LISA Pathfinder vu de l’intérieur n°3 : Arrivée au site de lancement

Ce troisième article sur les préparatifs du satellite européen Lisa Pathfinder, est une traduction d’une série de publications sur le blog LISA’s voyage into Space rédigées par Victoria Lonnon, ingénieure Assurance Qualité Satellite chez Airbus Defence and Space, une de mes collègues avec qui j’ai partagé des informations en préparation des tests et de la campagne de lancement suite à mon expérience sur Gaia.

Les 2 articles précédents :

Vicki Lonnon devant l'Antonov emmenant Lisa Pathfinder sur le site de lancement (credit : Vicki Lonon)

Vicki Lonnon devant l’Antonov emmenant Lisa Pathfinder sur le site de lancement (credit : Vicki Lonon)

Business Class ?

 » Eh bien, quelle expérience extraordinaire … ce n’est pas ce que la plupart des gens pense de la classe affaires, mais plutôt ce que je vais appeler la « Cargo affaires » 🙂

Quand j’ai découvert que nous allions vraiment transporter le satellite pour le site de lancement par air (il avait été question plus tôt de l’expédition par bateau), j’ai été très contente. Dans mon rôle d’Ingénieur Assurance Qualité sur le satellite, cela fait un peu partie de mon travail de voyager avec lui, pour s’assurer qu’il est arrivé sans dommage et qu’au tout long du voyage, tout est resté en bon ordre !
Pourquoi, certains pourraient se demander, étais-je si excitée à voler de Londres à Cayenne à bord d’un avion cargo … en fait beaucoup de gens m’ont même interrogé sur ma santé mentale quand ils ont réalisé combien j’étais super excitée par la perspective,  » vous êtes folle « , » plutôt vous que moi « , » il n’y a pas de fenêtres, ça a l’air horrible !  » étaient quelques-uns des commentaires !
Eh bien, je suis peut être un peu folle, mais au fond, je suis une énorme « geek » des avions ! (Ou peut-être juste une énorme « geek » tout court !). J’ai toujours aimé les avions. Je garde de bons souvenirs de visites au musée de la RAF de Cosford [musée de la Royal Air Force, armée de l’air britannique] avec mes grands-parents et cousins ainsi que des spectacles aériens auxquels j’ai assisté car nous avons vécu tout près de deux bases de la RAF (j’ai grandi à Telford, niché entre Cosford et Shawbury). Il y a aussi mon mari qui est pilote et j’aime lui poser toutes sortes de questions sur ce qu’il fait. Il est aussi « avion geek » (désolé chéri, mais tu sais que c’est vrai). Donc vous pouvez voir qu’il n’y avait pas moyen de laisser passer une occasion (très probablement une fois dans une vie) à faire un tour dans un des plus gros avion au monde !
L'Antonov utilisé pour le transport du satellite Gaia de Toulouse à Cayenne (photo personnelle)

L’Antonov utilisé pour le transport du satellite Gaia de Toulouse à Cayenne (photo personnelle)

 Assez parlé, vous voulez savoir ce qu’il en était !

C’était beaucoup plus confortable que ce que j’avais été amené à croire. La cabine des passagers était un croisement entre un avion des années 80 et d’une voiture de train des années 80. La cabine est accessible par une échelle à l’arrière de l’avion. Certes, il n’y a pas de véritables fenêtres à proprement parler (deux très petits hublots dans les issues de secours) comme vous pourriez attendre d’un avion-cargo et l’intérieur est évidemment basique, mais tous les éléments essentiels sont là. Notre joyeux petit groupe de bénévoles s’est installé dans les deux dernières rangées de la cabine de 20 places, a sorti ses oreillers de voyage, et bouclé la ceinture pour le voyage.

Le décollage était en quelque sorte surréaliste, en fait, vous étiez seulement vraiment conscients d’être dans l’air à cause du bruit ! Oh, qu’est-ce que c’était bruyant dedans !!! Si vous avez déjà pensé que vous aviez besoin de bouchons d’oreille sur un vol commercial régulier, alors que vous en auriez exigé sur celui-ci. Même avec les bouchons d’oreille, le niveau de bruit n’a été réduit qu’à des niveaux de bruit « normaux » d’avion. Nous nous sommes rapidement adapté à la lecture sur les lèvres et aux gestes de la main pour communiquer les uns avec les autres.

Après environ une heure ou deux, nous avons tous ressenti un petit creux, donc deux de notre groupe sont allés investiguer les boîtes de restauration à bord qui avait été chargées pour nous. Yep, aucun steward ou hôtesse de l’air sur ce vol, c’était du self-service 😉 Même le briefing de sécurité, heureusement un ensemble d’instructions assez universel, compte tenu de la carte de sécurité … (voir ci-dessous) tout en russe bien sûr !

La nourriture était bonne, saumon fumé et salade de crevettes, cheesecake, sélection de fromages et de biscuits et plus de petits pains qu’il n’en faudrait. Pour les boissons, eh bien, puisque nous étions officiellement en service, les règles stipulaient que c’était un vol sans alcool, mais il y avait beaucoup de boissons gazeuses, et du thé et du café (bien sûr, nous avons dû aller à la petite cuisine pour les faire).

Probablement la chose la plus «intéressante» à noter à bord, c’était les toilettes … n’ayez pas peur, je n’ai pas pris de photo, juste qu’elles ne semblaient pas tout à fait droite ! Bonne nouvelle, la porte était entièrement verrouillable et contrairement à ce que certains avaient essayé de me convaincre avant le vol, sur toute la hauteur (oui on a essayé de me convaincre que la porte était seulement sur la moitié de la hauteur !) Derrière la porte de la salle de bains verrouillable,  un peu surprenant … deux toilettes, fièrement l’une face à l’autre! C’est vrai, les toilettes sont un espace social ! Heureusement, nous avons tous choisi de faire cavalier seul !

Lors de l’atterrissage aux Açores juste avant 1h du matin, nous étions conscients que nous avions atterri en raison d’un léger changement dans la sensation des vibrations de l’avion.Un avion si énorme et avec nous étant si haut, vous ne saviez pas vraiment si vous étiez dans l’air ou sur le sol. Nous nous sommes arrêtés un peu à Santa Maria, juste une heure ou deux pour faire le plein et comme c’était le seul avion présent là-bas, nous avons été autorisés à descendre de l’avion brièvement pour nous dégourdir les jambes. J’ai également effectué mes vérifications sur le conteneur du satellite, m’assurant que la température et l’humidité étaient encore bonnes et la ligne spéciale de purge pour l’instrument était encore en marche. Ensuite, retour à bord, le temps de boucler à nouveau sa ceinture et voyage au-dessus de l’Atlantique vers Cayenne.

Je dois dire, que c’est probablement une des expériences les plus amusantes et intéressantes de ma vie et certainement quelque chose que je ne l’oublierai jamais, en fait, j’ai l’intention d’être une personne ennuyeuse retraçant cette histoire pendant mes vieux jours !

Lisa Pathfinder est arrivé le 8 octobre en Guyane pour sa campagne de lancement.

La campagne Vega VV06 peut commencer !

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