L’actualité spatiale de la semaine du 14 mai : EVA à l’ISS, simulation, TESS et satellite relais lunaire

Une semaine avec un seul lancement car deux programmés initialement cette semaine ont été reportés semaine suivante. L’actualité spatiale aura été une nouvelle fois bien chinoise, mais aussi très lunaire. Toutefois à l’ISS, il y a eu une sortie spatiale pour la maintenance de la Station.

Fin de 370 jours de simulation

A l’instar des simulations martiennes comme MARS 500 ou MDRS [lire #MDRS], la Chine réalise aussi des simulations d’isolement de longue durée afin de préparer les futures missions d’exploration spatiale de notre Système Solaire.

Le 15 mai, quatre étudiants, deux hommes et deux femmes, sont sortis de plusieurs mois de confinement. Au total, huit volontaires se sont relayés.

Sortie le 15/05/2018 du module Yuegong-1 de 4 volontaires après 1 an d’isolement (credit Xinhua/Ju Huanzong)

L’expérience a débuté le 10 mai 2017 avec un premier séjour de 60 jours dans YueGong-1 (月宫 一号) (ou Palais de la Lune 1), suivi d’un deuxième groupe en remplacement du premier pour un séjour de 200 jours. entre le 9 juillet 2017 et le 26 janvier 2018, et un troisième groupe pour 110 jours.

Le premier groupe de volontaires rejoint par un second lors d’une simulation d’isolement lunaire à Pékin (credit Shi Yue Song Chao China Daily)

Yuegon-1 est un ensemble de modules de 160 mètres carrés et 500 mètres cubes situé à l’Université de Beihang près de PékinL’oxygène, l’eau et les aliments y sont recyclés, créant un environnement semblable à celui de la Terre, avec un taux de recyclage proche de 98% selon les responsables. Dans 2 modules dédiés à la culture, les volontaires y ont cultivé du blé, des fraises et d’autres plantes. Il y avait aussi une petite quantité de porc et de poulet pré-stockés. La principale source de vitamines pour les volontaires a été constituée par les vers de farine élevés dans l’un des modules. Ils ont été rôtis, moulus et mélangés avec de la farine pour faire des petits pains et des crêpes.

L’un des volontaires,  Gao Han, étudiant en troisième année de master en biomédecine, a déclaré que « le système fonctionnait bien, il y avait beaucoup de légumes à manger ». « Si une amélioration est nécessaire, je voudrais manger des œufs qui n’étaient pas disponibles en laboratoire, il serait préférable qu’il y ait plus de sources de graisse animale ». Les volontaires ont bu de l’eau issue d’une machine de purification. « L’eau est limitée mais suffisante pour nous laver, nettoyer les légumes et boire tous les jours », a-t-il aussi déclaré. « C’était vraiment un défi, le soleil me manquait tellement ».

Les chercheurs évalueront les conditions physiques et mentales des volontaires, étudieront les résultats des tests et exploreront des équipements bio-régénératifs plus petits qui pourraient être chargés dans des laboratoires spatiaux futurs, et des sondes lunaires et martiennes.

Les bénévoles avaient accès à Internet. Ils pouvaient également jouer aux échecs, faire du yoga et faire du vélo d’exercice. Ils ont également étudié l’anglais et écouté la radio. Les volontaires ont dû passer des contrôles psychologiques et de santé chaque semaine, a déclaré Liu Dianlei, un autre volontaire. « L’isolement nous a permis de rester concentrés sur nos papiers et nos expériences, nous avons aussi cherché du plaisir, j’ai fait un peu de magie pour divertir le groupe ».

Liu Hong, concepteur en chef de Yuegong-1, a déclaré que le test marquait le plus long séjour dans un système de survie bio-régénérative, dans lequel les humains, animaux, plantes et micro-organismes coexistent dans un environnement fermé simulant une base lunaire. Il a déclaré que les systèmes de support de vie bio-régénératifs avaient bien fonctionné sur une longue période de temps. Les chercheurs ont également étudié le mécanisme par lequel la lumière affecte les rythmes biologiques et les émotions de l’être humain. Ils ont également amélioré la technologie pour la plantation verticale.

« Ce n’est pas la fin, mais un nouveau point de départ pour continuer à explorer l’espace », a déclaré Liu à la fin de la simulation.

(source principale xinhuanet.com)

ISS : EVA 50

Mercredi 16 mai, Drew Feustel et Ricky Arnold ont réalisé respectivement leurs huitième et quatrième sorties dans l’espace.

