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ISS, CSS & vols habités en orbite basse

Nouveau report pour Starliner et les difficultés du programme Commercial Crew

Un nouveau rapport de l’Inspecteur Général de la NASA (Office of Inspector General, OIG) a été publié le 30 juin et pointe du doigt les difficultés du vaisseau Starliner de Boeing, mais aussi les risques pour la NASA de dépendre uniquement de SpaceX pour les vols habités à destination de la Station Spatiale Internationale.

Le rapport souligne l’incertitude quant à la date à laquelle Starliner volera à nouveau et quand il sera certifié pour les missions de rotation de l’équipage de l’ISS.

Pour l’OIG, les prochains mois seront décisifs : la certification (ou non) du Starliner déterminera si les États-Unis peuvent enfin compter sur deux systèmes de transport habités indépendants, ou s’ils devront continuer à dépendre d’un seul acteur, avec tous les risques que cela comporte.

L’ISS photographiée en 2021 par un vaisseau Crew Dragon de SpaceX (crédit NASA)

Rappels sur le programme Commercial Crew

Après la retraite des Navettes Spatiales (Shuttle) en 2011, les États-Unis se sont retrouvés dépendants des vaisseaux russes Soyouz pour envoyer leurs astronautes vers l’ISS, à un coût exorbitant (jusqu’à 90 millions de dollars par siège).

Le programme Commercial Crew de la NASA (CCP), lancé en 2010, avait pour objectif de confier à des entreprises privées américaines le développement de systèmes de transport spatial habités, capables de ravitailler la Station Spatiale Internationale. Ce programme marquait une rupture avec les décennies précédentes, où la NASA concevait et opérait elle-même ses véhicules spatiaux.

En 2014, la NASA a signé des contrats avec SpaceX et sa capsule Crew Dragon, basée sur la capsule cargo Dragon déjà opérationnelle pour 2,6 milliards de dollars, et Boeing et son vaisseau Starliner, un vaisseau entièrement nouveau, pour 4,2 milliards de dollars.

Le programme Commercial Crew a été conçu pour :

  • Rétablir une autonomie américaine dans le transport spatial habité.
  • Réduire les coûts en externalisant le développement et l’exploitation à des acteurs privés.
  • Stimuler l’innovation en encourageant la compétition entre entreprises.
  • Garantir un accès continu à l’ISS, essentiel pour la recherche scientifique et la préparation des missions lunaires et martiennes.

Ces contrats prévoyaient des vols habités dès 2017, mais les retards se sont accumulés.

Alors que SpaceX a réussi à certifier son système dès 2020 et a depuis effectué 12 missions habitées vers l’ISS, Boeing, lui, peine à obtenir sa certification. Les tests du Starliner ont révélé des problèmes techniques majeurs, remettant en cause la fiabilité du vaisseau et la capacité de la NASA à garantir un accès continu et sécurisé à l’ISS.

Un bilan contrasté du programme Commercial Crew

SpaceX : un succès relatif

Le Crew Dragon a passé avec succès les tests de certification de la NASA en 2020, devenant le premier vaisseau privé à transporter des astronautes vers l’ISS.

SpaceX a réalisé à ce jour 12 missions habitées entre 2020 et 2026, dont des rotations régulières d’équipages et des missions commerciales (comme Inspiration4 et Axiom-1).

Toutefois il y a eu des anomalies mineures lors de certains vols (ex. : ouverture prématurée des parachutes lors de la mission Crew-5). Des fissures dans la structure de certaines capsules ont été détectées après leur retour sur Terre, nécessitant des inspections supplémentaires.

Malgré des dépassements initiaux estimés à 600 millions de dollars, SpaceX a réussi à réduire ses coûts grâce à une approche itérative et à la réutilisation des capsules.

Le Crew Dragon DM1 en phase finale d’approche de l’ISS (via NASA TV)

Boeing : des difficultés persistantes

Le Starliner de Boeing a connu une série de problèmes techniques et organisationnels :

  • Premier vol d’essai OFT-1 (décembre 2019) : Échec partiel dû à une erreur logicielle empêchant le vaisseau d’atteindre l’ISS. Une enquête a révélé des lacunes dans les tests et la supervision de la NASA.
  • Deuxième tentative OFT-2 (mai 2022) : Succès partiel, mais des problèmes de propulsion et de surchauffe des moteurs ont été détectés.
  • Troisième vol CFT-1 (juin 2025) : Nouveaux retards en raison de fuite de carburant et de problèmes avec les valves du système de propulsion.
Le Starliner CFT-1 amarré à l’ISS le 03/07/2024 (crédit NASA)

Selon l’OIG, ces difficultés s’expliquent en partie par une insuffisance de rigueur dans les procédures de test (des défaillances aussi bien logicielles que matérielles auraient pu être prévenues grâce à des protocoles plus stricts). Boeing a sous-estimé la complexité du développement spatial, en partie à cause de son expérience limitée dans les vols habités (contrairement à SpaceX, qui a pu s’appuyer sur son programme cargo). La NASA est critiquée pour ne pas avoir imposé des normes de sécurité assez strictes dès le début.

Les dépassements de budget pour Boeing sont estimés à plus de 1,5 milliard de dollars, à cause des retards, des corrections techniques et une gestion défaillante. Boeing a absorbé une grande partie des dépassements, mais la NASA a dû réallouer des fonds d’autres programmes pour couvrir les coûts imprévus.

