ExoMars 2016 prêt au lancement

Le lancement du satellite ExoMars 2016 est prévu ce 14 mars 2016 à 9h31 UTC (10h31 heure de Paris) depuis le Cosmodrome de Baïkonour, mais auparavant, il a fallu des mois d’assemblage, de tests et de préparation.

Des mois de développement, d’assemblage et de tests avant le décollage

La mission ExoMars 2016 est constituée de 2 sous-systèmes : le satellite TGO (Trace Gaz Orbiter) et l’atterrisseur EDM Schiaparelli [lire ExoMars : LA prochaine mission russo-européenne vers Mars].

La phase d’assemblage d’Exomars 2016 a commencé début 2013 avec un impératif calendaire obligatoire : lancer en 2016 pour profiter de la configuration favorable entre la Terre et Mars qui réduit le temps de voyage dans l’espace ; la fenêtre de lancement étant courte : du 14 mars au 25 mars.

Deux ans seulement pour une mission ambitieuse comme celle-ci, c’est court !

Sous la maîtrise d’oeuvre de Thales Alenia Space, les différents contributeurs à la fabrication du satellite et de l’atterrisseur ont dû faire face à des difficultés techniques (problème de détecteurs dans un des instruments par exemple, et retards de livraison des instruments) et des challenges technologiques (techniques de freinage de l’atterrisseur et du satellite par exemples).

Mais finalement, Exomars 2016 était prêt à partir en campagne de tir à fin décembre 2015.

Une campagne de tir à Baïkonour de 3 mois

En raison de la taille d’ExoMars 2016 (3,5m x 2m x 2m), ExoMars 2016 a été envoyé en 2 parties sur la base de lancement de Baïkonour. Il a fallu pas moins de 3 Antonov, les avions les plus gros au monde, pour emmener le satellite, l’atterrisseur et les moyens sol nécessaires à la campagne de lancement.

La campagne de tir a débuté officiellement le 19 décembre 2015. Après des vérifications sur le TGO et l’EDM séparément, le couplage des 2 parties a eu lieu le 12 février. Puis le remplissage en carburant du GTO s’est déroulé le 21 février. Ce sont 2,5 tonnes de carburants qui sont désormais dans les réservoirs du satellite. Puis est venu le moment du couplage avec l’étage supérieur BrizM du lanceur le 29 février. La mise en place de la coiffe lanceur, qui protégera ExoMars lors de la traversée des couches basses de l’atmosphère lors du lancement, a été posée le 2 mars.

Plus de photos du remplissage, de l’assemblage sur le lanceur, et de la mise sous coiffe sur le site de l’ESA (cliquez sur les liens)

Le lancement d’ExoMars 2016 à venir

Le lancement d’ExoMars 2016 est prévu ce 14 mars à 9h31 UTC (10h31 heure de Paris) à bord d’une fusée russe Proton.

Depuis plusieurs semaines, le lanceur a lui aussi été préparé pour sa mission par les équipes de Roscosmos. Le 11 mars, la fusée Proton était roulée sur son pas de tir et érigée en position verticale.
En vidéo

Au cours de la phase initiale du vol propulsé, les trois étages de la fusée Proton vont suivre une trajectoire de vol classique correspondant à une orbite avec une inclinaison 51,55 degrés vers l’équateur. La séparation du premier étage propulsé par six moteurs s’effectuera environ après deux minutes de vol, suivi de celle du deuxième étape, cinq minutes et demie après le lancement. La coiffe de protection du satellite sera divisée en deux parties et sera larguée cinq minutes 45 secondes dans le vol, pendant le fonctionnement du troisième étage.