Photo de l’EVA 50 par Oleg Artemyev depuis l’ISS : pas beaucoup de place dans le sas Quest quand les 2 astronautes en scaphandre, Drew Feustel et Ricky Arnold, y prennent place, assistés de Scott Tingle et Norishige Kanai

Ils ont passé 6 heures et 31 minutes dans le vide spatial. Ils ont notamment déplacé un sous-ensemble défectueux de pompage de l’ammoniac de refroidissement des panneaux solaires, ou Pump Flow Control Subassembly (PFCS), depuis la poutre principale de l’ISS (ou Truss) vers une zone de stockage. Ils ont aussi déplacé un PFCS spare depuis cette zone de stockage à l’extérieur de l’ISS (External Stowage Platform-1, ou ESP-1) vers l’emplacement libéré, afin que ce matériel de rechange soit plus accessible en cas de besoin pour une réparation ultérieure. Ils ont été fortement aidés par le bras robotique Canadarm équipé de sa « main » Dextre.

Photo de l’EVA 50 du 16/05/2018 par Oleg Artemyev depuis l’ISS

Les 2 astronautes ont ensuite retiré et remplacé un groupe de caméras et un des 2 transmetteurs/récepteurs en bande Ku des communications Terre/ISS.

Photo de l’EVA 50 du 16/05/2018 par Oleg Artemyev depuis l’ISS

Il s’agissait de la 5e EVA de l’année à l’ISS et de la 210e sortie spatiale pour l’assemblage ou la maintenance de la Station Spatiale Internationale.

Photo de l’EVA 50 du 16/05/2018 par Oleg Artemyev depuis l’ISS

Tess a survolé la Lune

Le téléscope spatial TESS qui a décollé le 19 avril dernier a effectué un survol de la Lune le 17 mai. Le satellite de la NASA est passé à environ 8 000 kilomètres de la Lune.  Le satellite naturel de la Terre a ainsi fourni une assistance gravitationnelle qui va aider TESS à se propulser vers son orbite de travail finale.

Image d’artiste représentant le télescope spatial TESS lors de son survol de la Lune le 17/05/2018 (credit NASA’s Goddard Space Flight Center)

A cette occasion, l’équipe scientifique de TESS a pris une photo test de deux secondes d’exposition en utilisant l’une des quatre caméras du télescope. L’image, centrée sur la constellation du sud du Centaure, a révélé plus de 200 000 étoiles, selon la NASA. Le bord de la nébuleuse de Coalsack est dans le coin supérieur droit et l’étoile brillante Beta Centauri est visible sur le bord inférieur gauche.

Première photo de TESS, le chasseur d’exoplanètes de la NASA le 17/05/2018 (credit NASA / MIT / TESS)

 

TESS devrait couvrir plus de 400 fois plus de ciel que sur cette image avec ses quatre caméras lors de sa durée de vie initiale de deux ans.

Le 30 mai prochain, TESS subira un dernier allumage de son moteur pour entrer dans son orbite scientifique spécifique autour de la Terre. Cette orbite hautement elliptique maximisera la quantité de ciel que le chasseur d’exoplanètes pourra imager, lui permettant de surveiller en permanence de larges bandes du ciel. TESS devrait commencer ses opérations scientifiques à la mi-juin après avoir atteint cette orbite et avoir terminé les étalonnages de ses instruments.

Source : NASA’s New Planet Hunter Snaps Initial Test Image, Swings by Moon Toward Final Orbit

Un satellite relais chinois envoyé vers la Lune

Dimanche 20 mai, la Chine a lancé Queqiao, un satellite de télécommunications qui orbitera au point de Lagrange L2 Terre/Lune à environ 500 000 kilomètres de la Terre. il servira à retransmettre les données entre la Terre et la future mission lunaire chinoise, Chang’e4 qui doit faire atterrir un lander et un rover fin 2018 sur la face cachée de la Lune.

Détails dans l’article dédié : Queqiao : une nouvelle étape vers la Lune pour la Chine

Le récap en vidéo :

 

Une réflexion sur “L’actualité spatiale de la semaine du 14 mai : EVA à l’ISS, simulation, TESS et satellite relais lunaire

  1. NB : c’est bien la 8e EVA de Drew Feustel mais seulement la 5e depuis l’ISS. Ses trois premières EVA avaient été effectuées les 14, 16 et 18 mai 2009, en compagnie de John M. Grunsfeld, au cours de la mission STS-125 / Atlantis F-30 / HST SM-4 (Hubble Space Telescope, servicing mission 4).

    Il en est actuellement à près de 55 heures d’EVA cumulées contre 25 h 15 pour Ricky Arnold.

    L’EVA 51 sera effectuée également par Feustel et Arnold ; ce sera la 211e en rapport avec l’ISS.

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