À ce jour (juin 2026), le Starliner n’a toujours pas obtenu la certification de la NASA, mettant en péril la redondance du programme Commercial Crew.

Depuis 2014, la NASA a investi plus de 9,8 milliards de dollars pour rétablir avec succès le transport des équipages basés aux USA. En avril 2026, cela comprend environ 8,7 milliards de dollars pour les contrats CCtCap et un1,1 milliard de dollars supplémentaires de financement connexe du CCP. Les contrats ont été initialement attribués en 2014 à SpaceX pour2,6 milliards de dollars et Boeing pour 4,2 milliards de dollars. Chaque contrat a été attribué à prix fixe ferme, livraison indéfinie, quantité indéfinie sur une période initiale de performance de 6 ans. Depuis l’attribution initiale du contrat, la NASA et les fournisseurs ont négocié des modifications aux travaux, aboutissant à des valeurs contractuelles révisées. Le contrat de SpaceX a augmenté à 4,9 milliards de dollars, principalement en raison d’une modification du contrat de 2022 visant à ajouter 8 missions post-certification supplémentaires à l’ISS. En revanche, la valeur du contrat de Boeing a diminué à 3,7 milliards de dollars suite à une modification du contrat en 2025 qui a supprimé 2 missions post-certification, réduisant ainsi le nombre potentiel de vols Starliner commandés au total de 6 à 4 (rapport OIG).

Des défis majeurs identifiés par l’OIG

Sans le Starliner, la NASA reste vulnérable à d’éventuels problèmes avec la Crew Dragon (ex. : un échec de mission ou un problème de sécurité).

L’ISS a une durée de vie limitée (sa fin est prévue en 2030). Les retards du Starliner pourraient compromettre les rotations d’équipages et la recherche scientifique à bord.

Les retards ont forcé la NASA à acheter des sièges supplémentaires sur Soyouz (à un coût élevé) et à reporter certaines missions.

La NASA exige des critères de sécurité stricts pour les vols habités, mais l’OIG souligne que certains compromis ont été faits pour accélérer le programme.

Des anomalies logicielles et des défauts matériels (ex. : valves corrodées) n’ont pas été pleinement résolus sur Starliner. Si Boeing parvient à résoudre ses problèmes, le vaisseau pourrait enfin être certifié d’ici fin 2026 ou début 2027.

Aucune date de lancement de Starliner-1 n’est actuellement prévue, car la NASA continue d’évaluer les opportunités de lancement”, indique le rapport de l’OIG. “Cependant, les résultats des tests et les analyses liés aux fuites d’hélium et aux pannes des systèmes de propulsion n’étaient pas encore terminés en mars 2026, et la NASA ne sait pas exactement quand ces tests seront terminés ou quand la certification d’évaluation humaine pour le Starliner sera obtenue.

Enjeux et recommandations

Pour la NASA et les États-Unis, les enjeux sont multiples :

  • Garantir un accès sûr et fiable à l’ISS jusqu’à la fin de la Station, et préparer les stations spatiales commerciales (ex. : Axiom Station, Orbital Reef, …).
  • Préparer l’avenir en tirant les leçons de ce programme pour les missions lunaires et martiennes. Les capsules Commercial Crew pourraient être adaptées pour des missions lunaires (en complément du Starship de SpaceX et du SLS/Orion de la NASA).
  • Compétitivité internationale : La Chine et la Russie développent leurs propres systèmes de transport habité. Les retards américains pourraient affaiblir leur position dans la course spatiale.
  • Innovation technologique : Les entreprises privées (SpaceX, Boeing, mais aussi Sierra Space, Blue Origin) pourraient révolutionner l’accès à l’espace avec des solutions plus économiques et flexibles.

L’Inspecteur Général de la NASA a ainsi formulé plusieurs recommandations pour améliorer la gestion du programme.

Pour la NASA :

  • Renforcer la supervision des contrats avec Boeing et SpaceX, en particulier sur les tests de sécurité et la gestion des risques.
  • Exiger des plans correctifs détaillés de Boeing avant toute nouvelle tentative de certification du Starliner.
  • Diversifier les partenariats : Éviter une dépendance excessive à SpaceX en accélérant le développement d’autres solutions (ex. : Sierra Space, Blue Origin).
  • Améliorer la transparence : Publier des rapports réguliers sur l’avancement des correctifs et des coûts.

Pour Boeing :

  • Réviser ses processus de test pour éviter les erreurs logicielles et matérielles.
  • Collaborer plus étroitement avec la NASA pour partager les données et les analyses.
  • Réduire les coûts en optimisant la chaîne d’approvisionnement et en évitant les redondances.

Pour le Congrès américain, d’allouer des fonds supplémentaires si nécessaire pour garantir la redondance du programme, et d’évaluer la faisabilité de prolonger la durée de vie de l’ISS au-delà de 2030, en tenant compte des retards du Commercial Crew.


Article rédigé avec l’aide de l’IA (Mistral) pour résumer et extraire les données du rapport.

Image de couverture : photo montage de l’équipage du Crew Dragon de retour sur terre et d’une Falcon 9 emportant un Crew Dragon (crédit OIG) et un Starliner (NASA)

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