Actualités spatiales du 18 au 24 mars : Vega, EVA et la poussière de Bennu

Nouvelle semaine pleine de grosses news ! Un tir Vega, une EVA, la poussière de Bennu et d’autres petites infos.

 

Vega et le 600ème satellite lancé par Arianespace

Dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mars, à 22h50 heure de Kourou (le vendredi à 02h50 heure française), une fusée Vega a décollé avec le satellite PRISMA à bord, du Centre Spatial Guyanais. Le vol s’est bien passé. C’était le premier tir Vega et le troisième tir opéré par Arianespace en 2019.

Décollage de la Vega VV14 de son pas de tir au CSG (crédits ESA/CNES/Arianespace/CSG/S. Martin)

C’était le 308ème lancement opéré par Arianespace et le 14ème lancement Vega depuis son premier lancement en 2012. A T0, le moteur à carburant solide de l’étage principal (P80) a décollé efficacement la Vega du sol grâce à ses 310 tonnes de poussée. 1 min 54 s après, le premier étage s’est séparé et le moteur Zefiro 23 du second étage s’est allumé pendant 103 secondes. Le troisième étage et son moteur Zefiro 9 ont pris le relais pendant 2min 35s. Enfin, 100 secondes après séparation du troisième étage, le quatrième étage (Attitude and Vernier Module ou AVUM) a terminé la livraison en allumant deux fois son moteur RD-843. 54 minutes après le décollage, PRISMA était livré sur son orbite. L’AVUM a allumé une dernière fois son moteur pour se désorbiter.

Juste après la fin du vol, Stéphane Israël, PDG d’Arianespace, a annoncé qu’il était un succès.

Le profil du vol (crédit Arianespace)

PRISMA est un satellite d’observation de l’agence spatiale italienne (ASI). C’est le troisième satellite de l’agence lancé par Arianespace. La Vega l’a injecté en orbite basse (615 km). PRISMA est un satellite expérimental d’imagerie hyperspectrale développé par OHB Italie. Pesant 953,5 kilos, le satellite n’a à bord qu’une seule charge utile : un instrument optique de 90 kilos pour décomposer la lumière. Ainsi, à l’aide d’un imageur panchromatique, PRISMA peut fournir des images de la surface terrestre dans 239 bandes de fréquences différentes, le tout avec une résolution spatiale de cinq mètres. Suivi de l’environnement, des cultures de tel ou tel type de céréales, lutte contre la pollution, les images de PRISMA pourront servir de bases de données pour toutes ces opérations.

PRISMA (PRecursore IperSpettrale della Missione Applicativa) en salle blanche au CSG (crédits CNES/ESA/Arianespace/CSG/JM Guillon)

Avec PRISMA, Arianespace fête son 600ème satellite mis en orbite. De plus c’est 100% de réussite pour la Vega en 14 tirs. A l’issue du lancement, Stéphane Israël a d’ailleurs rappelé que 9 lancements Vega (Vega-C incluse) étaient commandés. Côté Italie (rappelons-le la Vega est construite sous la maîtrise d’œuvre d’Avio), Arianespace a encore deux lancements en attente : un tir Soyouz et un tir Vega-C pour lancer les satellites COSMO-SkyMed de l’ASI et de la Défense, construits par Thalès Alenia Space.

Sources : Arianespace, SpaceflightNow, Eric Bottlaender

 

Première EVA pour Nick Hague et Anne McClain

La première des sorties spatiales de 2019 a eu lieu le vendredi 22 mars. Les astronautes américains Anne McClain et Nick Hague ont passé 6 heures et 39 minutes à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale pour sa maintenance.

Détails dans l’article : ISS : la première sortie spatiale américaine de 2019

Les astronautes de la NASA Nick Hague (en haut) et Anne McClain au cours de la sortie dans l’espace EVA 52 du 22/03/2019 (credit NASA)

 

Osiris-Rex Bennu

Depuis décembre 2018, la sonde américaine Osiris-Rex orbite autour de l’astéroïde Bennu et a commencé à en cartographier précisément la surface. Et les découvertes sont nombreuses.

