

L’Atlas V a déployé le vaisseau sur une trajectoire planifiée juste en deçà de la vitesse nécessaire pour entrer sur une orbite stable. Le Starliner a alors allumé ses propres propulseurs pour s’insérer dans une orbite préliminaire environ 31 minutes après le décollage.

Séparation lanceur du Starliner OFT-2 le 20/05/2022 (crédit NASA TV)

Une arrivée avec quelques anomalies

Rapidement après la séparation lanceur, il est apparu que 2 des 12 propulseurs OMAC (Orbital Maneuvering and Attitude Control) avaient connu une défaillance lors de la mise sur orbite.

Éclaté du vaisseau Starliner (crédit Boeing)

Mark Nappi, responsable du programme Starliner de Boeing, a déclaré lors de la conférence de presse après décollage :  » le premier [moteur] s’est allumé. Il a fonctionné une seconde puis il s’est éteint. Le système de commande de vol a fait ce qu’il était censé faire et il est passé sur le deuxième propulseur. Il a fonctionné pendant environ 25 secondes, puis il s’est éteint ». Le système est alors passé sur le troisième propulseur qui a pris le relais.

L’amarrage a été retardé au cours des heures précédant le rendez-vous en raison d’une anomalie lors de la première tentative de déploiement du système d’amarrage NASA ou NDS (NASA Docking System). Le système a dû être réinitialisé.

Le système de navigation VESTA, pour Vision-based Electro-optical Sensor Tracking Assembly, semble avoir, lui, parfaitement fonctionné. Les caméras de VESTA ont été conçues pour différencier les caractéristiques visuelles de la Station Spatiale de la même manière qu’un humain le ferait, comme les panneaux solaires ou les modules. VESTA utilise également les informations du suivi des étoiles afin que le système puisse interpréter, en temps réel, l’emplacement précis de la position relative de Starliner vis-à-vis de la position de l’ISS. Ces informations sont introduites dans les ordinateurs de vol afin de permettre l’amarrage au port d’amarrage approprié.

L’ISS vue depuis le Starliner par son système VESTA (crédit NASA TV)

Du fret pour l’ISS et des objets commémoratifs

Il n’y a pas d’équipage dans ce vaisseau OFT-2. Toutefois, comme pour OFT-1, un mannequin bardé de capteurs a été positionné au niveau du siège du commandant : Rosie The Rocketeer. « Le premier vol de Rosie a fourni des centaines de points de données sur ce que les astronautes vivront pendant le vol. Pour OFT-2, elle devait aider à maintenir le centre de gravité de Starliner pendant l’ascension, l’accostage, le désamarrage et l’atterrissage » selon une déclaration de Melanie Weber, responsable du sous-système de Boeing pour l’équipage et l’hébergement du fret.

Rosie the Rocketeer est basée sur une icône de la campagne de recrutement de la Seconde Guerre mondiale, Rosie la Riveteuse, en tant qu’ode aux femmes qui ont ouvert la voie à l’aérospatiale et aux vols spatiaux habités selon Boeing. 

Vêtue de sa combinaison spatiale bleue Boeing et de son foulard rouge à pois, Rosie the Rocketeer porte même un masque assorti qui a été cousu à la main par Mae Krier, 95 ans, une vraie Rosie qui a aidé à construire des avions dans une usine Boeing à Seattle à l’âge de 17 ans.

A 16h04 UTC ce 21 mai, les écoutilles du vaisseau ont été ouvertes et Rosie était toujours bien installée !

A côté d’elle, Jeb, le Kernonaut, le représentant du jeu de simulation de vol spatial Kerbal Space Program, qui a volé en tant qu’indicateur de microgravité.

Le Starliner OFT-2 a transporté 225 kg de fret vers la Station, dont au moins 200 kg de nourriture et de fournitures pour l’équipage actuel. Les charges utiles restantes ont été fournies par Boeing et comprennent, entre autres souvenirs de vol, des souvenirs tels que des drapeaux et des épinglettes commémorant les collèges et universités historiquement noirs des États-Unis (HBCU).

« Combler les écarts de représentation au sein de notre entreprise et de notre industrie est une priorité pour Boeing, et inspirer divers étudiants à poursuivre des carrières dans l’aérospatiale est un élément important de cet effort », a déclaré le président et chef de la direction de Boeing, David Calhoun. « En représentant les HBCU dans notre mission Starliner, nous démontrons notre engagement à travailler avec ces institutions pour faire progresser l’équité et l’inclusion et aider à assurer un avenir radieux à leurs étudiants.« 

Les drapeaux de certains collèges et universités historiquement noirs, ainsi que de quelques universités supplémentaires, font partie de la cargaison du deuxième test de vol orbital de Boeing Starliner (crédit : John Profes)

Un soulagement certain chez Boeing

Le lancement et cet amarrage réussi ont lieu près de deux ans et demi après que le premier vol d’essai, OFT-1, a été interrompu par des problèmes logiciels, l’empêchant de s’amarrer à la Station. Puis un nouvel essai avait été programmé en août 2021, il avait été annulé quelques heures avant le décollage à cause d’anomalies sur des vannes dans le système de propulsion du vaisseau, nécessitant plus de neuf mois de réparation et de tests [lire aussi Starliner, enfin un amarrage à l’ISS ?]

L’amarrage réussi de ce jour démontre pour la NASA toutes les étapes du vol autonome et les manœuvres de rendez-vous, mais aussi des démonstrations de manœuvre d’abandon, de maintien d’attitude du système de contrôle de réaction (RCS) et de toute la vérification du système de navigation basé sur la vision (VESTA évoqué ci-dessus).

Une mission de courte durée

L’ISS compte pour quelques jours 3 vaisseaux d’équipages différents : Soyouz, Crew Dragon et Starliner.

Configuration de l’ISS au 21/05/22 (crédit NASA)

Le vaisseau devrait rester environ 4 jours amarré à l’ISS et devrait revenir atterrir sur Terre à l’issue de ce premier vol. Ensuite, en fonction de l’analyse des données de vol, le Go devrait être donné pour un vol de démonstration avec équipage. On devrait y trouver à bord au moins les astronautes Barry “Butch » Wilmore et Michael Fincke. Nicole Mann initialement affectée à ce premier vol d’essai a été réaffectée sur le vol Crew-5 en Crew Dragon à la suite du retard pris par le programme. La NASA a indiqué lors de la conférence de presse après décollage d’OFT-2 qu’il n’était pas exclu qu’il n’y ait que 2 astronautes à bord de CFT-1. A suivre !

Image de couverture par Samantha Cristoforetti (ESA)

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