Oumuamua, l’astéroïde qui vient d’ailleurs

Les astéroïdes sont des objets spatiaux composés de roches, de glace et de métaux dont les scientifiques pensent qu’ils constituent les vestiges de la constitution de notre Système Solaire. Ils proviennent généralement de la Ceinture d’Astéroïdes située entre les orbites de Mars et de Jupiter à 400 millions de kilomètres du Soleil, ou de la Ceinture de Kuiper.

Illustration montrant les distances relatives en Unités Astronomiques entre le Soleil et les autres planètes du Système Solaire, la Ceinture d’astéroïdes et la Ceinture de Kuiper (2012 VP113 et Sedna sont des candidats au titre de planète naine, sujets de la publication dont est extraite l’image). Crédit d’image: Nature

Un astéroïde inédit

Le 19 octobre dernier, le télescope Pan-Starrs à Hawaï, qui fait partie du système de surveillance des astéroïdes, a détecté un objet inconnu à 0.2 AU (30 000 000 km) de la Terre. En fait, il a fait son plus proche passage de la Terre cinq jours avant sa découverte, soit le 14 octobre. Plus d’un mois plus tôt, il avait volé à l’intérieur de l’orbite de Mercure, passant au plus proche du Soleil le 9 septembre. A l’origine classé comme comète, ce passage a révélé, grâce aux observations de l’ESO, European Southern Observatory, qu’il n’y avait aucun signe d’activité cométaire et donc l’objet a été reclassé comme un astéroïde interstellaire nommé A / 2017 U1.

Au centre de cette combinaison d’images profondes figure l’astéroïde insterstellaire « Oumuamua ». Il est entouré des traces d’étoiles de faible luminosité générées lors du suivi de l’astéroïde par les télescopes. Cette image résulte de la combinaison de multiples images acquises par le Very Large Telescope de l’ESO ainsi que par le Gemini South Telescope. L’objet est entouré d’un cercle de couleur bleue. Il arbore l’aspect d’un point source, dénué de toute poussière environnante (Crédit: SO/K. Meech et al.)

Les calculs d’orbite ont révélé aussi que ce corps ne provient pas de l’intérieur du Système Solaire, comme tous les autres astéroïdes ou comètes observés jusqu’alors, mais est venu de l’espace interstellaire. 

Sur ce diagramme figure la trajectoire empruntée par l’astéroïde interstellaire ‘Oumuamua lors de sa traversée du Système Solaire. A la différence des astéroïdes et autres comètes observés jusqu’à présent, ce corps n’est pas soumis à l’attraction gravitationnelle du Soleil. Il provient de l’espace interstellaire et y retournera après sa brève rencontre avec notre système stellaire. Son orbite hyperbolique est particulièrement inclinée et il ne semble pas s’être approché d’un autre corps du Système Solaire lors de sa traversée. (Crédit: ESO/K. Meech et al.)

Le messager venu d’ailleurs

L’astéroïde a été baptisé Oumuamua, qui signifie «messager» en langue hawaïenne. 

Vue d’artiste du tout premier astéroïde interstellaire : Oumuamua (Crédit: ESO/M. Kornmesser)

Les observations combinées du Very Large Telescope de l’ESO et d’autres télescopes ont pu déterminer les caractéristiques de l’objet interstellaire à partir de sa luminosité apparente. Celle-ci varie considérablement, par un facteur de 10. « Cette grande variation anormale de luminosité signifie que l’objet est très allongé : environ dix fois plus long que large, avec une forme complexe, alambiquée » explique l’auteur principal Karen Meech de l’Institut d’astronomie à Hawaï d’une nouvelle étude publiée dans la revue Nature.

Oumuamua mesurerait 400 mètres de long sur une quarantaine de large et se déplace à une vitesse de 38 kilomètres par seconde. Il serait de couleur rouge foncé, le résultat de millions d’années d’irradiation par les rayons cosmiques, et cela suggère que l’objet est incroyablement dense et rocheux, ou a peut-être une teneur élevée en métal.

Les astronomes estiment qu’un astéroïde interstellaire semblable à Oumuamua pénètre à l’intérieur du Système Solaire chaque année ou presque, mais est difficile à détecter avec les moyens actuels à cause de sa faible luminosité.

Pour compléter :

L’article de l’ESO sur le sujet et source principale de l’article : Des observations de l’ESO témoignent de l’étrange nature du tout premier astéroïde interstellaire détecté à ce jour

Article précédent sur cet astéroïde : L’actualité spatiale du 9 au 28 octobre : des lancements et des EVA surtout

D’autres articles sur les astéroïdes et les missions actuelles à destination de ces objets comme Osiris-Rex et Hayabusa-2

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *