Starliner : retour sur Terre pour OFT-2

Après quelques jours passés amarré à bord de la Station Spatiale Internationale, le vaisseau sans équipage Starliner est bien rentré sur Terre le 25 mai à 22h49 UTC (0h49 heure de Paris le 26 mai).

Atterrissage du Starliner OFT-2 le 26/05/2022 (crédit NASA TV)

Le vaisseau Starliner de Boeing sera resté amarré 6 jours à l’ISS. Il avait décollé le 19 mai à bord d’une Atlas V pour s’amarrer à la Station après un peu plus de 24 heures de vol [article Starliner OFT-2 : Premier amarrage à l’ISS].

Cette première mission de démonstration de la séquence complète depuis le décollage jusqu’au retour sur Terre, OFT-2 pour Orbital Flight Test, n’avait pas besoin d’avoir une longue durée d’amarrage à la Station.

Du désamarrage à l’atterrissage

Après une fermeture des écoutilles mardi 24 mai à 19h00 UTC, le Starliner s’est désamarré de l’ISS le mercredi 25 mai à 18h36 UTC.

Désamarrage de l’ISS du Starliner OFT-2 le 25/05/2022(crédit NASA TV)

À 22h05 UTC, les moteurs du vaisseau ont fonctionné pendant 58 secondes afin de réaliser la désorbitation pour ralentir la vitesse à 459 km/h. La capsule s’est détachée de son module de service quelques minutes après la fin de la manœuvre et a commencé sa plongée dans l’atmosphère terrestre à 22h33 UTC. La température à l’extérieur de la capsule atteint environ 1600°C à cause des frottements.

La rentrée atmosphérique du Starliner OFT-2 est capturée par des caméras infrarouges

À 22h44 UTC, à un peu moins de 9 kilomètres d’altitude, Starliner a largué son bouclier thermique avant permettant à deux parachutes stabilisateurs d’être déployés, ralentissant considérablement la descente de la capsule. 

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Les parachutes pilotes sont déployés sur la capsule Starliner OFT-2 (crédit NASA/Bill Ingalls)

À une altitude d’environ 2,4 km, les parachutes pilotes se sont détachés et les trois parachutes principaux se sont déployés, ralentissant Starliner à une vitesse d’impact gérable. A environ 900 mètres d’altitude, le bouclier thermique inférieur a été largué. Les airbags ainsi exposés se sont rapidement gonflés pour absorber l’impact avec le sol.

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Largage du bouclier exposant les airbags du Starliner qui se gonflent rapidement (crédit NASA/Bill Ingalls)

Starliner a atterri à moins de 500m de sa cible selon Boeing, sur la base de la NASA de White Sands au Nouveau Mexique, autrefois utilisée comme piste de la navette spatiale ou comme site d’essai pour la recherche sur les lanceurs. White Sands est le site préférentiel d’atterrissage identifié pour le Starliner parmi 4, en fonction des conditions météorologiques. Les autres sites se trouvaient en Arizona, en Utah et en Californie.

Images par un drone de la zone d’atterrissage avec une vue sur le bouclier thermique éjecté, les parachutes et la capsule (crédit NASA Live)

Une partie de l’équipe de récupération de Boeing a ensuite vérifié l’absence d’hydrazine, le carburant hautement toxique des moteurs du vaisseau, avant de procéder aux opérations suivantes.

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Vérifications de l’absence de gaz dangereux après l’atterrissage du Starliner OFT-2 crédit NASA/Bill Ingalls)

Quelques traces d’hydrazine ont été détectées autour de la capsule et lorsque les niveaux d’hydrazine sont revenus à zéro, les équipes de récupération ont pu procéder à la suite des opérations. La trappe latérale du Starliner a été ouverte à 00h06 UTC afin de récupérer le fret et de répéter les activités nécessaires au débarquement d’un futur équipage.

Starliner est revenu avec environ 275 kg de fret de l’ISS dont des bouteilles d’azote vides (mais très chères) et du matériel scientifique pour des études sur Terre.

Selon Steve Stich, responsable du programme d’équipage commercial de la NASA, en conférence de presse, « le vaisseau spatial Starliner de Boeing a effectué un atterrissage parfait après un vol d’essai qui a atteint tous les objectifs de la mission« .

OFT-2 semble être un succès malgré l’anomalie à la mise sur orbite de deux des propulseurs du module de service. Les données du vol seront de toute façon analysées en détails par Boeing et la NASA.

Le vaisseau va être renvoyé au Kennedy Space Center de la NASA en Floride pour rénovation. Le module d’équipage réutilisable est conçu pour jusqu’à 10 vols dans l’espace et devrait être lancé à nouveau lors de la première mission opérationnelle de rotation d’équipage Starliner vers l’ISS. Boeing dispose de deux capsules Starliner pour une utilisation spatiale. L’autre vaisseau est en cours de préparation pour le Crew Flight Test ou CFT.

Si tout va bien ce premier vol habité, CFT, pourrait avoir lieu avant la fin de l’année. A son bord, il y aura très certainement les astronautes Barry “Butch » Wilmore et Michael Fincke, mais aussi potentiellement Sunita Williams qu’on a vu lors des conférences de presse.

A suivre !

Boeing Orbital Flight Test-2 Press Conference (NHQ202205180025)
Les astronautes de la NASA Barry « Butch » Wilmore, à gauche, Mike Fincke, au centre, et Sunita Williams, à droite, lors d’une conférence de presse avant le lancement du vaisseau Starliner de Boeing le mercredi 18 mai 2022, au Kennedy Space Center de la NASA en Floride (crédit NASA/Joel Kowsky)

Images de couverture : désamarrage de l’ISS par l’astronaute Sergey Korsakov et atterrissage par NASA/Bill Ingalls

5 réflexions sur “Starliner : retour sur Terre pour OFT-2

    • 27 mai 2022 à 8 h 46 min
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      Oui ou 127 m/s. J’ai bien retrouvé ce chiffre dans au moins 2 sources

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  • 27 mai 2022 à 9 h 07 min
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    A noter que « Butch » Wilmore, « Mike » Fincke et « Suni » Williams remplacent respectivement « Chris » Ferguson, Eric Boe et Nicole Mann par rapport à l’une des nombreuses compositions de ce futur équipage, maintes fois modifié.

    Sergey Korsakov n’est pas un astronaute mais un cosmonaute. Il est – après Salizhan « Sanya » Sharipov – le 2e cosmonaute à être né au Kirghizistan.

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  • 27 mai 2022 à 11 h 37 min
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    suite

    A noter que Joseph Steven « Steve » Stich, responsable du programme d’équipage commercial de la NASA, était auparavant directeur de vol (flight director) au JSC (Houston), ce notamment lors de la mission tragique de « Columbia » (STS-107 / Columbia F-28) effectuée du 16 janvier au 1er février 2003. Il fut également candidat astronaute et l’un des présélectionnés du groupe 17 de la NASA en 1997-98.

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