A lire ici : Osiris-Rex : premières révélations sur l’astéroïde Bennu

La vue de l’astéroïde Bennu éjectant des particules de sa surface le 19 janvier a été créée en combinant deux images prises par l’imageur NavCam 1 à bord de la sonde OSIRIS-REx de la NASA: une image à courte exposition (1,4 ms), qui montre clairement l’astéroïde, et une longue image d’exposition (5 sec), qui montre clairement les particules. D’autres techniques de traitement d’images ont également été appliquées, telles que le recadrage et le réglage de la luminosité et du contraste de chaque couche. (Crédits: NASA/Goddard/University of Arizona/Lockheed Martin)

 

En Bref…

Correction d’orbite de l’ISS

Le 23 mars 2019, une correction planifiée de l’orbite de l’ISS a été effectuée. Le système de propulsion du cargo Progress a été allumé pendant 342,3 secondes. La Station a ainsi reçu une augmentation de vitesse de 0,69 m/s.

Cette correction permet d’avoir des conditions balistiques optimales pour l’arrivée du cargo Progress MS-11 prévue le 4 avril prochain. Désormais l’altitude minimale de l’ISS est de 408,8 km, l’altitude maximale à 428,8 km, avec une période d’orbite de 92,697 minutes et une inclinaison de 51,625°.

REXUS 26 dernier d’une campagne triple

Lundi 18 mars, c’était le dernier tir de la campagne REXUS 2019, qui compte désormais trois tirs en trois semaines. La REXUS 26 a décollé de l’Esrange Space Center à Kiruna et est montée jusqu’à 82 km. A la fin, comme d’habitude, la fusée a déployé son parachute et est redescendue en douceur à proximité du pas de tir. La REXUS 26 et ses charges utiles ont été ensuite récupérées par hélicoptère.

Selon l’ESA, le vol s’est bien passé, ce qui fait un triple succès pour la REXUS cette année. A bord se trouvaient quatre charges utiles, sponsorisées par l’ESA ou la DLR :

  • TRACZ (Testing Robotic Applications for Catching in Zero-g), de l’université de Wroclaw (Pologne) et sponsorisée par l’ESA : test de l’utilisation d’un gripper (pince) fabriqué à partir d’un matériau expérimental en condition zéro-G.
  • PRIME (Plasma measuRements wIth Micro Experiment), du Royal Institute of Technology (Suède), sponsorisée par l’ESA : démonstrateur pour tester et valider un dispositif expérimental pour mesurer le plasma dans la ionosphère. Le dispositif a éjecté deux petites charges utiles (FFU : Free Falling Units) de la REXUS 26, et ces unités, en tombant, ont mesuré le flux d’électrons du plasma de la ionosphère. Les mesures de ces FFU seront confrontées aux données radars ainsi qu’aux modèles pour validation.
  • ELVIS (Exploration of Low-Velocity collisions In Saturn’s rings), de la TU de Braunschweig, sponsorisée par la DLR.
  • TUPEX-6 (TU Berlin Picosatellite Experiment-6) : sponsorisée par la DLR.

Une cinquième charge utile était prévue d’être à bord pour tester un dispositif de largage de ballon lors de la descente atmosphérique, mais n’a pas pu être du voyage à cause de problèmes techniques.

 

Nauka : retour à l’atelier

Rappelez-vous que la Station Spatiale Internationale n’est toujours pas terminée ! Le dernier module russe MLM (Nauka) est censé rejoindre la Station. On dit bien « censé » car l’amarrage est prévu depuis… 2007. Soucis de construction, soucis de budget, le système de propulsion qui a connu une fuite majeure, ça fait 12 ans que le module maudit attend son lancement. D’ailleurs tant que Nauka ne sera pas amarré à l’ISS, les cosmonautes russes tourneront toujours à deux et non plus à trois dans le segment russe de l’ISS.

Suite à des tests chez Krounichev, qui semblaient positifs pour un lancement en 2019, Nauka retournera finalement à l’atelier pour y changer les réservoirs.

MLM Nauka (crédits ROSCOSMOS/Energia)

 

Article fait à quatre mains avec Isabelle.

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