Corona, un programme spatial secret

Cet article fait suite à un « thread » [fil] Twitter publié ce 22 mars suite à un commentaire de Michel C. fidèle lecteur du blog, sur la triste actualité de ce mois de mars.

Corona : des satellites espions américains

Corona est le premier programme de satellites de reconnaissance optique américain, un programme secret à l’époque.

En pleine guerre froide, le programme visait à acquérir des renseignements essentiellement au-dessus du territoire soviétique.

Les satellites avaient été conçus pour évaluer la rapidité avec laquelle l’Union Soviétique produisait des bombardiers à longue portée et des missiles balistiques, et où ils étaient déployés.

Corona a été un programme satellites espions qui a entraîné 130 lancements à partir de janvier 1959 depuis la base de Vandenberg en Californie. Il utilisait le lanceur Thor couplé à l’étage supérieur Agena.

Un système de capsules

Les satellites ont utilisé des cartouches de film qui étaient renvoyées sur Terre dans des capsules.

Ces capsules étaient conçues pour être récupérées par un avion spécialement équipé pendant la descente en parachute, mais avaient également été conçues pour flotter afin de permettre leur récupération en mer.

Tous les films étaient en noir et blanc, à l’exception de quelques petits échantillons de films infrarouges et couleur portés sur certaines missions à titre expérimental.

Après une série d’échecs, le programme a connu son premier succès en août 1960 lorsqu’une cartouche de film retombée dans l’atmosphère a été récupérée avec succès, livrant une mine de photos de renseignement prises sur le territoire soviétique. 

Le programme Corona a continué d’acquérir des renseignements lors de la guerre froide jusqu’à la fin de la mission en 1972.

 

Discoverer, nom officiel du programme

Les premiers lancements du programme Corona ont été annoncés par l’US Air Force en tant que satellites de la série Discoverer, alors décrit comme un « effort de développement de technologies satellitaires ».

Après Discoverer 38, le programme Discoverer a été interrompu et un voile de secret a été placé sur toutes les missions de surveillance photographique et les missions de test associées.

La désignation KH- (KeyHole) est utilisée pour désigner tous les satellites photographiques de reconnaissance.

Le numéro suivant la désignation KH indique le type de système de caméra utilisé sur le satellite. Ce système de désignation est entré en service en 1962 avec le 4e système de caméras, ses prédécesseurs étant rétroactivement identifiés comme KH-1, KH-2 et KH-3.

Image du pas de tir de la base iranienne prise par un satellite KH-11 dévoilée par D. Trump en août 2019

Cependant, le programme Discoverer ne consistait pas uniquement en missions de surveillance et comprenait des vols d’essai sans imagerie pour vérifier les technologies et résoudre les problèmes techniques récurrents de la série Corona, ainsi que 2 vols pour tester les capteurs du système de satellite d’alerte précoce MIDAS.

Le programme Corona a permis notamment, de développer les systèmes pour stabiliser un satellite dans trois directions, des caméras qui supportaient le vide spatial et notamment ses températures extrêmes.

Lentille de caméra sur les satellites Corona entre 1962 et 1972 (wikipedia – National Air and Space Museum’s Steven F. Udvar-Hazy Center in Chantilly, Virginia, USA.)

 

Le programme Corona a été déclassifié à la demande de la CIA en février 1995. Plus de 800 000 images satellites acquises entre 1960 et 1972 ont ainsi été rendues publiques.

Le Pentagone

La couverture photographique mondiale des satellites a également été utilisée pour produire des cartes pour le ministère de la Défense américain et d’autres programmes de cartographie du gouvernement américain.

Toutes les photos sont issues du site de la NRO, sauf indication contraire.

Plus d’informations sur

A voir également :

Photos du thread via @NRO

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1 Comment

  1. NB : 130, 136 ou 144 lancements selon les sources… Dans Wikipedia, il est question de 144 satellites dans le texte mais de 136 dans le tableau afférent.

    En tout cas, une bonne nouvelle, c’est que la pollution atmosphérique qui avait pratiquement disparu en Chine pendant une semaine s’est mise à grimper ces jours-ci pour atteindre des niveaux comparables à ceux observés avant le confinement ; c’est signe que ça va mieux !

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