Gaia : déploiement du Sunshield ce jeudi 10 octobre #Kourou

Ce 10 octobre, à partir de 15h heure de Kourou ou 20h heure de Paris, le Sunshield (réflecteur solaire) ou DSA (Deployable Sunshield Assembly) de GAIA sera déployé.

Après son montage réalisé à Kourou, car transporté à part du reste du satellite, cette étape est majeure pour la suite de la campagne de tir.

Ce déploiement permettra de vérifier une nouvelle fois que l’ensemble des activités de montage du DSA est maîtrisé, mais permettra de vérifier pour la première fois la séquence automatique du logiciel de vol embarqué dans GAIA (les 2 précédents déploiements effectués à Toulouse ont surtout permis de valider que le matériel était apte au vol).

L’article publié ce jour dans le blog de l’ESA étant très complet sur le montage du DSA, vous le trouverez ci-dessous traduit pour une meilleure compréhension pour les non anglophones :

Six heures du matin à Kourou: dehors il fait encore sombre, mais les thermomètres sont déjà en train d’indiquer 24°C et l’humidité relative est restée à 92% dans la nuit. Après le lever du soleil à 06:18 aujourd’hui, la température va monter pour atteindre un maximum de 34°C dans l’après-midi.

VS06A Mise en place DSA sur GAIA au S1B le 25/09/2013

Installation d’un quart du pare-soleil (© ESA-CNES-ARIANESPACE / Optique vidéo du CSG)

Le satellite Gaia, cependant, est à l’intérieur de la salle blanche, où la température est maintenue à une température constante de 23°C. L’air circule à travers des filtres pour préserver un environnement propre, et le taux d’humidité dans la salle blanche est maintenu à environ 50%. Dans le sas menant à la salle blanche, l’équipe de d’Assemblage, d’Intégration et de Test (AIT) d’ASTRIUM et l’équipe SENER pour le Sunshield [pare-soleil] se préparent à commencer le premier quart de la journée.

 

L’équipe AIT Astrium a la délicate mission de rassembler tous les éléments qui composent le satellite. Le pare-soleil est l’une des toutes dernières pièces à ajouter au satellite, et pour cette phase, ils travaillent ensemble avec l’équipe SENER. La structure du pare-soleil est constitué de 12 trames de tubes en fibre de carbone, divisée en quatre quarts de trois trames chacun. Chaque quart doit être soulevé avec un pont roulant de son cadre de transport, placé en douceur sur le satellite, et soigneusement alignés avant d’être fixé dans sa position finale.

Ouverture bras CU1

Mesure de planéité (© ESA-CNES-ARIANESPACE / Optique vidéo du CSG)

Chacun des 12 cadres est articulé à deux points à sa base, là où il est attaché au satellite, et peut être déployé à 90 degrés. Lorsque toutes les trames sont déployées et que les couvertures thermiques ont été ajouté pour couvrir la structure du squelette, le pare-soleil forme un disque plat, à la base du satellite, ce qui va occulter les 2 télescopes GAIA du Soleil.

 

Avant d’ajouter les couvertures thermiques, les trames sont déployées une à une, et un faisceau laser est utilisé pour mesurer la position de plusieurs points sur chaque trame afin de vérifier que, une fois déployées, elles formeront toutes une surface parfaitement plane. Des ressorts de torsion rigides sont ajoutées ultérieurement pour connecter chaque trame avec les deux éléments adjacents, de sorte que toutes les 12 trames se déploieront simultanément.

 En plus d’occulter les télescopes, le pare-soleil comporte aussi quelques-uns des panneaux solaires qui fourniront l’énergie nécessaire pour alimenter toute l’électronique à bord du satellite, comme les équipements de traitement des données, ainsi que les systèmes de communications, de navigation, et de contrôle thermique.

Montage panneaux solaires

Installation d’un panneau solaire avec sa protection, pour protéger les délicates cellules solaires (© ESA-CNES-ARIANESPACE / Optique vidéo du CSG)

Les panneaux solaires sur le satellite GAIA fourniront environ 1 850 watts de puissance électrique. À la maison, 1850 Watts vous permettrait de préparer le dîner dans un four électrique, ou peut-être d’utiliser un aspirateur. Dans l’espace, c’est suffisant pour garder tous les systèmes électriques de GAIA en fonctionnement, ce qui nous permettra d’apercevoir les profondeurs de notre galaxie. Dans sa position finale dans l’espace, GAIA sera à environ 150 millions de kilomètres du Soleil. A cette distance de notre étoile, 13 mètres carrés de cellules solaires sont suffisants pour fournir les 1850 Watts. Plus un vaisseau spatial se déplace loin du Soleil, plus grande la surface des panneaux solaires est nécessaire pour produire la même puissance. Par exemple, pour la première des sondes Voyager lancée en 1977 et se déplaçant vers Jupiter, il aurait fallu des panneaux solaires 25 fois plus grands que ceux de GAIA pour produire la même puissance que nous aurons sur GAIA, et 80 fois plus grands lorsqu’elle a  atteint Saturne. Pour cette raison, au lieu de porter des panneaux solaires, Voyager s’appuie sur des générateurs thermoélectriques radio-isotopes (Radioisotope Thermoelectric Generators – RTG) pour produire son électricité. Voyager 1 est maintenant le premier objet de fabrication humaine à avoir quitter le système solaire . Voyager dans l’espace interstellaire, à quelques 19000 millions de kilomètres du Soleil (soit 125 fois plus éloigné du Soleil que GAIA), Voyager aurait demandé des panneaux solaires de plus de 10000 fois plus grands que ceux sur GAIA pour produire la même puissance !

Pose MIL

Installation des couvertures thermiques qui couvrent la structure du pare-soleil (© ESA-CNES-ARIANESPACE / Optique vidéo du CSG)

Dans le prochain article de blog [blog ESA], nous allons vous parler des écrous pyrotechniques qui permettent la libération des cadres, et sur le test de déploiement final avant que le pare-soleil ne soit stocké dans sa configuration finale, prêt pour le lancement.

 Daniel Escolar, Ingénieur mécanique sur GAIA (ESA), depuis Kourou.

Pour plus de photos de cette étape, rendez vous sur le site du CSG sur VS06 

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