Exomars prêt pour sa mission scientifique

Le 9 avril, l’ESA a annoncé que le satellite russo-européen Exomars 2016 va bientôt commencer sa recherche de gaz pouvant être liés à une activité géologique ou biologique active sur Mars. 

Vue d’artiste de l’orbiteur Trace Gas Orbiter (TGO) ExoMars 2016 en orbite martienne (Credit: ESA/ATG medialab)

Le Trace Gas Orbiter (TGO) avait atteint la planète rouge en octobre 2016 et avait procédé à une année de aérofreinage qui s’est terminée en février. L’orbiteur a vu son orbite décroître progressivement et désormais celle-ci est quasi circulaire à environ 400 km d’altitude. Le satellite fait maintenant le tour de Mars toutes les deux heures.

Après l’étalonnage de ses instruments et l’installation d’un nouveau logiciel à bord, TGO commencera les observations scientifiques de routine. L’objectif principal est de faire un inventaire détaillé des gaz à l’état de traces, ceux qui constituent moins de 1% du volume total de l’atmosphère de la planète, en particulier, le méthane ou d’autres hydrocarbures, ce qui permettrait de vérifier l’existence passée ou actuelle d’une vie microbienne par exemple.

ExoMars : GTO, Schiaparelli et leurs différents instruments (Credit: ESA/Medialab)

En effet, une hypothèse est que le méthane est généré par des microbes. S’il était enfoui sous terre, ce gaz pourrait être stocké dans des formations de glace structurées en treillis, connues sous le nom de clathrates, et relâché dans l’atmosphère beaucoup plus tard. Le méthane peut également être généré par des réactions entre l’eau et les roches riches en olivine, peut-être en combinaison avec des environnements volcaniques plus chauds. Encore une fois, cela pourrait être stocké sous terre dans des cages glacées, et dégazé à travers des fissures dans la surface, ou à travers les volcans. Le rayonnement ultraviolet peut à la fois décomposer le méthane et le générer par des réactions avec d’autres molécules ou matières organiques déjà présentes à la surface, comme la poussière de comète tombant sur Mars. Le méthane peut également être rapidement distribué autour de la planète par des vents forts, «diluant» son signal et rendant difficile l’identification des sources individuelles. Le méthane sur Mars devrait avoir une durée de vie plutôt courte, environ 400 ans, donc toute détection implique qu’il doit avoir été produit ou libéré relativement récemment. Le Trace Gas Orbiter va construire une image au fil du temps de la distribution du méthane, afin de comprendre les distributions géographiques et saisonnières, et éventuellement de rentrer dans les zones où il pourrait être originaire. L’engin spatial a la capacité de détecter et d’analyser le méthane et d’autres traces de gaz, même à de faibles concentrations, avec une précision améliorée de trois ordres de grandeur par rapport aux mesures précédentes. En outre, il sera capable de détecter les principaux isotopologues du méthane et de l’eau (les isotopologues sont des molécules ayant au moins un atome avec un nombre de neutrons différent de l’espèce chimique mère) pour aider à distinguer les différents scénarios de formation. Texte issu de la légende de ce schéma de l’ESA : 

ExoMars Trace Gas Orbiter a pour objectif d’analyser l’atmosphère martienne, en particulier les traces de gaz tels que le méthane. Bien qu’il constitue une très petite partie de l’inventaire atmosphérique global, le méthane en particulier détient des indices clés sur l’état actuel de l’activité de la planète. Ce graphique illustre certaines des façons possibles d’ajouter ou de retirer du méthane de l’atmosphère. (credit ESA/ATG medialab)

Source principale de l’article : ExoMars poised to start science mission

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