Apollo 1, le 27 janvier 1967, un drame historique

Le 27 janvier 1967, l’essai de la capsule Apollo 1 n’allait pas avoir lieu comme prévu. Lors d’une répétition générale avant lancement sur le pas de tir, les astronautes Virgil « Gus » Grissom, Ed White et Roger Chaffee trouvent la mort dans l’incendie de la capsule.

L’équipage d’Apollo 1 : Virgil « Gus » Grissom, Ed White et Roger Chaffee (credit NASA)

Le lancement est prévu le 21 février pour la première mission Apollo. Mais lors de ce test avant lancement, les ennuis s’enchaînent. Il y a des problèmes de communication entre les astronautes et le contrôle au sol. «Comment allons-nous arriver à la Lune si nous ne pouvons pas parler entre deux ou trois bâtiments » a même déclaré Gus Grissom. Puis il y a les alarmes sur la pression en oxygène de la capsule et une augmentation inhabituelle du débit d’oxygène des scaphandres de l’équipage. Quatre secondes plus tard, l’un des astronautes, probablement Chaffee, prononce ces mots « Feu. Je sens le feu ». Deux secondes après, Ed White dit  « feu dans le cockpit ! « .

En théorie, l’équipage devait pouvoir ouvrir de l’intérieur en 90 secondes la trappe de la capsule. Mais le feu a augmenté si rapidement, en commençant sur le côté gauche de la capsule près de Grissom, que l’équipage n’a jamais eu une chance. L’équipage au sol a tenté de combattre le feu depuis l’extérieur, mais ce fut fini en cinq minutes.

Les investigations ont déterminé que la cause la plus probable de l’accident était due à un arc électrique provenant d’un câblage défectueux, qui a enflammé l’oxygène pur de la capsule. La NASA a alors complètement révisé le vaisseau spatial Apollo. La capsule redessinée,  avec une trappe à dégagement rapide, a permis ensuite d’amener 24 hommes vers La lune dont 12 d’entre eux ont marché sur sa surface.

50 ans après le drame, la NASA dévoile en 2017 pour la première fois au public la capsule au Centre Spatial Kennedy en Floride. Pendant des années, cette pièce clé de l’histoire du vol spatial a été maintenue derrière des portes closes du Centre de recherche de Langley en Virginie, bien que la veuve de Grissom ait demandé à l’exposer il y a plus de 20 ans en mémoire des astronautes disparus.

Mes quelques photos de l’exposition prises en février 2017 :

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Exposition Apollo 1
Exposition Apollo 1
Une exposition sobre mais pleine de souvenirs de ce drame qui a marqué à jamais l’histoire spatiale des Etats-Unis.

Quelques vidéos rares de l’équipage avant l’accident :

 

2 réflexions sur “Apollo 1, le 27 janvier 1967, un drame historique

  1. A part White les deux autres « navigateurs interstellaires » faisaient partie du premier programme spatial Américain. Voir Friendships.7
    La conquête de l’espace est dangereuse mais essentielle compte tenu des disparus connus ou non
    et d’exceptionnel(le)(s) êtres humains. Chez les femmes ont peut trouver la 1ere Valentina Terechkova. Qui peut dire après que l’égalité hommes femmes est absente des débats ?

  2. A noter que l’équipage initial de la mission Apollo 1 (AS 204) était composé de Grissom, White et Donn Eisele.

    Ce dernier, s’étant blessé au genou, fut remplacé par Roger Chaffee et affecté à l’équipage de réserve, celui qui fera finalement la première mission pilotée, Apollo 7, du programme Apollo (Schirra – Eisele – Cunningham). Par la même occasion, de LMP il devint CMP.

    Un premier équipage de réserve (back-up crew) avait été composé, d’avril à décembre 66, de McDivitt, Scott et Schweickart, qui feront la 3e mission pilotée, Apollo 9, du programme Apollo. Ils furent remplacés à la fin 66 par Schirra, Eisele et Cunningham qui, à cette époque, étaient affectés à Apollo 2 (AS 205).

    A noter qu’à l’origine, cette mission ne devait pas s’appeler Apollo 1 mais Apollo 4. Il y eut des changements dans la numérotation des vols Apollo à la demande des veuves des 3 astronautes, notamment de Betty Grissom.

    Suite à cette catastrophe, le programme Apollo subit un retard de 21 mois… mais les Soviétiques n’en profitèrent pas longtemps car, 3 mois plus tard, ce fut le drame de Soyouz 1 (Komarov). Comme quoi le malheur des uns ne fait pas toujours forcément le bonheur des autres.

    27 janvier 67, Apollo 1 ; 28 janvier 86, Challenger ; 1er février 2003, Columbia.
    Cette semaine est décidément maudite pour l’astronautique.

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