Mission Lucy : le panneau solaire presque entièrement déployé

La mission Lucy de la NASA qui a décollé le 16 octobre 2021 a rencontré un souci de déploiement d’un de ses 2 panneaux solaires juste après le décollage. La sonde est toutefois en route vers sa cible : les astéroïdes troyens. Mais avec une puissance électrique non nominale (entre 75 % et 95 %) , la NASA a effectué plusieurs opérations afin de régler le désagrément.

Lorsqu’ils sont entièrement déployés, les panneaux solaires de Lucy mesurent 7,3 mètres de diamètre, mais seulement 10 cm d’épaisseur.

Test de déploiement des panneaux solaires massifs de la sonde Lucy en janvier 2021 à l’intérieur de la chambre à vide thermique de Lockheed Martin Space à Denver, Colorado (crédit : Lockheed Martin)

L’un des deux panneaux solaires, le n°2, ne s’est pas verrouillé et il n’est ouvert qu’à environ 345° sur les 360 degrés prévus. Cette opération est nominalement effectuée juste après la séparation lanceur afin d’obtenir un maximum d’énergie pour la sonde et ainsi recharger ses batteries. Malgré cette anomalie, la sonde effectue comme prévu son long voyage vers l’orbite de Jupiter, avec notamment 2 corrections de trajectoire réalisées le 7 et le 21 juin.

Illustration du déploiement des panneaux solaires et du premier allumage moteur pour rentrer en phase de croisière (crédit NASA’s Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab)

Après plusieurs semaines d’investigations et de recherche de la cause de l’anomalie, l’équipe de la mission de la NASA a élaboré un plan en plusieurs étapes pour tenter de déployer davantage le panneau solaire. Pour cela ils ont notamment effectué des tests sur un modèle d’essai au sol.
Le moteur de déploiement a été actionné à plusieurs reprises aux mois de mai et de juin pendant une série d’intervalles courts pour éviter la surchauffe. Ce moteur déroule une longe attachée aux deux extrémités du panneau solaire plié. L’équipe estimait au début des tests qu’entre 50 cm et 1 mètre de cette longe (sur environ 736 cm au total) restent à rétracter pour que le panneau ouvert soit verrouillé et sous tension.

Le 28 juin, la NASA a annoncé que le panneau solaire était davantage déployé, entre 353 degrés et 357°. De plus, il est sous une plus grande tension, le rendant plus stable. L’équipe de mission est de plus en plus convaincue que le panneau solaire répondra avec succès aux besoins de la mission dans son état actuel.

Il n’y aura pas d’autres tentatives de déploiement plus complet car Lucy entre dans une période prévue de communications limitées. En raison des contraintes thermiques causées par les positions relatives de la Terre et du Soleil, la sonde ne pourra pas communiquer avec la Terre via son antenne à gain élevé pendant plusieurs mois. Tout au long de cette période, elle restera en contact avec l’équipe au sol via son antenne à faible gain. La sonde sortira de cette absence de communication partielle après sa manœuvre d’assistance gravitationnelle terrestre le 16 octobre. À ce moment-là, l’équipe de mission aura plus d’occasions de tenter de nouveaux efforts de déploiement si cela est jugé nécessaire.

Illustration de la trajectoire de la sonde Lucy de la NASA (crédit NASA’s Scientific Visualization Studio)

La prochaine grande étape de la mission Lucy est donc la première assistance gravitationnelle terrestre prévue le 16 octobre 2022 (à 2 secondes sur la vidéo ci-dessus). PLus de détails à venir sur le blog !

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