L’actualité spatiale du 5 au 11 novembre : Parker Solar Probe, Soyouz et Metop C, départ de l’HTV-7, Electron

Une semaine calme côté lancements, mais il se passe toujours quelque chose dans l’espace ! Voici ma sélection.

Parker Solar Probe survole le Soleil pour la première fois

Lancée le 12 août dernier, la mission Solar Parker Probe de la NASA a effectué son premier survol du Soleil, le périhélie, le 5 novembre.

A retrouver ici : Parker Solar Probe, plus vite et plus proche du Soleil

Image d’artiste de Parker Solar Probe s’approchant du Soleil (credit NASA)

 

METOP-C, un satellite météo européen sur orbite

Mercredi  7 novembre, une fusée Soyouz a décollé du Centre Spatial Guyanais à 0h47 UTC (plus d’informations sur le lanceur et le lancement dans le dossier de presse).

A bord, le satellite météorologique Metop-C, le dernier d’une série de trois satellites en orbite polaire du programme EUMETSAT Polar System (EPS), développés en coopération avec l’ESA, pour le compte d’EUMETSAT, l’organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques géostationnaires Meteosat -8, 9, 10 et 11 et les deux satellites en orbite polaire Metop-A (lancé en 2006) et B (lancé en 2012).

Preparing for fuelling

Visualisation de l’orbite polaire des satellites météo Metop (à droite) et JPSS de la NOAA (à gauche). (credit Eumetsat/NOAA)

METOP-C, satellite de 4 tonnes, lors de sa préparation au lancement à Kourou (Credits: ESA/CNES/Arianespace)

Le système polaire d’EUMETSAT est une coopération entre EUMETSAT, l’Agence Spatiale Européenne, le CNES et la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). Afin d’avoir une fréquence de visite plus élevée aux moyennes latitudes (passage au-dessus de l’Europe ou l’Amérique du Nord), les satellites Metop d’EUMETSAT volent sur l’orbite polaire héliosynchrone « de mi-matinée », tandis que les satellites JPSS de la NOAA effectuent l’orbite complémentaire de « l’après-midi ». Du coup, les données sont rafraîchies toutes les 6 heures environ. 

 

Metop-C, dont la maîtrise d’oeuvre a été assurée par AIRBUS Space (comme pour les 2 précédents METOP), fournira des observations essentielles pour les prévisions météorologiques jusqu’à 10 jours depuis une orbite à 817 km d’altitude. Metop-C contient 10 instruments mesurant principalement les profils verticaux de température et d’humidité, les propriétés des nuages, la composition atmosphérique, la température de la surface de la mer, le vent à la surface de l’océan, les paramètres de la glace de mer, les paramètres de la végétation et l’humidité du sol :

  • Des instruments européens : IASI (Interféromètre Atmosphérique de Sondage Infrarouge), ASCAT, GOME-2 et GRAS.
  • des instruments partagés identiques sur les satellites Metop et les satellites JPSS de la NOAA : AVHRR/3, AMSU-A, HIRS/4 et MHS.
  • Un système Argos-3 (A-DCS) pour la réception des données à près de 20 000 émetteurs miniaturisés Argos actifs déployés dans le monde entier sur les océans ou sur des animaux par exemple.
  • SEM (Space Environmental Monitor), pour la surveillance de l’activité solaire et la météo spatiale susceptibles d’affecter les satellites et les instruments.
  • Un récepteur/émetteur SARSAT (S&R, Search and Rescue). Il reçoit des signaux de détresse provenant de différents types de balises de détresse (utilisation aérienne, maritime ou personnelle) qui sont ensuite redirigés vers des centres de contrôle de sauvetage. Depuis sa création en 1982, le système Cospas-Sarsat a aidé à secourir plus de 37 000 personnes dans plus de 10 000 incidents.
Les différents instruments de Metop-C (credit Eumetsat)

Les applications des satellites Metop :

  • Météorologie opérationnelle : Prévisions météorologiques numériques mondiales et régionales allant de 12 heures à 10 jours et prévisions immédiates régionales de conditions météorologiques à fort impact aux moyennes et hautes latitudes.
  • Applications marines : météorologie maritime et prévision de l’état de la mer, et océanographie opérationnelle.
  • Surveillance de l’environnement : surveillance et prévision de la qualité de l’air; monitoring de l’ozone
  • Surveillance du climat : enregistrements climatiques à long terme de diverses variables climatiques essentielles.

Metop-C va assurer la transition avec le système EPS-SG en cours de développement avec l’ESA, dont le lancement du premier satellite, Metop de deuxième génération, ou METOP-SG est prévu fin 2022.

Infographie Airbus sur Metop-C

Départ du cargo HTV-7 de l’ISS

Le cargo de ravitaillement japonais HTV-7 est parti de l’ISS le mercredi 7 novembre après 41 jours amarré à la Station. Les contrôleurs au sol ont utilisé le bras robotique Canadarm2 pour désamarrer le cargo du module Harmony.

Releasing JAXA's HTV7 cargo vehicle from the ISS

Photo d’Alexander Gerst depuis l’ISS : « Nous avons libéré le cargo HTV-7 de la JAXA aujourd’hui (7 novembre 2018), après qu’il ait livré le nouveau système d’assistance à la vie de l’ESA et d’autres expériences importantes à la Station spatiale internationale. Pour la toute première fois, HTV-7 propose une petite capsule de retour contenant une cargaison scientifique pour le Japon, qui devrait rentrer le samedi. Test passionnant !  » (Credit: ESA/A. Gerst)

Le commandant de l’Expédition 57, Alexander Gerst, et Serena Auñón-Chancellor ont ensuite commandé le bras robotique pour libérer le HTV.

