Oumuamua, finalement une comète ?

A l’automne dernier, un objet très particulier était découvert par le télescope Pan-Starrs à Hawaï. A l’origine classé comme comète, suite aux observations de l’ESO, European Southern Observatoryl’objet avait été reclassé en astéroïde car aucun signe d’activité cométaire n’avait été perçu. [(re)lire Oumuamua, l’astéroïde qui vient d’ailleurs]

Cet objet interstellaire nommé initialement C/2017 U1 (C pour comète) puis A/2017 U1 (A pour astéroîde) par l’Union astronomique internationale, avait été rebaptisé Oumuamua.

Vue d’artiste de l’objet interstellaire Oumuamua. Les observations depuis sa découverte en 2017 montrent que l’objet s’écarte légèrement de la trajectoire qu’il suivrait s’il était uniquement influencé par la gravité du Soleil et des planètes. Auparavant ‘Oumuamua était classé comme un astéroïde, mais son dégazage supposé est plus typique des comètes. (credit ESA/Hubble, NASA, ESO, M. Kornmesser)

Oumuamua s’éloigne du Soleil plus rapidement que prévu.

L’objet atypique, qui ne provient pas de l’intérieur du Système Solaire, comme tous les autres astéroïdes ou comètes observés jusqu’alors, est donc très observé depuis les plus grands télescopes du monde. Une équipe internationale d’astronomes a découvert que l’objet se déplaçait plus rapidement que prévu. 

L’explication la plus plausible repose sur le dégazage d’Oumuamua, soit la perte de matière en surface sous l’effet du chauffage solaire. Cette matière éjectée exercerait une poussée de faible mais constante intensité, se traduisant par une vitesse d’échappement vers l’extérieur du Système Solaire plus rapide que prévu. Au 1er juin 2018, Oumuamua se déplaçait à quelques 114 000 kilomètres par heure. Du coup, Oumuamua est assez rapide pour échapper à l’attraction gravitationnelle du Soleil et finira par s’échapper de notre Système Solaire.

Le voyage d’Oumuamua à travers notre système solaire (credit ESA)

Du coup, Oumuamua serait une petite comète.

Toutefois, les astronomes n’ont toujours pas détecté de matériaux ou de signatures chimiques poussiéreuses qui caractériseraient typiquement une comète, ni même une queue ou coma, éléments typiques d’une comèteIls sont arrivés à la conclusion que Oumuamua n’a dû libérer qu’une très petite quantité de poussière, ou peut-être un peu plus de gaz pur, sans beaucoup de poussière, pour expliquer ce manque de détection.

L’équipe suppose que les petits grains de poussière ornant la surface de la vaste majorité des comètes avaient sans doute subi un processus d’érosion durant le voyage interstellaire d’Oumuamua. De sorte que seuls les grains les plus gros subsisteraient à l’heure actuelle. La brillance d’un tel nuage de particules ne suffirait pas à le détecter mais fournirait une explication plausible de la brusque variation de vitesse d’Oumuamua.

Animation montrant le dégazage et la rotation d‘Oumuamua :

Son origine toujours inconnue

“La véritable nature de cet énigmatique objet interstellaire pourrait demeurer mystérieuse” conclut Olivier Hainaut, astronome à l’ESO et membre de l’équipe”. “La récente détection de l’augmentation de vitesse d’`Oumuamua complexifie la détermination de la trajectoire empruntée depuis son étoile hôte.”

Sources principales de l’article : 

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