Lisa Pathfinder vu de l’intérieur n°5 : le décompte final

Ce cinquième article sur les préparatifs du satellite européen Lisa Pathfinder, est une traduction d’une série de publications sur le blog LISA’s voyage into Space rédigées par Victoria Lonnon, ingénieure Assurance Qualité Satellite chez Airbus Defence and Space, l’une de mes collègues.

Les articles précédents dans le dossier spécial Lisa Pathfinder

Le décompte final … Partie 1 : J-11

Après environ 6 semaines à Kourou, nous sommes entrés dans la phase dite des opérations combinées qui se déroule quand le satellite est enfin prêt pour le lancement.

A 11 jours du lancement, nous couplons le satellite entièrement rempli avec l’adaptateur de charge utile de la fusée Vega. Il s’agit de l’adaptateur grâce auquel nous allons alimenter le satellite pendant les prochains jours pour les vérifications et pendant le lancement.

Vous vous souvenez peut être de l’article publié plus tôt « test d’intégration avec le véhicule de lancement«  … c’était la vérification que l’interface était bonne avec cet adaptateur. Maintenant, nous allons intégrer les deux pour le vol.

Une étape de plus dans le compte à rebours pour le lancement de Lisa Pathfinder.

Le décompte final … Partie 2 :  J-10, 16 Novembre 2015

Après un réveil un peu brutal à 2h45 ce matin, 3 collègues et moi-même avons fait route pour le bâtiment des opérations pour commencer très tôt à 4h00 pour terminer le retrait des éléments non vol du satellite et réaliser ce qui devrait être, la dernière inspection.

Aujourd’hui J-10 avant le lancement, jour d’encapsulation.

Les éléments « Red Tag » sont des protections pour les différents équipements sensibles montés sur le satellite. Nous les laissons aussi longtemps que possible et nous ne les enlevons seulement que pour des tests spécifiques ou (comme maintenant) pour le vol. Ils couvrent des éléments tels que les propulseurs, les protégeant pour la propreté et également contre les dommages accidentels au cours d’autres activités (telles que les manutentions). En outre, nous avons aussi retiré avant le vol les protections de nos équipements optiques, tels que les senseurs solaires et les traqueurs d’étoiles.

Pour la dernière inspection, ce sera la dernière occasion pour moi-même et mon collègue de remarquer toute anomalie et de les faire rectifier.

Après l’inspection, nous effectuons une vérification complète de tous les différents éléments retirés avant le vol et installés pour le vol. Nous devons être absolument sûrs que chaque élément qui aurait dû être retiré l’a été et que chaque élément qui doit être installé pour le vol l’a été. Tous les éléments sont stockés en sécurité jusqu’à ce que le satellite soit avec succès en service en vol.

Après avoir confirmé que tout était terminé, nous sommes prêts à encapsuler le satellite sous la coiffe de la fusée. C’est la dernière fois que les yeux humains vont voir le satellite, « Going, Going, Gone !  » Maintenant encapsulé, la coiffe va agir comme une chambre propre portable jusqu’à ce qu’elle soit larguée environ 4 minutes après le décollage.

Le décompte final … Partie 3 : J-9 et J-8

En tant qu’ingénieure Qualité, il y a de nombreux aspects passionnants et intéressants de la campagne dans lesquels je suis impliquée. Maintenant que le satellite est encapsulé dans la coiffe, vous pourriez peut être penser que mon travail ici est terminé… pas si vite !

Je dois aussi être le témoin pour les mouvements du satellite maintenant entièrement encapsulé (comme je l’ai surnommé, l’œuf, ou plus formellement connu sous le nom PAC [Payload Autonomous Container (conteneur autonome de la charge utile), sauf erreur].

Cela implique d’accompagner le convoi qui déplace la coiffe avec le satellite à l’intérieur depuis la salle blanche au pas de tir Vega où elle sera hissée au sommet de la fusée Vega.

Lisa Pathfinder dans sa coiffe est transporté jusqu'au pas de tir par la route (Credit ESA–Manuel Pedoussaut)

Lisa Pathfinder dans sa coiffe est transporté jusqu’au pas de tir par la route (Credit ESA–Manuel Pedoussaut)

Que de choses passionnantes ! Le voyage fait 10 km par la route et a pris environ 2 heures et demi, oui LENT ! Il doit être très lent afin d’assurer que la coiffe arrive en toute sécurité. Comme cette opération est dangereuse, tout le monde impliqué doit porter la salopette orange vif de sécurité qui est à la fois une protection chimique et ignifuge pour nous protéger en cas d’accident. Il est également nécessaire de porter un masque à gaz avec nous tout le temps.

Vicki Lonnon lors du transfert de la coiffe sur le pas de tir : "Pas sûre que le orange soit vraiment ma couleur !"

Vicki Lonnon lors du transfert de la coiffe sur le pas de tir : « Pas sûre que le orange soit vraiment ma couleur ! »

Une fois au pas de tir, il est temps d’enfiler des casques de sécurité et des chaussures de sécurité pour la manutention de la coiffe depuis le camion, à la plate-forme à 39,4 mètres de haut dans la tour de lancement Vega.

Transfert de la coiffe et de Lisa Pathfinder au sommet de la tour de lancement Vega - VV06 (Credit ESA–Manuel Pedoussaut)

Transfert de la coiffe et de Lisa Pathfinder au sommet de la tour de lancement Vega – VV06 (Credit ESA–Manuel Pedoussaut)

Transfert de la coiffe et de Lisa Pathfinder au sommet de la tour de lancement Vega - VV06 (Credit ESA–Manuel Pedoussaut)

Transfert de la coiffe et de Lisa Pathfinder au sommet de la tour de lancement Vega – VV06 (Credit ESA–Manuel Pedoussaut)

Pour compléter :

Une interview de Vicki Lonnon au sujet de son travail : « From Shropshire to deep space: Vicki’s career really is rocket science« 

Un résumé en vidéo de la campagne de lancement VV06 par Arianespace

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