Profil de vol du lanceur Proton pour la mission ExoMars 2016 (Credit Russianspaceweb)

Profil de vol du lanceur Proton pour la mission ExoMars 2016 (Credit Russianspaceweb)

Neuf minutes 42 secondes après le lancement, l’étage supérieur Briz-M avec l’ensemble TGO / EDM Schiaparelli se séparera du troisième étage sur une trajectoire balistique suborbitale. Une minute 34 secondes après la séparation, le moteur Briz-M sera allumer une première fois pour les insérer dans une orbite de stationnement initiale. Puis pendant plus d’une heure, il volera moteur éteint, avant de redémarrer son moteur. une deuxième fois. La manœuvre va mettre l’engin spatial dans une orbite elliptique (ovoïde) intermédiaire. Le vaisseau spatial passera à l’apogée (point le plus haut) autour de trois heures après le lancement et gagnera en accélération. Environ après quatre heures de vol, le Briz-M sera allumé une troisième fois. Cette fois, la manœuvre enverra ExoMars 2016 sur une orbite de transfert.

10 heures après le lancement, la séparation lanceur

Enfin, plus de 10 heures après avoir quitté Baïkonour, le Briz-M effectuera sa quatrième et dernière mise à feu de moteur pour mettre ExoMars 2016 hors du champ gravitationnel de la Terre et entrer dans une trajectoire vers Mars. Moins de 14 minutes plus tard, vers 20h12 UTC, ExoMars 2016 se séparera de l’étage supérieur Briz-M à plus de 5000 kilomètres de la Terre. L’étage supérieur presque vide effectuera alors deux petites manœuvres de freinage pour s’assurer que son orbite ne croisera jamais celle de ses anciens passagers.

Puis, ExoMars devrait atteindre une orientation stable par rapport au Soleil et commencera le déploiement de ses deux panneaux solaires. Le déploiement de l’antenne à gain élevé est prévu dans les 24 premières heures après le lancement, mais son utilisation ne devrait pas commencer avant deux semaines après le lancement.

Si tout fonctionne parfaitement, un voyage de 7 mois commencera alors pour ExoMars 2016 vers Mars

N’oublions pas en effet que les lancements ne sont pas sans risque et non sans échec. Proton est par exemple un lanceur qui a eu des échecs multiples ces dernières années [lire par exemple Nouvel échec russe : défaut sur le lanceur Proton et le satellite MEXSAT-1 perdu]. Les missions russes vers Mars ont également connu leurs lots d’échec comme les missions Phobos Grunt en 2011 (problème propulsion de la sonde, et Mars-96 en 1996 (problème lanceur Proton) qui n’ont jamais quitté l’orbite terrestre. Souhaitons bonne chance à ExoMars 2016 !

Pour suivre le lancement en direct :

A suivre dans un prochain article (post lancement), ce qui attend ExoMars 2016 jusqu’en octobre et l’atterrissage espéré de l’EDM Schiaparelli.

Source principale dela chrnologuie lancement sur russianspaceweb

3 réflexions sur “ExoMars 2016 prêt au lancement

  1. Pingback: ExoMars : LA prochaine mission russo-européenne vers Mars | Rêves d'Espace

  2. Au sujet des Antonov : il s’agissait d’An-124 “Ruslan” (“Condor” pour l’OTAN) alors que l’avion le plus gros au monde est, à mon avis, l’An-225 “Mriya” (“Rêve”) (“Cossack” pour l’OTAN) qui servit notamment à transporter la navette spatiale soviétique “Buran” OK-1.01 le 13 mai 1989 puis qui l’emmena au Salon du Bourget en juin 89 (du 9 au 18 juin) mais je ne sais pas s’il est encore en service suite à l’arrêt du programme spatial “Buran” en 1993.
    L’An-225 fut construit en un seul exemplaire (la construction du 2e fut annulée). Il effectua son premier vol le 21 décembre 1988, soit un peu plus d”un mois après la seule mission – automatique – de “Buran” qui eut lieu, comme chacun sait, le 15 novembre 1988, soit 11 jours avant le lancement de la mission Soyuz TM-7 / Mir.
    A noter au passage qu’Antonov est une société ukrainienne (siège social à Kiev) – bien que fondée à l’origine, en 1946, à Novosibirsk – et que, par conséquent, elle entretient désormais, depuis quelques années, des relations assez difficiles avec la Russie…

    Moralité : un coup de barre ? Mars et ça repart !…
    A noter qu’il est question de reporter ExoMars 2018 à 2020 (source : Air & Cosmos). Wait and see…

  3. Pingback: ExoMars en route pour la planète rouge ! | Rêves d'Espace

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