Alpha, la deuxième mission de Thomas Pesquet dans l’ISS en 2021

Le 10e astronaute français, membre du corps des astronautes de l’Agence Spatiale Européenne, va revoler en 2021 à bord de la Station Spatiale Internationale pour un séjour de longue durée d’environ 6 mois.

Lancement en Crew Dragon pour Crew-2

Pour cette seconde mission, le lancement s’effectuera dans le vaisseau américain Crew Dragon de SpaceX sous contrat de la NASA, avec un lanceur Falcon 9. La date de lancement est prévue à ce jour au printemps prochain, date dépendant des lancements précédents vers l’ISS, notamment le prochain vol en Crew Dragon prévu d’ici fin septembre prochain.

Thomas deviendra ainsi le premier astronaute européen à bord du vaisseau américain, qui effectuera alors sa 2e mission opérationnelle vers la Station, appelée Crew-2, la première étant prévue à l’automne actuellement [voir rotation des équipages].

Cela fera 10 ans qu’un Européen ne se sera pas envolé depuis les Etats-Unis, le dernier astronaute ESA étant Roberto Vittori à bord de la Navette Spatiale Endeavour en 2011, à l’occasion de la livraison du spectromètre magnétique Alpha AMS-02 à la Station spatiale internationale.

Même si Thomas ne sera que spécialiste de la mission, il a déjà commencé l’entrainement sur ce nouveau vaisseau.

Thomas Pesquet et Akihiko Hoshide en entraînement sur le Crew Dragon (crédit SpaceX/NASA/ESA)

Bien qu’il ait déjà réalisé 2 sorties dans l’espace, Thomas renouvelle l’entrainement à ces activités parmi les plus difficiles à l’ISS.

NBL training
Thomas Pesquet en entraînement aux sorties spatiales, ici le 20 juin 2020 au Neutral Buoyancy Laboratory de Houston (crédit NASA–Bill Stafford)

Pendant Proxima, sa première mission, Thomas a pris part à plus de soixante expériences européennes, plus de 200 expériences au total, et établi un record pour le plus grand nombre d’heures consacrées à la science en une semaine [Mission Proxima : premier bilan].

Dans les prochains mois, Thomas va commencer à s’entraîner aux expériences scientifiques françaises et européennes sélectionnées pour sa mission. A suivre…

Après Proxima, ce sera Alpha

Après Proxima, cette mission portera un nom choisi parmi plus de 27 000 propositions suite au concours lancé par l’ESA : ALPHA.

Le nom a été suggéré 47 fois. Et c’est la première personne à l’avoir suggéré qui recevra un écusson qui aura volé avec Thomas dans l’ISS. .

Logo de la 2e mission de Thomas Pesquet à bord de l’ISS en 2021 (crédit NASA)

Alpha, d’après Alpha Centauri, le système stellaire le plus proche de la Terre, perpétuant ainsi la tradition française qui consiste à baptiser les missions spatiales du nom d’une étoile ou d’une constellation.

« Il y avait de nombreuses raisons de choisir Alpha comme nom de mission» explique Thomas. « Il fait le lien avec ma première mission, Proxima, puisque les étoiles appartiennent au même système proche de la Terre et donc véhiculent la même idée de proximité — tout comme la recherche spatiale au service de la population de la Terre – et une idée de poursuite de mon travail. La lettre grecque alpha est également très utilisée en mathématiques, dans les sciences et la technologie. Et en tant que première lettre de l’alphabet, elle est souvent synonyme de l’excellence que nous cherchons à atteindre dans l’exploration spatiale » [ci-après dans cette vidéo en anglais].

Alpha était également l’appellation d’origine de la Station, qui est toujours utilisée aujourd’hui dans son indicatif d’appel radio. C’est aussi un mot qui se prononce de la même manière dans presque toutes les langues. Parfait pour une mission européenne dans un contexte international.