Japan's HTV-7 resupply ship is pictured after it was released from the grips of the Canadarm2

Le cargo de réapprovisionnement HTV-7 venant d’être libéré des « griffes » du bras robotique du Canadarm2 au-dessus de l’Océan Pacifique. A gauche les côtes de la Basse-Californie (credit NASA).

Arrivé le jeudi 27 septembre, le cargo avait amené un peu plus de 6 tonnes de cargaison à la Station [détails dans L’actualité spatiale de la semaine du 24 au 30 septembre] dont le rack ACLS, installé dans l’ISS par Alexander Gerst le 1er octobre dernier [lire L’actualité spatiale de la semaine du 8 au 14 octobre], ou de nouvelles batteries lithium-ion amenées dans la partie non pressurisée du cargo, pour l’instant stockées à l’extérieur de l’ISS dans l’attente d’une sortie extra-véhiculaire américaine pour les installer à leur place définitive. Mais une partie de cette cargaison est utilisée en fin de mission.

C’est le cas de la capsule de rentrée HTV Small Re-Capsule ou HSRC qui a été déployée à une altitude d’environ 300 km à partir du cargo après son départ. Conçue par la JAXA et assemblée par l’équipage de l’ISS sur la porte du sas du cargo avant son désamarrage, la capsule va ramener sur Terre des échantillons de cristaux de protéines. La capsule expérimentale devait effectuer un amerrissage assisté par parachutes au large des côtes du Japon, où un navire de la JAXA sera prêt à la récupérer. Au moment où j’écris ces lignes, on ne sait pas si l’expérimentation a réussi.

La capsule HRSC est visible sur la porte du sas du cargo HTV-7 après son détachement de l’ISS le 07/11/2018 (crédit JAXA / NASA)

 

Le cargo HTV-7 rempli de déchets de la Station, est rentré dans l’atmosphère terrestre et a brûlé au-dessus de l’Océan Pacifique Sud le 10 novembre.

Troisième lancement pour Electron

L’entreprise privée américaine Rocket Lab a réussi le 3e lancement de sa fusée légère Electron. Le décollage a eu lieu dimanche 11 novembre à 3h50 UTC depuis le Rocket Lab launch facility en Nouvelle-Zélande.

Décollage Electron « It’s Business Time » le 11/11/2018 (credit Rocket Lab)

Il s’agit du premier vol opérationnel, nommé « It’s Business Time » (le temps des affaires !). 

Six satellites et un démonstrateur technologique, pour une masse totale d’environ 40 kg (loin des performances du lanceur de 225 kg max) ont été mis sur orbite basse par l’étage supérieur Curie moins d’une heure après le décollage :

  • LEMUR-2-ZUPANSKI & LEMUR-2-CHANUSIAK  de Spire Global. Les satellites de la constellation Lemur (une soixantaine de nanosatellites sur orbite actuellement) sont utilisés pour le suivi des mouvements de navires dans les régions les plus reculées du globe.
  • Un nanosatellite construit par Tyvak Nano-Satellite Systems
  • IRVINE01 , un cubesat construit par des écoles d’Irvine en Californie
  • 2 nanosatellites pour Fleet Space Technologies pour le démarrage d’un constellation de satellites pour l’internet des objet (IoT)
  • NABEO, un démonstrateur de voile solaire de 2,5 m² pour la désorbitation passive des satellites

En bref

Nouveau report pour Pegasus XL et ICON

Après de multiples reports depuis un an, le décollage du satellite ICON (Ionospheric Connection Explorer) de la NASA n’a toujours pas eu lieu, malgré une tentative mercredi 7 novembre. De mauvaises données enregistrées sur le lanceur Pegasus XL, une fusée transportée sous l’aile d’un Lockheed L-1011 TriStar, appelé Stargazer, ont été enregistrées lors des premières minutes de vol de l’avion porteur, entraînant le retour à la base de Cap Canaveral en Floride. Aucune nouvelle date de tir n’a été annoncée en raison des activités à venir sur la base de lancement comme le décollage d’une Falcon 9 le 14 novembre.

La fusée Pegasus XL, suspendue sous son avion porteur L-1011, avant son départ de la base aérienne de Cap Canaveral mercredi 7 novembre pour une tentative de lancement qui a ensuite été interrompue (Crédit: NASA / Frank Michaux)

Panne d’ordinateur à l’ISS

Le 8 novembre, l’un des trois ordinateurs centraux du segment russe de la Station Spatiale Internationale a eu un dysfonctionnement : un crash logiciel. Il a fallu procéder à son redémarrage. Selon Roscosmos, cette défaillance passagère n’a pas affecté le travail dans l’ISS, et après quelques tests, l’ordinateur fonctionne à nouveau correctement. Roscosmos a rappelé dans un communiqué que pour le fonctionnement normal de la Station, deux ordinateurs en état de fonctionnement suffisent. En tout, il y a 6 ordinateurs qui contrôlent l’ISS depuis le module Zvezda.
La plus grave panne informatique de l’histoire de l’ISS a eu lieu le 11 juin 2007, en pleine sortie spatiale. Détails dans l’article de Nicolas sur Kosmonavtika (§7).

Le récap en vidéo

Ça arrive !

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