Jupiter en infrarouges par le télescope James Webb

Avec des tempêtes géantes, des vents puissants, des aurores et des conditions de température et de pression extrêmes, Jupiter est un beau sujet d’études même pour le plus puissant des télescopes.

Le télescope spatial James Webb avait déjà observé Jupiter dans le cadre des tests préliminaires à sa mise en service scientifique [James Webb : De nouvelles images de la machine à remonter le temps].

Ce 22 août, la NASA et l’ESA publient une nouvelle image en proche infrarouge de Jupiter par l’instrument NIRCAM : un composite de trois longueurs d’ondes à 3.6, 2.12 et 1.5 microns.

Jupiter par NIRCAM du JWST (Crédit : NASA, ESA, Jupiter ERS Team; traitement d’image par Judy Schmidt)

NIRCam est la caméra proche infrarouge du James Webb Space Telescope (JWST) qui possède trois filtres infrarouges spécialisés. Elle permet ainsi d’observer certains détails de la planète géante : les émissions aurorales au-dessus des pôles, les brumes de hautes altitudes et la réflexion des nuages plus profonds.

La lumière infrarouge étant invisible à l’œil humain, la lumière a été cartographiée sur le spectre visible. Généralement, les longueurs d’onde les plus longues semblent plus rouges et les longueurs d’onde les plus courtes sont représentées comme plus bleues. Les scientifiques de la mission ont collaboré avec Judy Schmidt, une « citoyenne scientifique », qui fait du traitement d’images astronomiques en loisirs, pour traduire les données de NIRCam en images.

La bande équatoriale et la Grande Tache Rouge apparaissent blanches alors que les zones de faible couverture nuageuse sont plus sombres. Cela suggère que la grande tache et la bande équatoriales reflétant davantage le Soleil, soient à une altitude élevée.

Les aurores brillent dans un filtre représenté en couleurs plus rouges, qui met également en évidence la lumière réfléchie par les nuages inférieurs et les brumes supérieures. Un filtre différent, cartographié en jaunes et verts, montre des nuages tourbillonnant autour des pôles nord et sud. Un troisième filtre, représenté au bleu, présente la lumière qui se reflète dans un nuage principal plus profond.

L’image grand champ, composite à deux longueurs d’ondes, révèle également les anneaux ténus autour de la planète et les lunes Amalthea et Adrastea (diamètres ~200km et ~20km). « Io’s footprints » correspond à l’empreinte aurorale de Io : les composés soufrés de l’atmosphère de Io sont entraînés à la « surface » de Jupiter.

Image composite de l’instrument NIRCam du Webb (deux filtres F212N (orange) et F335M (cyan)) acquise le 27 juillet 2022.
Les lignes brillantes au pôle sud et à gauche de l’image sont des artéfacts de diffraction.
(Crédit : NASA, ESA, Jupiter ERS Team; traitement d’image par Ricardo Hueso (UPV / EHU) et Judy Schmidt)

D’autres observations sont attendues d’ici la fin de l’année pour étudier la dynamique et la chimie de l’atmosphère de Jupiter selon le LESIA, le Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique Physique solaire, Planétologie, Physique stellaire, Plasma, Haute Résolution Angulaire, à Paris Meudon, qui participe à ses observations de Jupiter par le JWST.

Image de couverture : Image composite Webb NIRCam à partir de deux filtres du système Jupiter sans étiquettes. Crédit: NASA, ESA, CSA, Jupiter ERS Team; traitement d’image par Ricardo Hueso (UPV / EHU) et Judy Schmidt.

Sources NASA, ESA et LESIA.

2 réflexions sur “Jupiter en infrarouges par le télescope James Webb

  • 23 août 2022 à 11 h 59 min
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    Fantastique. Merci de vos articles … Et vivement ArtémisI.

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  • 23 août 2022 à 23 h 07 min
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    Merci pour cet article qui me fait découvrir Jupiter sous un nouveau jour! Elle est tout simplement magnifique ! Ça me fait rêver!

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