L’actualité de l’exploration spatiale d’octobre

Voici ma sélection de l’actualité spatiale, volet Exploration et missions scientifiques, d’octobre.


Premier survol de Mercure par Bepi Colombo

Le 1er octobre la sonde BepiColombo a effectué son premier survol de sa destination finale : Mercure.

A (re)découvrir sur l’article dédié :


Perseverance livre ses premiers résultats scientifiques

Les premières données du rover Perseverance montrent qu’un lac vaste et profond existait sur Mars il y a 3,6 milliards d’années. Ces résultats viennent d’être publiés dans la revue Science. A découvrir dans cet article du CNRS : Mars : le cratère Jezero a bien été un lac

Vue colorisée du cratère Jezero où s’est posé Perseverance et la zone visée (ellipse noire) pour l’atterrissage NASA/JPL-Caltech/MSSS/JHU-APL/ESA

Une nouvelle mission d’exploration décolle : Lucy

La mission Lucy de la NASA a décollé le 16 octobre à destination des satellites troyens de Jupiter.

Quelle est cette mission de 12 ans ? Réponse dans cet article :


La conjonction martienne est terminée et la science a repris

La période de conjonction martienne [voir actualité de septembre] est terminée. Les activités scientifiques des mission à la surface de Mars ont donc repris.

La conjonction a été observée depuis l’espace par l’observatoire spatial ESA/NASA Soho :

La planète Mars en conjonction avec le Soleil le 8/10/2021 observé par le coronographe Lasco C2 embarqué sur l’observatoire spatial Soho (animation sur 48 heures, crédits : Erwin Dehouck , SOHO/Lasco – ESA – NASA)

Le télescope James Webb est arrivé en Guyane

Après un long voyage en bateau, le télescope spatial James Webb est arrivé le 12 octobre au Centre Spatial Guyanais pour sa campagne de lancement.

Après des années de retard, le télescope très attendu des scientifiques doit décoller le 18 décembre prochain (date à ce jour, susceptible de modifications) à bord d’une Ariane 5.

Un premier article sur le JWST écrit en 2016 pour vous faire attendre le prochain : Le James Webb Space Telescope, un digne successeur à Hubble


Exomars 2024 poursuit sa préparation

En octobre, le rover martien Rosalind Franklin a subi un test sous vide et sous températures de 120 heures à 35°C sans une chambre à vide chez Thales Alenia Space à Rome pour retirer toutes contaminations cachées comme le dégazage de matériaux comme de petits morceaux de colle. L’objectif de cet essai est de réduire au maximum toute signature de contamination d’origine terrestre, pour permettre une détection propre des composés organiques sur Mars qui seront effectués par l’un des instruments à bord, le Mars Organics Molecule Analyzer (MOMA). Une mesure du « bruit de fond » sera bientôt réalisée par l’instrument.


14e vol pour Ingenuity

Avant d’effectuer un nouveau vol, les ingénieurs du JPL ont vérifié que l’hélicoptère martien Ingenuity avait survécu à la période de conjonction, et donc au froid martien, avec un test de rotation de ses pales à 50 rpm.

Le 14e vol a ensuite été effectué le 24 octobre : un petit saut de 23 secondes, avec 2 mètres parcourus et seulement à 5 mètres d’altitude maximum afin de tester la nouvelle vitesse de rotation des pales à 2 700 rpm en raison du changement de pression atmosphérique de Mars (ça fluctue selon les saisons).

14e vol d’Ingenuity le 24/10/2021 : sept images par seconde, entre deux images les pales réalisent plus de 6 tours (crédits : images NASA/JPL ; mise en vidéo Aurélien Genin)

Hubble : la science suspendue

Le télescope spatial Hubble est en mode « sans échec » depuis le 25 octobre, suspendant du coup les opérations scientifiques.

Les instruments scientifiques de Hubble ont émis des codes d’erreur indiquant la perte d’un message de synchronisation spécifique. Ce message fournit des informations de synchronisation que les instruments utilisent pour répondre correctement aux demandes de données et aux commandes. L’équipe de mission a réinitialisé les instruments, reprenant les opérations scientifiques le lendemain matin.

Le 25 octobre, les instruments scientifiques ont de nouveau émis des codes d’erreur indiquant de multiples pertes de messages de synchronisation. En conséquence, les instruments scientifiques sont entrés de manière autonome dans des états de mode sans échec comme programmé.

Au 4 novembre, les investigations étaient toujours en cours pour connaitre l’origine du problème.


Un morceau de la face cachée de Pluton dévoilée

Le 27 octobre, la NASA a dévoilé une image obtenue à partir de 360 ​​images prises par la sonde New Horizons alors qu’elle regardait l’hémisphère sud de Pluton après son survol de la planète le 14 juillet 2015 : une partie de l’hémisphère sud de la face cachée de Pluton a été éclairée par la faible lumière du Soleil se reflétant sur la surface glacée de la plus grande lune de Pluton, Charon, révélant ainsi quelques détails aux chercheurs. qui a fait l’objet d’une publication.

La carte résultante, tout en contenant toujours du bruit numérique, montre quelques caractéristiques importantes sur la surface ombragée de Pluton. La plus importante d’entre elles est une zone de croissant sombre à l’ouest, où ni la lumière du soleil ni la lumière de Charon ne tombaient lorsque New Horizons a pris les images. Aussi remarquable est une grande région lumineuse à mi-chemin entre le pôle sud de Pluton et son équateur. L’équipe soupçonne qu’il peut s’agir d’un dépôt de glace d’azote ou de méthane semblable au « cœur » glacé de Pluton sur son côté opposé. 

Sur la zone de croissant sombre à droite, le sol est faiblement éclairé par la lumière du Soleil réfléchie par la lune Charon (crédit NASA/Johns Hopkins APL/Southwest Research Institute/NOIRLab)

Saviez-vous que désormais la sonde New Horizons est maintenant 51 fois plus loin de nous que le Soleil ? Les télécommandes envoyées depuis la Terre mettent environ 7 heures à y arriver, et de même pour le retour des données.


Autres actualités

En début de mois, l’agence spatiale des Emirats Arabes Unis a annoncé sa mission d’exploration qui doit décoller en 2028, avec un survol de Vénus à mi-2028, l’observation de 7 objets de la ceinture d’astéroïdes et la tentative d’atterrir sur l’un d’eux. A suivre !

Illustration de ce à quoi pourrait ressembler la mission des EAU vers Vénus

Fin octobre, lors d’une conférence, l’agence spatiale chinoise, la CNSA, a annoncé qu’elle fera un retour d’échantillons de Mars en 2028, un atterrissage d’équipage sur la Lune en 2030, un retour d’échantillons d’astéroïde et l’exploration du système jovien d’ici 2030. Cela va être passionnant !

Projet de mission de retour d’échantillons martiens par la CNSA

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.