L’écusson Alpha a été conçu par les artistes graphiques de l’ESA. il comprend 17 aplats de différentes couleurs sur le pourtour, représentant les 17 objectifs de développement durable fixés par les Nations Unies. En haut de l’écusson, la Station spatiale internationale est stylisée dans les couleurs du drapeau français. Dix étoiles brillent en arrière-plan ; elles évoquent à la fois la constellation du Centaure et les dix Français qui ont volé dans l’espace.

Récapitulatif des missions des astronautes français (crédit Tezio @wikispace)

Ses collègues de vol : des vétérans aussi

Dans la foulée de l’annonce de la seconde mission de Thomas, la NASA a annoncé le nom des 3 autres astronautes qui prendront place à bord du Crew Dragon :

Les astronautes de la NASA Shane Kimbrough et Megan McArthur seront respectivement le commandant et le pilote du Crew Dragon pour la mission Crew-2. L’astronaute de la JAXA, l’agence spatiale japonaise, Akihiko Hoshide sera spécialiste de mission comme Thomas Pesquet.

De gauche à droite : Megan McArthur, Shane Kimbrough, Akihiko Hoshide et Thomas Pesquet (crédit NASA)

Ce sera la 3e mission pour Shane Kimbrough, dont le 2e séjour de longue durée à l’ISS (STS-126 en 2008 avec la Navette Spatiale Endeavour et Expédition 49/50 en 2016), totalisant 189 jours dans l’espace et six sorties spatiales.

McArthur effectuera son deuxième vol spatial. Elle faisait partie de l’équipage de la dernière mission de maintenance du télescope spatial Hubble, en 2009, avec STS-125 de la Navette Spatiale Atlantis. Elle n’a passé que 12 jours et 21 heures dans l’espace. A noter qu’elle est l’épouse de Bob Behnken, l’un des 2 astronautes de la mission Crew Dragon Demo-2.

Ce sera le troisième vol spatial d’Akihiko Hoshide. Il faisait partie de la mission STS-124 à bord de la navette spatiale Discovery en 2008 et il était membre d’équipage pour les Expéditions 32 et 33 en 2012 pour un séjour de 124 jours dans l’ISS.

Les membres d’équipage de réserve de Crew-2 ne sont pas tous connus. L’ESA a toutefois annoncé que Matthias Maurer était la doublure de Thomas Pesquet et qu’un vol lui serait assigné pour 2021. On pourrait avoir éventuellement 2 astronautes européens en même temps dans l’ISS pendant quelques jours lors de la rotation des équipages.

Astronauts in training
Matthias Maurer (à gauche) et Thomas Pesquet (à droite) à l’entrainement à la NASA à Houston le 23/06/2020 (crédit NASA–Robert Markowit)

Source principale : Thomas Pesquet de l’ESA sera le premier Européen à embarquer à bord d’un Dragon à destination de la Station spatiale

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1 Comment

  1. NB : pour Roberto Vittori, il s’agissait de sa 3e mission, STS-134.

    NB : pour ce qui concerne l’équipage de réserve, on devrait y trouver à mon avis Raja « Grinder » Chari. On le voit en effet sur une photo datant du 25 juin 2020 à l’entraînement au JSC aux côtés de Matthias Maurer, Akihiko Hoshide et K. Megan McArthur (appelée Megan Behnken sur cette photo).

    (source : jsc2020e029866.jpg / nasaspaceflight.com / Flight crew assignments du 28 juillet 2020)

    ***

    Pour mémoire, par ordre chronologique, vols orbitaux seuls, Akihiko Hoshide fut le 478e homme de l’espace (69e « autre » et 7e Japonais), R. Shane Kimbrough le 486e (309e US), K. Megan McArthur le 493e (316e US, 51e femme et 42e femme US) et Thomas G. Pesquet le 549e (81e « autre » et 10e Français).

    (Les « autres » sont ceux qui ne sont ni Russes ou ex-Soviétiques – mais y compris Kadenyuk et Aimbetov – ni Américains ni Chinois.)

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