Campagne de Tir de Gaia : la sécurité avant tout

En campagne de tir, sur les bases de lancement, la sécurité des personnes est primordiale, car finalement on se retrouve dans des zones à risque et surtout dans un environnement que les équipes d’intégration satellite n’ont pas l’habitude de connaitre.

Lorsqu’on arrive au Centre Spatial Guyanais, le CSG, à Kourou, nous avons dans les 24 heures une première formation sécurité ou « sauvegarde ». On vous explique alors les différentes zones de la base et leurs principales caractéristiques à risque.

Plan_Centre_Spatial_Guyanais-fr

source Wikipedia

Les zones de stockage des carburants des lanceurs et des satellites sont évidement les zones les plus dangereuses, en raison des risques d’explosion et de feux, mais en général, les équipes d’intégration satellite n’y ont pas accès.

Le bâtiment de préparation des satellites « S5 » (point 5 sur le plan), est une zone à risque. En effet, c’est là qu’on remplit les satellites de leur carburant. Ces carburants sont toxiques, cancérigènes, inflammables et à grand risque explosif. Même si cette activité de remplissage est réalisée par des équipes spécifiques (ASTRIUM Stevenage pour GAIA), l’équipe GAIA Satellite est amenée à travailler dans ce bâtiment pour finir la préparation du satellite et l’installer sur l’interface lanceur, une fois le satellite plein.

Du coup, nous sommes informés et entraînés sur les risques d’explosion, de feu, d’anoxie (manque d’oxygène) en cas de fuites des réservoirs.

risque d'explosion

risque d’explosion

risque d'anoxie

risque d’anoxie

On nous présente les différents systèmes de sécurité (détecteurs, zone de repli, alarmes). Lors des activités, nous serons amené à toujours nous déplacer avec un masque à gaz à portée de main.

mes collègues lors de l'entrainement des masques à gaz (source GAIA blog)

mes collègues lors de l’entrainement des masques à gaz (source ESA Gaia blog)

Pour l’installation du satellite GAIA sur le dernier étage Frégat, nous serons au batiment S3 (entre le point E et le point D sur le plan). Le satellite sera plein de carburant, mais également le dernier étage du lanceur. Donc toute chute d’objet par exemple peut entraîner un dommage au matériel vol, mais aussi et surtout un début de fuite dangereux pour le personnel à proximité. Sur l’échafaudage KMTO, le risque de chute n’est pas nul, c’est pourquoi nous y avons fait une reconnaissance bien avant le début des activités.

l'échafaudage KMTO à partir duquel nous aurons accès au satellite une fois installé sur le Fregat

l’échafaudage KMTO à partir duquel nous aurons accès au satellite une fois installé sur le Fregat

En zone de lancement Soyouz, ou ZLS, une partie de l’équipe est amené à y faire quelques activités, jusqu’à quelques heures avant le lancement. Là aussi, les risques d’explosion surtout, sont les plus grands.

La formation sauvegarde nous fait découvrir les lieux, les systèmes de détection et d’alarme. La zone de repli dans le bunker près du pas de tir en cas de problème.

le bunker à 10m sous le sol

le bunker à 10m sous le sol

la salle de repli où on peut rester en autonomie d'air 45 minutes

la salle de repli où on peut rester en autonomie d’air 45 minutes

pour passer en autonomie d’air

Nous faisons aussi le test d’évacuation d’urgence par la « chaussette »

ça c'est moi avant le plongeon dans "la chaussette" !

ça c’est moi avant le plongeon dans « la chaussette » !

Formation sauvegarde effectuée le 18 octobre en ZLS

Pour compléter : un numéro du journal du CSG dédié à la Sécurité et à la Sureté (ne pas confondre).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *